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Introduction de Jean-Paul LECOQ au colloque "Le Sahara occidental face aux défis sécuritaires dans la région"

Seul le prononcé fait foi

Introduction de Jean-Paul LECOQ, député PCF de Seine-Maritime, membre de la Commission des Affaires étrangères et président du groupe d’étude sur le Sahara occidental de l’Assemblée nationale, au colloque "Le Sahara occidental face aux défis sécuritaires dans la région" dont il a été à l'initiative.

Mesdames et Messieurs les Ambassadeurs,
Mesdames, Messieurs les parlementaires,
Mesdames et Messieurs les élus,
Mesdames et Messieurs,

Bonjour à tous,

Je suis très heureux de vous voir nombreux à participer à cet après-midi de réflexions et d’échanges autour de la question «du Sahara occidental face aux défis sécuritaires dans la région».

Quelques semaines après la démission de Horst Köhler, envoyé spécial du secrétaire général de l’ONU au Sahara occidental pour, officiellement, des raisons de santé, nous sommes dans l’attente.
Le conflit entre le Maroc et le Sahara occidental n’est pas proche d’être résolu malgré les infatigables tentatives de Horst Köhler pour remettre les choses à plat et à lancer une nouvelle phase de dialogue entre les parties prenantes au conflit et avec les voisins régionaux.

Pour ne rien faciliter, les États-Unis veulent accélérer le processus et ont maintenu pour la 2e fois consécutive le renouvellement de la mission de sécurité de l’ONU au Sahara occidental, la Minurso pour six mois au lieu d’un an.
Cette stratégie permet de maintenir une pression constante sur les acteurs mais n’a pas encore porté ses fruits.

La question de l’intégration des droits de l’homme dans le périmètre de cette mission onusienne reste bloquée par le Maroc et contribue également à l’inertie de cette situation.

Enfin, au niveau plus global, et les attentats d’hier en Tunisie nous l’ont encore malheureusement montré, la sécurité notamment à cause du terrorisme, est au cœur des problèmes de notre monde.
L’effondrement de l’État libyen depuis bientôt une décennie, et le conflit en Syrie ont permis un renouveau du terrorisme international dont l’Afrique sahélo-saharienne est en passe de devenir l’un des refuges.
Les tensions interethniques au Mali notamment renforcent ce sentiment, et inquiètent beaucoup.
Et ces tensions, en plus d’alimenter le terrorisme international et donc le commerce d’armes et de drogue, semblent favoriser les migrations vers l’Europe.

La sécurité au Sahara est donc un point crucial de la stabilité du monde de demain, tant pour l’Afrique que pour l’Europe et même le Moyen-Orient.

Ce colloque souhaite donc ajouter modestement sa pierre à l’édifice de cette réflexion, avec un angle très intéressant et original: celui du rôle du Sahara occidental.

Cet angle est même doublement original puisqu’en plus d’apporter un éclairage original sur la question de la sécurité au Sahara, il contribue à apporter un éclairage original sur la question du Sahara occidental en tant que tel.

En effet, la question sahraouie est souvent travaillée (et à raison!) au prisme de ce qui touche directement au peuple sahraoui, c’est-à-dire:
l’accès aux ressources naturelles comme le phosphate ou les poissons, ou plutôt la manière dont il en est privé!
les difficultés de la vie dans les camps de réfugiés,
ou encore la question de ses prisonniers politiques sahraouis enfermés depuis trop longtemps dans les geôles du régime marocain.

Aujourd’hui, nous souhaitons apporter quelque chose de plus. Un nouvel élément qui contribuera, je l’espère, à renforcer la légitimité de la RASD, légitimité qu’elle a déjà au demeurant sur le plan du droit international.

C’est donc à travers la question de son ancrage régional autour du problème de la sécurité que nous avons voulu intégrer notre réflexion aujourd’hui.

Notre après-midi se tiendra en trois parties qui auront chacune pour but d’éclairer l’un des pans de ce sujet.

  1.  Le premier portera sur un échange du représentant de la RASD en France avec les puissances régionales, notamment avec l’Algérie et la Mauritanie.
    Cet échange permettra de replacer dans le contexte sécuritaire ces différentes puissances et de comprendre leur rôle.
     
  2. La seconde table ronde permettra de comprendre plus précisément l’urgence de la résolution du conflit au Sahara occidental pour atteindre enfin une véritable stabilité dans la région.
     
  3. Enfin, il s’agira de démontrer comment le discours marocain vis-à-vis des enjeux sécuritaires de la région s’est formé et en quoi il faut le déconstruire.

Le Maroc est une puissance régionale très importante dans cette région, mais il contribue largement, à travers son acharnement à revendiquer les territoires appartenant au peuple sahraoui, à la déstabilisation régionale et donc à fragiliser la sécurité de cet espace.

Le Maroc détient l’une des clefs de la pacification de la région, et il doit en avoir conscience.

Ces réflexions qui vous seront présentées cet après-midi permettront de nourrir plus largement la question de la sécurité en Afrique du Nord, et de comprendre comment un conflit territorial peut être utilisé par les acteurs illégaux pour faire passer armes, drogues et êtres humains.

Je suis très heureux de passer la parole à Régine Villemont, présidente de l’association des amis de la RASD pour vous dire quelques mots.

Je vous remercie.

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