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Calais : un an après la fermeture de la « jungle »

Un an après le déménagement de près de six mille personnes de la « jungle », les migrants sont de retour à Calais, et vivent dans les pires conditions qui soient; à savoir sans abri et dans la crainte permanente de la police.

Les petits campements qui existaient dans l’arrière-pays ont été démantelés ; le dernier en date, celui de Norrent-Fontes, a été rasé en septembre.

La politique de Macron marque un durcissement par rapport à celle de Hollande. Elle vise à empêcher toute présence de migrants à Calais. Il aura fallu l’action des associations, et un jugement du tribunal de Lille, pour imposer l’installation de quelques douches par l’État, devant le refus de la municipalité d’obtempérer. C’est que la droite calaisienne voit dans l’action des associations une incitation à venir à Calais. C’est la vieille lune de l’appel d’air ! Et pourtant, de toute évidence, c’est « l’appel du large », celui de la Grande-Bretagne, qui continue à faire transiter les réfugiés par la côte d’Opale.

Cette politique de l’autruche libère dans une partie de la population les idées les plus nauséabondes qui soient. Le Front national y a fait des scores très élevés aux élections du printemps dernier. Les migrants sont de bons boucs émissaires dans cette ville, une des plus pauvres de France.

Et les transporteurs routiers de nouveau excédés par les intrusions dans leurs remorques menacent de bloquer la ville.

La protection du tunnel et du port est justifiée ; elle ne doit pas s’opposer au respect des droits humains élémentaires dus aux réfugiés.

Après le démantèlement de la jungle en octobre 2016, les ministres de l’Intérieur et du Logement avaient mandaté la mission Vignon-Aribaud pour réfléchir à la suite à donner. Dans un rapport intitulé Après le démantèlement du bidonville de Calais, quelles suites possibles, Jérome Vignon et Jean Aribaud préconisaient deux types de mesures :

Un ensemble de propositions pour « réduire autant que possible le flux des arrivées migratoires sur le Calaisis », des mesures concomitantes pour accueillir et orienter « le flux rémanent » à Calais.

Dans ce cadre, la mission préconisait la création, dans le Calaisis, de trois centres d’accueil pouvant accueillir et orienter dans leur projet migratoire cent cinquante à deux cents personnes. Et pour une courte durée : quinze jours pour les hommes adultes, et jusqu’à deux mois pour les femmes et les mineurs non accompagnés. Des propositions qui rencontraient, peu ou prou, celles des associations et des communistes.

Force est de constater que le nouveau gouvernement n’a retenu que le premier volet des préconisations. Qu’en est-il des promesses du candidat Macron qui affirmait vouloir « mettre les accords du Touquet sur la table, en particulier pour les mineurs », pointant ainsi du doigt un élément majeur pour comprendre la situation calaisienne ?

On peut en douter. Les associations qui oeuvrent aux côtés des migrants craignent une criminalisation de leur activité, et, plus grave, une criminalisation des migrants, comme le réclame Pierre-Henri Dumont, le nouveau député LR de Calais.

Bertrand Péricaud,
membre du secrétariat fédéral PCF du Pas-de-Calais
article paru dans la LRI - Spécial Migrants, octobre 2017

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