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Que la France et l'UE respectent les droits fondamentaux des migrants

Ensemble, le président Emmanuel Macron, son ministre de l’Intérieur, Gérard Collomb, et celui de l’Europe et des Affaires étrangères, Jean-Yves Le Drian, ont révélé le caractère répressif et d’exclusion de la politique migratoire qu’ils entendent mettre en œuvre dans notre pays.

Dans son discours aux Ambassadeurs le 29 août dernier, le président Macron a fait état des « 800 000 réfugiés et déplacés qui attendent aujourd’hui du côté libyen » précisant qu’il y voyait une « menace réelle » – dans la mesure où « ce sont en particulier des ressortissants de nationalité ouest-africaine, qui relèvent peu du droit d’asile en général ». Cette « menace » sera, dit-il, endiguée par la conjonction d’une politique de reconduite ferme aux frontières et de « retour » forcé, de restriction tout aussi ferme de l’entrée sur le territoire ou dans l’espace européen, et d’une « Alliance pour le développement du Sahel » alors que l’aide publique au développement ne saurait dépasser tout au plus 0,55 % du PIB d’ici 2022.

La France sous la conduite d’Emmanuel Macron fait le contraire de ce qu’elle prétend défendre : les droits humains des migrant-e-s et réfugié-e-s ne sont pas respectés, les retours forcés – totalement illégaux – se généralisent, des associations ou militants sont condamnés parce qu’ils apportent secours et réconfort aux migrants et ces derniers, lorsque l’État finit par ouvrir des locaux pour les accueillir, sont laissés dans des conditions matérielles dignes du Moyen-Age.

Non seulement les autorités françaises bafouent les droits fondamentaux et conventions internationales mais alimentent le discours nauséabond et xénophobe de la droite et de l’extrême droite dégradant et déshumanisant les migrant-e-s. La réalité de notre pays est somme toute assez différente ; les mobilisations locales, départementales, les solidarités concrètes, les actions légales se multiplient. Reste à combattre les idées reçues, l’ignorance et la désinformation et à appuyer la démonstration que, même en temps de crise comme celle que nous traversons, l’immigration rapporte plus à la France qu’elle ne lui coûte. Bien que chaque génération de migrants ait fait la démonstration que les immigrés, quel que soit leur niveau de qualification, apportent avec eux savoirs et compétences et, quand ils choisissent ou se trouvent contraints de rester en France, s’attachent à cette terre d’accueil qui voit naître leurs enfants, 70 % de personnes interrogées pensent que l’immigration a un « coût » et 58 % considèrent que « les chômeurs pourraient trouver un travail s’ils le voulaient ».

En liaison avec les luttes encore à développer pour les rendre victorieuses car des vies humaines sont en jeu, une bataille politique et d’idées féroce est en cours. Les mêmes dirigeants patentés qui prétendent qu’austérité, déréglementation et néolibéralisme sortiront le pays de la crise de la dette – qu’ils présentent depuis des lustres comme la seule priorité économique du pays – veulent rendre impossibles toute union, toute convergence et mobilisation de celles et ceux qui n’ont que leur travail pour vivre.

Pour que « les routes de la nécessité [deviennent] les chemins de la liberté » ainsi qu’en appelle benoîtement le président Emmanuel Macron, il faudra autre chose que des sourires enjôleurs et des formules rhétoriques. Le respect du droit et des libertés, le droit à la protection des plus fragiles, le respect des principes de liberté, égalité et fraternité, la solidarité nationale, européenne et internationale et la rupture avec des logiques comptables qui appauvrissent les pouvoirs et services publics sont les leviers d’une politique migratoire digne autant pour les migrants que pour leur pays hôtes. Sans attendre, quoi qu’il en soit, et tout en étant dans les mobilisations solidaires dans chacun de leurs départements, les communistes se font force de proposition pour une politique migratoire nouvelle, pour une France terre d’hospitalité, de solidarité et de liberté.

Lydia Samarbakhsh,
responsable du secteur international du PCF
article paru dans la LRI - Spécial Migrants, octobre 2017

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