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Israël/Palestine : une délégation du PCF à la rencontre des forces progressistes

Fin août 2016, une délégation de cinq communistes s'est rendue en Israël et en Palestine rencontrer les forces progressistes qui luttent quotidiennement pour une paix juste et durable entre les deux pays. Le séjour a également permis d'échanger sur les mobilisations en France à renforcer.

Une délégation du PCF, conduite par Raphaëlle Primet et composée de Ian Brossat, adjoint à la maire de Paris, Soizig Nédélec, adjointe à la maire d'Aubervilliers, Camille Lainé, secrétaire générale du MJCF, et Christiane Le Pennec, fédération du Loiret, s'est rendue en Israël et en Palestine entre le 21 et le 26 août.

Le séjour a permis de renforcer les liens avec nos camarades du Parti du peuple palestinien (PPP) lors d'une réunion avec Bassam Al-Salhi, secrétaire général du PPP et des membres du bureau politique, ainsi qu'avec le Parti communiste israélien (PCI) lors de la rencontre d'Adel Amer, secrétaire général du PCI, et de Dov Khenin, député à la Knesset, également membre du PCI.

Nous avons aussi rencontre Khalida Jarrar, députée du Front populaire de libération de la Palestine (FPLP) et représentante de l'association Addameer qui milite pour la défense des droits des prisonniers palestiniens, et Husam Zomlot, conseiller du président de l'Autorité palestinienne.

La lutte pour les prisonniers politiques

La délégation a été reçue par Fadwa Barghouti et le ministre palestinien des prisonniers politiques ( voir la campagne Libération de Marwan Barghouti et de tous les prisonniers politiques palestiniens). L'accent a été mis sur les conditions de détention des prisonniers politiques (mauvais traitements, incarcération d’enfants, détention administrative). Nous étions d'ailleurs sur place lorsque Bilal Kayed a obtenu victoire avec l'assurance de sa remise en liberté et a pu stopper sa grève de la faim. Il y a actuellement 750 prisonniers en détention administrative, dont des enfants, sur les 7 000 prisonniers politiques dans les geôles israéliennes. La détention administrative est illégale au regard du droit international et doit être une priorité de nos lutttes. Les prisonniers n'ont que la grève de la faim comme moyen de résistance mais ce 11 septembre, la Haute Cour de justice d’Israël a déclaré qu’il n’est pas anticonstitutionnel de nourrir de force des détenus en grève de la faim. Pourtant, l’association médicale israélienne qui avait saisi la Haute Cour de justice considère cette pratique comme de la « torture ».

De leur côté, les progressistes israéliens, juifs et arabes, disent leur inquiétude devant les dérives du gouvernement de Benyamin Netanyahou. Ils mobilisent contre cette politique mortifère qui ne peut que conduire leur pays à sa perte, contre une propagande construite sur la peur qui pervertit la jeunesse. Ils ont un grand besoin de notre soutien.

Rencontres et visites des populations

Plusieurs visites de terrain avec nos camrades du PCI ont fait prendre la mesure des ravages de la politique menée par un gouvernement d'extrême droite dominé par des colons fanatiques et racistes. Dans le Néguev, la délégation s’est rendue à Oum El Hiran, village bédouin menacé de destruction, et à El Araqib, démoli à cent deux reprises par les autorités israéliennes. Il faut rappeler que la minorité bédouine, qui vit sur cette terre depuis des siècles, bien avant la création d’Israël, subit également dans la vallée du Jourdain, dans les territoires occupés (zone C sous contrôle total d'Israël), la violence de la colonisation, la destruction de leurs campements, les humiliations constantes. Dans le Néguev, les Bédouins d’Israël vivent sous le régime d’apartheid ; dans la vallée du Jourdain, les Bédouins palestiniens sous celui de la colonisation.

A Duma, village de Cisjordanie, la délégation a visité la maison de la famille Dawabsheh, décimée l'an dernier par un incendie perpétré par des colons. Les associations, Médecins du monde et Première urgence internationale, présentes sur place, nous ont indiqué que l'an dernier douze mille Palestiniens ont été blessés lors d'attaques de colons.

Poursuivre la mobilisation

Pour combattre ces injustices, ces violences, ce déni constant du droit international, face au silence complice des Etats, l'engagement du PCF pour une paix juste et durable entre Israéliens et Palestiniens ne doit pas faiblir. Nous devons faire pression sur l’Union européenne et sur notre gouvernement pour faire aboutir nos propositions en faveur d’une résolution pacifique du conflit : reconnaissance officielle de la Palestine par la France, dans les frontières de 1967, avec Jérusalem-Est pour capitale, aux côtés d'un Etat d'Israël, droit au retour des réfugiés sur la base de la résolution 194 de l’ONU.

« Boycott, Désinvestissement, Sanctions » : maintenir la pression sur le gouvernement israélien

Une rencontre a également eu lieu à Ramallah avec le Palestinian BDS National Committee (BNC). C’est en 2005 que cent soixante-douze organisations de la société civile palestinienne lançaient un appel aux sociétés civiles du monde entier pour qu’elles s’engagent dans cette campagne de Boycott, Désinvestissement, Sanctions (BDS). Le but était de faire pression sur Israël pour qu’il se conforme au droit international et mette fin à l’occupation de la Palestine. A partir de cet appel général, c’était ensuite aux citoyens et organisations de le décliner en fonction des  conditions concrètes de leur pays. Le PCF s’est engagé dans cette campagne citoyenne et non violente.

A travers le B « Boycott », le PCF cible les produits des colonies, colonies illégales au regard du droit international. Le boycott est un acte individuel qui permet à chacun d’exprimer sa condamnation de la politique du gouvernement d’Israël. Les campagnes menées au nom du D « Desinvestissement » ont permis des victoires comme la rupture du contrat d’Orange avec l’entreprise israélienne Partner implantée dans les colonies. Et surtout, nous ne devons pas oublier le S « Sanctions ». Nous disposons là d’une « arme » pacifique et extrêmement puissante avec la suspension de l’accord d’association entre l’Union européenne et Israël, conformément à l’article 2 qui impose aux deux parties de « respecter les Droits de l’homme ». Ces accords portent sur la collaboration de la France et d’Israël en matière d’armement et de sécurité. Avec le Collectif national pour une paix juste et durable entre Israéliens et Palestiniens (CNPJDPI), le PCF mènera ce combat qui doit s’étendre à l’ensemble de l’Union européenne.

Cette campagne BDS inquiète le gouvernement d’extrême droite de Benyamin Netanyahou qui fait pression sur de nombreux Etats, et trouve malheureusement en France des relais qui confondent existence et sécurité d’Israël avec une politique qui bafoue les valeurs dont la France se réclame. Nous sommes, au nom de la liberté d’expression, aux côtés de ceux qui sont poursuivis, en France, sous le prétexte indigne de lutte contre l’antisémitisme.

Nathalie L'Hopitault
Collectif PCF-Palestine
membre de la commission des relations internationales du PCF

 

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Rassemblement des forces de gauche aux élections municipales

Les élections municipales, prévues le 8 octobre prochain, ont été reportées. Elles ont été évoquées à plusieurs reprises lors des discussions avec les interlocuteurs palestiniens. Elles seront marquées par le rassemblement inédit de l'ensemble des forces de gauche palestiniennes (les communistes du PPP, le Front populaire de libération de la Palestine (FPLP), le Front démocratique pour la libération de la Palestine (FDLP), le Fida et l’initiative nationale de Mustafa Barghouti) qui présenteront des listes d'union. Elles iront unies devant les électeurs avec l'espoir de peser de manière significative au sein des assemblées locales.

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