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Syrie : vaincre Daech, construire la paix

Les discussions autour de la recherche d’une solution politique en Syrie et pour passer à une nouvelle étape dans la lutte contre Daech se sont accélérées ces derniers jours.

C’est d’abord, le 20 novembre, l’adoption par le Conseil de sécurité de l’ONU d’une résolution à l’unanimité pour coordonner l’action de plusieurs pays en vue d’éliminer Daech en Irak et en Syrie, et le 14 novembre, 17 pays adoptaient à Vienne une feuille de route pour aller vers une transition politique. A la suite de quoi François Hollande s’est rendu à Washington et Moscou rencontrer Obama et Poutine pour définir les conditions d’une coalition rassemblant notamment USA et Russie.

Si l’idée de coalition n’a pas reçu l’assentiment du président américain, des coordinations militaires vont se mettre en place. La Russie a, de son côté, annoncé le dépôt d’une résolution auprès du Conseil de sécurité allant dans ce sens d’actions militaires communes.

Pourtant, ce projet de coalition contre Daech, pour laquelle les Russes se sont engagés, est loin de satisfaire tout le monde.

La Turquie notamment, en abattant un bombardier russe, envoie un message négatif et cherche à freiner l’offensive militaire russe et syrienne contre les groupes djihadistes et Daech... Son double jeu continue, l’ennemi principal pour la Turquie restant les Kurdes de Syrie qui, eux, combattent sur le terrain le groupe terroriste.

Parallèlement, les efforts diplomatiques continuent en vue d’une future rencontre avant le 1er janvier entre des représentants du régime syrien et de l’opposition. Cette future rencontre fait partie de la feuille de route suite à la réunion de Vienne du 14 novembre à laquelle participaient 17 pays, tous impliqués dans la guerre en Syrie. Cette rencontre entre régime et opposition est une première étape vers une transition politique, incluant la mise en place d’un gouvernement transitoire, la rédaction d’une Constitution et des élections dans les 18 mois.

Reste en débat le sort de Bachar Al Assad posé par plusieurs pays, dont le départ immédiat n’est plus une condition préalable à tout accord politique.

Cette question, notamment posée par la France, a bloqué le processus de paix, depuis juin 2012, prolongeant ainsi la guerre et a permis à Daech de conquérir une partie du territoire syrien et d’y perpétrer ses crimes contre un peuple déjà meurtri par la guerre.

La leçon va-t-elle être tirée ?

Américains et Anglais déclaraient récemment : «Le calendrier du départ de Bachar Al Assad est négociable». Pour les Français : «Notre ennemi à nous, c’est Daech». Pour les Russes, ce sera au peuple syrien de décider de son sort. Le virage de la politique française est à souligner après les attentats du 13 novembre. Mais les alliances que la France entretient toujours avec la Turquie, l’Arabie saoudite et le Qatar, alliés de plusieurs groupes djihadistes qui combattent en Syrie, et complaisants avec Daech quant à son financement, atténuent la volonté politique française d’en finir avec le groupe Etat islamique une fois pour toutes.

Ce sont pourtant dans ces moments où il faut bien choisir ses amis...

 

Patrick Margaté, Relations internationales du PCF
article paru dans Communistes du 2 décembre 2015
 

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