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Mali: Un drame qui souligne combien la réponse militaire est lourde de dangers

Le Parti communiste français a appris avec tristesse que treize soldats français ont été tués, lundi soir, lors du crash de deux hélicoptères au Mali. Le drame est survenu au cours d'une opération de la force Barkhane contre des groupes armés dans la région du Liptako aux confins du Mali, du Niger et du Burkina Faso. Il s'agit de l'événement le plus meurtrier pour l'armée française depuis son déploiement au Mali en 2013, puis dans l'ensemble de la région en 2014 avec 4 500 hommes. Le PCF s'incline devant la mémoire des disparus et présente ses condoléances aux familles et proches des disparus.

Il y a quelques semaines, dans la même zone, 49 militaires maliens trouvaient la mort dans une attaque attribuée à l'organisation État islamique au Grand Sahara (EIGS). Depuis 2013, date de l'expédition militaire Serval au Mali, 38 militaires français ont trouvé la mort dans la région. Des centaines de militaires maliens ou de la Mission de stabilisation des Nations unies au Mali (Minusma) ainsi que des milliers de civils ont subi le même sort. Au Burkina Faso, la violence armée a fait des centaines de morts, des milliers de blessés et poussé près d'un demi-million de personnes à trouver refuge ailleurs dans le pays. Aujourd'hui, au Burkina, au Mali et au Niger, plus de cinq millions de personnes dépendent entièrement de l'assistance humanitaire. Des centaines de milliers de familles ont tout perdu en fuyant les violences. Cette déstabilisation meurtrière trouve une de ses racines principales dans la guerre menée sous l'impulsion de Nicolas Sarkozy contre la Libye en 2011. Une guerre dont l'objectif était clairement d'éliminer l'obstacle à un retour en force des intérêts occidentaux et singulièrement français dans la zone sahélienne, dont les richesses du sous-sol sont prometteuses. Le prix à payer pour la mainmise sur ces richesses et pour la tentative de reconquête de marchés est lourd et désastreux.

Depuis 2013, le PCF n'a pas cessé d'alerter sur le risque d'enlisement dans le Sahel. Le scénario que l'on pouvait redouter au lendemain de l'intervention militaire française se déroule dangereusement. Comme une évidence, la réponse militaire est un échec. Il ne suffit pas de signer des traités laissant à l'armée française toute latitude pour occuper le terrain, pour sortir la sous-région du guêpier.
Le PCF réaffirme que des solutions sont ailleurs, dans le règlement des conflits locaux, la réponse aux immenses défis sociaux, économiques, environnementaux, pour donner des perspectives aux populations, singulièrement aux jeunes.

Collectif Afrique du PCF

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