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Asie / Pacifique : Toujours plus de libéralisation avec l'APEC (PCF)

L'APEC, sigle anglophone, qui signifie en français : Coopération économique pour l'Asie-Pacifique, constitue un forum économique intergouvernemental visant à faciliter la croissance économique, la coopération, les échanges et l'investissement de la région Asie Pacifique. Créé en 1989, l'APEC compte 21 membres (Australie, Brunei, Canada, Corée du Sud, États-Unis, Indonésie, Japon, Malaisie, Nouvelle-Zélande, Philippines, Singapour, Thaïlande, Chine, Hong-Kong, Taipei chinois, Mexique, Papouasie-Nouvelle Guinée, Chili, Pérou, Russie, Viêt Nam), qui représentent plus du tiers de la population du monde (2,6 milliards de personnes), approximativement 60 % du PIB du monde et environ 47 % du commerce mondial. Il représente également la zone économique la plus dynamique dans le monde, ayant participé à presque 70 % de la croissance économique globale entre 1994 et 2004.

Son dernier sommet s'est déroulé du 5 au 8 octobre 2013 à Bali (Indonésie).

Les discussions menées lors de ce sommet

Lors de ce sommet ont été évoqués de nombreux sujets dont le développement durable, l'écologie, et le développement social. Toutefois, le thème qui a particulièrement été évoqué demeure celui de la crise économique et financière internationale qui fait rage depuis 2008.

En effet, comme l'indique le président indonésien Susilo Bambang Yudhoyono lors de son intervention devant les représentants de l'économie des pays membres, cette crise affecte toujours le monde et ce, dans tous les pays, développés ou émergents. Il précise cependant que, malgré l'impact de la crise, la zone Asie-Pacifique conserve une croissance d'environ 6,5 % pour l'année 2013, selon les dernières prévisions du FMI.

Le président Susilo Bambang Yudhoyono indique alors qu'il est d'autant plus nécessaire de se regrouper au sein de cette association, de promouvoir le commerce à l'intérieur de cette zone et d'améliorer la connectivité entre les peuples pour aller plus loin dans l'intégration.

La crainte de presque tous les participants d’un possible défaut de paiement sur la dette américaine s’est clairement exprimée.  Zhu Guangyao, ministre adjoint chinois aux Finances, a soutenu que «le temps est compté» quant à l'échéance du relèvement du plafond de la dette des États-Unis. Il a directement demandé à Washington de « s'assurer de la sécurité des investissements chinois »...

L'absence remarquée de Barack Obama

Toutefois, le sommet a été marqué par l'absence du Président Obama, qui a dû annuler son voyage en Asie, prévu de longue date, en raison de la fermeture des services publics : « le shutdown » causé par l'absence d'accord sur le budget. Le secrétaire d’État John Kerry a assuré la représentation des États-Unis lors de ce sommet, mais de nombreuses discussions que voulaient mener le président Barack Obama n'ont pas pu se tenir.

Depuis son premier mandat, Barack Obama, montre sa volonté de mettre en place une stratégie diplomatique connue sous le nom de « Pivot » qui lui permettrait de rééquilibrer ses relations dans la zone Asie Pacifique et d'amoindrir les velléités expansionnistes de la Chine dans cette zone. Ce sommet représentait donc pour le président des États-Unis une grande opportunité de mener des discussions diplomatiques avec certains pays partenaires.

En outre, il aurait pu évoquer à nouveau, à cette occasion, l'intérêt du Partenariat transpacifique (TPP pour Trans-Pacific Partnership) qu'il souhaite voir aboutir avant la fin de l'année 2013. Le Partenariat transpacifique, à l'initiative des États-Unis, est un partenariat basé sur un traité, comprenant 39 chapitres, visant à instaurer le libre-échange entre les pays d'Amérique et les pays de l'Asie.

Actuellement, le partenariat regroupe 12 pays : le Japon, l'Australie, le Brunei, le Canada, le Chili, la Malaisie, le Mexique, la Nouvelle-Zélande, le Pérou, Singapour, les États-Unis, et le Vietnam.

La Chine, grande absente du partenariat n'est actuellement pas en mesure de répondre aux critères inscrits dans les 39 chapitres pour des raisons de législation et de préservation de son économie d’État. Pour sa part, la Chine avance un projet concurrent un projet concurrent exclusivement asiatique, réunissant 16 pays.

