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Chili une nouvelle majorité pour une nouvelle étape

Michèle Bachelet, la candidate de la coalition Nouvelle majorité formée par le Parti socialiste, le Parti pour la démocratie, la Démocratie chrétienne, les Radicaux, le Parti communiste du Chili, la Gauche citoyenne, a obtenu 62,16% des voix au deuxième tour de la prési- dentielle du 15 décembre.

Malgré une forte abstention (58%), ce score montre une volonté claire de ceux qui se sont mobilisés d’un changement et un rejet massif des politiques de la droite héritière du pinochetisme.

Un million de personnes qui avaient voté au premier tour ne se sont pas reconnues dans les candidatures présentes à ce deuxième tour. Le phénomène n’est pas nouveau et on sait qu’une bonne partie de la jeunesse fait partie des abstentionnistes. Il y a aussi la méfiance après vingt années de gouvernements de la «Concer- tation », alliance entre le PS, la démocratie chrétienne et d’autres partis qui forment aujourd’hui la « Nouvelle majorité ». Ce qui change cette fois-ci, c’est la dyna- mique qui existe en Amérique latine, qui montre qu’on peut gouverner efficacement quand on gouverne à gauche. La participation des communistes à cette coali- tion est le reflet de cette évolution. Le PCC, parti qui a toujours joué un rôle important dans les moments de changement au Chili, a fait le choix de participer à la mise en place d’un programme qui, sans être d’une grande radicalité, peut enfin faire bouger les choses dans le bon sens. Et l’une des lignes de conduite des communistes sera que ce programme soit effective- ment appliqué, comme l’a déclaré son président Guillermo Teillier.

Il s’agit de répondre aux demandes des étudiants qui se sont battus lors d’une lutte exemplaire qui a ras- semblé très largement les travailleurs et les familles pour exiger une éducation publique et gratuite. Michèle Bachelet parle de la possibilité d’atteindre ce but maintenant qu’elle dispose d’une majorité de 67 députés sur 120. Il lui manque deux voix pour attein- dre le quorum nécessaire pour changer la loi de l’en- seignement en vigueur. Changer de modèle éducatif

impliquera un changement de Constitution et une réforme fiscale qui apporte les moyens nécessaires. Ces deux mesures font partie du programme de la NM.

Un autre changement de taille est celui de la Cons- titution rédigée par Pinochet et encore en place. Encore une fois, la majorité simple ne suffit pas pour la changer. Michèle Bachelet a dit à plusieurs reprises sa volonté d’avancer en faisant appel à une assemblée citoyenne qui rédigerait un texte, puis en le soumet- tant soit à un plébiscite soit au vote du parlement.

D’autres changements peuvent être possibles, notam- ment le retour aux conventions collectives dans un pays où la précarité est la règle et surtout, la modifica- tion du système électoral injuste qui jusqu’ici assure la domination du parlement aux deux partis ou coalitions arrivés en tête lors des élections.

Bien sûr il y aura, y compris dans la majorité, certains qui s’accrocheront au « modèle chilien » en place depuis les années 90. C’est le cas de José Miguel Insunza, ancien ministre et actuel secrétaire général de l’OEA, qui semble se contenter des « changements » interve- nus du temps des gouvernements de la « Concertation» qui n’ont jamais renoncé au libéralisme et pour qui il est difficile de parler d’éducation gratuite pour tous.

Michèle Bachelet s’est adressé à tous ceux qui ont exprimé leur méfiance en s’abstenant. « Il ne s’agit pas de croire à nouveau en moi, a-t-elle dit, mais en la démo- cratie, dans le pouvoir du vote, dans la noblesse des gens et la vérité de la parole ». C’est un engagement. On sait que la composition de la nouvelle majorité peut prêter à des tergiversations ou à des débats qui se prolon- gent.

Tenir l’engagement demandera la mobilisation de la société, des syndicats et de ceux qui dans la majorité veulent vraiment changer. Le PCF leur sera toujours solidaire.

Obey Ament

oament@pcf.fr

 

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