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Les résistances font reculer la dictature d'Erdogan

Le régime autoritaire, répressif, arbitraire et porteur de haine de Turquie a basculé, depuis l'annulation du scrutin municipal d'Istanbul, dans la dictature. La vision guerrière de la politique du président Recep Tayyep Erdogan a créé une instabilité croissante avec des purges gigantesques, des arrestations interminables, une militarisation de la société, une personnification du pouvoir qui génère une désinstitutionnalisation et une tentative d'élimination de tous les contre-pouvoirs. A cela s'ajoute le retour d'une politique de la terre brûlée dans les Kurdistan de Turquie et de Syrie.

Les islamo-conservateurs disposent encore d'un socle électoral solide qui s'organise autour des valeurs conservatrices, de la turcité et du sunnisme. Cependant la perte récente des grandes villes témoigne d'une usure du pouvoir et d'une érosion de l'influence de l'AKP renforcée par la récession économique.

Cette évolution est à mettre au crédit des résistances des forces démocratiques et en particulier des Kurdes.
Depuis bientôt près de 200 jours un mouvement de grève de la faim a été lancé par la députée Leyla Güven pour exiger de l'Etat turc la levée de l'isolement d'Abdullah Ocalan, incarcéré dans l'île d'Imrali depuis 1999. Il a été privé de la visite de sa famille et de ses avocats pendant 8 ans, en violation de toutes les règles internationales. Cette lutte a pris une ampleur considérable, mobilisant près de 7000 prisonniers politiques mais aussi des militants, dont 14 à Strasbourg. Cette résistance est en passe de faire plier l'intransigeance du pouvoir car, le 2 mai, deux avocats ont pu rencontrer A. Ocalan tandis que le tribunal militaire de Bursa levait les mesures d'isolement qui doivent cependant être suivies d'effet. Le 22 mai, les avocats ont à nouveau pu rencontrer le leader du peuple kurde.

Face au danger de fragmentation de la société turque, A. Ocalan a lancé un nouvel appel au rassemblement des forces progressistes afin de mettre en échec la tyrannie de R.T. Erdogan. Il a réitéré ses propositions de paix, proposé l'ouverture de négociations et rappelé que l'adoption d'une constitution fédérale en Syrie pourrait constituer une base pour une paix durable.

Les mobilisations prennent également de l'ampleur en France notamment après l'arrestation de Tuna Altinel, maître de conférence en mathématiques à l'université de Lyon qui doit être libéré immédiatement. La constance des familles et des avocats des trois militantes kurdes assassinées à Paris en 2013 vient de se traduire par l'ouverture d'une nouvelle information judiciaire qui entend poursuivre les services secrets turcs comme étant les commanditaires du crime. La justice avait déjà reconnu l'implication du MIT mais cette décision exceptionnelle marque la fin de l'impunité pour des assassinats politiques en France organisés depuis l'étranger. La Turquie de R.T. Erdogan et son ambassadeur à Paris vont devoir rendre des comptes.

Le Parti communiste français (PCF) est pleinement solidaire des luttes des peuples de Turquie dans leur diversité. Lydia Samarbakhsh, responsable du secteur international du PCF, aux côtés de la présidente de France-Kurdistan, Sylvie Jan, était présente à Diyarbarkir au moment de la sortie de prison de Leyla Güven. Les parlementaires européens communistes et du Front de Gauche ainsi que les sénateurs Laurence Cohen et Pierre Laurent se sont rendus à Strasbourg pour exprimer leur solidarité avec les grévistes de la faim. Le PCF se mobilise et agit pour que la France et l'Union européenne condamnent la politique liberticide et expansionniste de R.T. Erdogan et apportent leur soutien aux forces démocratiques de Turquie. Combattre avec fermeté et détermination cette tyrannie est une condition indispensable pour bâtir une perspective de paix en Turquie mais aussi au Moyen-Orient.

Pascal TORRE
responsable-adjoint du secteur international du PCF
chargé du Maghreb et du Moyen-Orient
 

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