Dans les coulisses du sommet, John Kerry a tenu une « réunion trilatérale » avec ses homologues australiens et japonais et fait adopter une déclaration qui a suscité cette réaction de Pékin : « L'alliance entre les États-Unis, le Japon et l'Australie ne doit pas être utilisée comme une excuse pour s'ingérer dans les disputes sur la souveraineté territoriale... »

 

La présence de la Chine

La Chine, elle, était bien présente, et a profité de ce sommet pour organiser des réunions bi-, voire trilatérales, avec certains pays voisins afin d'entamer des discussions et négociations commerciales, que ce soit dans le cadre de l'ASEAN1 ou de l'Organisation de coopération de Shanghai (OCS)2. Ces deux organisations intergouvernementales ont toutes deux pour but de favoriser les relations économiques entre les différents États membres, et d'assurer la croissance et la stabilité dans leurs zones de compétences respectives.

La Chine, grande puissance économique de la zone Asie-Pacifique, demeure incontournable dans la zone pour les États voisins désireux de conserver un niveau de croissance économique important pour soutenir leur économie et se développer. Par conséquent, ce sommet, et l'absence du président Obama, auront permis à la Chine de faire une nouvelle démonstration de force, et de marquer ainsi son territoire qu'elle n'entend pas laisser sous la domination des États-Unis comme l'indiquait le président Xi Jinping dans le People Daily.  Dans le même temps, on peut noter la tentative de la Russie de réapparaitre également comme une puissance régionale qui compte. Moscou accentue un cap clairement énoncé, il y a un an, lors du précédent sommet de l’APEC à Vladivostok d’ ouvrir une fenêtre sur l’Asie.

 

Les perspectives suites au sommet

En attendant l'année prochaine, sept objectifs principaux ont été retenus lors de cette édition. Le président indonésien Susilo Bambang Yudhoyono les a résumé dans son discours de clôture.

Ces sept objectifs sont :

1/ redoubler d'efforts pour atteindre les objectifs de Bogor en 2020

2/ accroître le commerce à l'intérieur de la zone APEC et simplifier les formalités

3/ accroître la connectivité entre les peuples

4/ atteindre une croissance forte, durable, équitable et global

5/ établir une coopération afin d'améliorer la sécurité alimentaire, énergétique et de ressources d'eau

6/ assurer la création de synergies dans la zone et

7/ coopérer avec le secteur commercial de l'APEC (ABAC) afin d'accomplir la libéralisation des échanges et des investissements.

Ces objectifs sont ainsi tous liés à des impératifs économiques des pays de la zone et visent principalement à atteindre les objectifs de Bogor en 2020, obtenir une croissance durable et équitable et favoriser la connectivité inter-étatique. Les objectifs en matière sociale et environnementale annoncés en début de sommet n'ont donc pas été considérés comme prioritaires.

Le prochain sommet se tiendra à Pékin, en Chine. Il sera alors possible d'évaluer les avancées sur ces objectifs mais aussi d'évaluer la mise en œuvre de la « stratégie Pivot » des États-Unis dans le cadre du TPP et d'analyser les actions de la Chine à cet égard.

 

1ASEAN : l’Association des nations de l'Asie du Sud-Est est une organisation politique, économique et culturelle regroupant dix pays d'Asie du Sud-Est. L'association a pour but de renforcer la coopération et l'assistance mutuelle entre ses membres, d'offrir un espace pour régler les problèmes régionaux et peser en commun dans les négociations internationales. Les dix pays membres sont : Indonésie, Malaisie, Philippines, Singapour, Thaïlande, Brunei, Viêt Nam, Laos, Birmanie et Cambodge. A ceux-ci sont souvent associés : la Chine, le Japon et la Corée du Sud.

2L'OCS est une organisation intergouvernementale régionale asiatique qui regroupe la Russie, la Chine, le Kazakhstan, le Kirghizistan, le Tadjikistan et l'Ouzbékistan. Elle a été créée à Shanghai les 14 et 15 juin 2001 par les présidents de ces six pays.

 

 

Géraldine Garcia

avec Christiane Marcie et Dominique Bari

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