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Palestine / Massacres, apartheid, détention administrative: un choix politique assumé par le gouvernement israélien

Depuis le 30 avril, 135 Gazaouis* sont morts et des milliers* ont été blessés par des tirs à balle réelle de l’armée israélienne.

 

La population de Gaza a fait le choix d’une lutte pacifique, non violente pour remettre sur le devant de la scène une des revendications des Palestiniens que constitue le « droit au retour », droit inaliénable reconnu par la résolution 194 de l’ONU en 1948, mais aussi pour s’opposer à la dernière décision de Donald Trump de déplacer son ambassade à Jérusalem, bravant ainsi le droit international, et pour dénoncer le blocus qu’elle subit depuis onze ans.

Ce blocus est maritime, terrestre et aérien, malgré « un retrait des colonies de Gaza » très médiatisé par Sharon. Ce retrait a marqué pour les Gazaouis le début d’une vie dans une prison à ciel ouvert où Israël organise la pénurie d’électricité et des produits de première nécessité dont ceux qui sont nécessaires à la reconstruction.

C’est une jeunesse qui n’a connu que l’enfermement qui se soulève, une population enfermée dans une désespérance jusqu’à la mort.

Dès le début des manifestations à Gaza, Israël a décidé de répondre par la violence, se rendant coupable de crimes de guerre. Les ordres étaient clairs. Avigdor Liberman a affirmé : « Les soldats de Tsahal ont agi en conformité avec les ordres. Leur tâche est de défendre les citoyens d’Israël et les frontières de l’État et ils l’ont remplie. »

Le ministre palestinien des Affaires étrangères, Riyad Al-Maliki, a déposé plainte devant la Cour pénale internationale, invoquant les crimes de guerre et les crimes contre l’humanité ; il a déclaré avoir « pris cette mesure en raison de l’intensification de la fréquence et de la gravité des crimes commis contre notre peuple, y compris l’expansion des colonies, l’accaparement des terres et l’exploitation illégale de nos ressources nationales, ainsi que le ciblage brutal et calculé de manifestants non armés, en particulier dans la bande de Gaza ».

Or, comme le rappelle Patrick Le Hyaric dans son intervention au Parlement européen, Israël ne connaît pas de frontière, comment peut-il revendiquer les défendre ! Le PCF s’associe à sa demande auprès de l’Union européenne de diligenter une commission d’enquête indépendante, de créer un mécanisme de protection du peuple palestinien, de faire lever le blocus, de faire stopper la colonisation, et de mettre en place des sanctions contre le gouvernement israélien, notamment la suspension de l’accord d’association Union européenne/Israël tant que les agissements d’Israël violeront l’esprit de cet accord.

La France reste de marbre, impassible, se contentant une fois de plus de demander au gouvernement israélien de la « retenue » et reçoit malgré tout Netanyahou en grande pompe.

Nous devons par tous les moyens mettre fin aux agissements d’Israël. Une arme non violente est à notre portée à travers la campagne BDS. « Nous exigeons que vous appliquiez ce que le droit impose : des sanctions économiques, politiques, diplomatiques et le boycott de tout ce qui a à voir de près ou de loin avec cette politique d’occupation et ces crimes de guerre », rappelle Leïla Shahid.

Pendant ce temps à la Knesset

Trois députés du parti Balad, une des composantes de la Joint List, ont déposé un projet de loi fondamentale intitulé « Un pays pour tous ses citoyens », visant à définir Israël comme un État de tous ses citoyens. Cette proposition a été disqualifiée par la présidence de la Knesset, ce qui signifie qu’il n’y aura même pas débat à l’Assemblée. Cette décision est rarissime.

À l’heure où ce même gouvernement réprime avec la plus grande violence les marches pacifiques des Palestiniens de Gaza réclamant le droit au retour, reconnu par la résolution 194 de l’ONU, c’est au prétexte que ce projet abolirait la loi du retour, permettant à tout juif du monde d’immigrer en Israël, qu’il est tout simplement écarté.

Selon le conseiller juridique de la Knesset, c’est aussi parce que ce projet « comprenait plusieurs articles destinés à changer le caractère d’Israël d’État-nation du peuple juif en celui d’un État dans lequel il y a un statut d’égalité du point de vue de la nationalité pour les juifs et les Arabes ».

Au même moment, un autre projet de loi État-nation est débattu où notamment l’hébreu deviendrait l’unique langue officielle.

Tout cela montre une fois de plus qu’Israël ne cherche pas la paix et que l’État qu’il propose  exclurait de fait tous les Palestiniens d’Israël, qui seraient alors soumis à un régime d’apartheid.

La France ne peut pas continuer à rester insensible à ces agissements de plus en plus dangereux pour l’avenir. L’invitation faite par Macron à Netanyahou en juin dernier est indigne. Il ne peut être complice d’une saison France-Israël qui, de juin à novembre 2018, a pour vocation « de montrer la vitalité de la relation bilatérale dans les domaines culturels et scientifiques, de marquer une nouvelle étape dans les relations économiques et de renouveler le regard que portent les Français sur Israël et les Israéliens sur la France », en cachant la vraie nature de la politique criminelle et raciste du gouvernement israélien.

C’était déjà insupportable alors que l’extrême droite israélienne n’a jamais autant foulé aux pieds les droits des Palestiniens, cela l’est d’autant plus après les derniers massacres à Gaza. C’est pourquoi nous appelons les communistes à signer la pétition http://annulationfranceisrael.wesign.it/fr qui demande l’annulation de cet événement et à rester vigilants.

Prisonniers

Selon l’association Addameer, en avril 2018, 6 036 prisonniers politiques palestiniens étaient détenus dans les geôles israéliennes, parmi lesquels 431 détenus administratifs, 304 enfants (66 de moins de 16 ans) et 6 membres du Conseil législatif palestinien comme Khalida Jarrar en détention administrative depuis juillet 2017 et qui a été encore une fois prolongée et son dossier classé confidentiel.

Ces chiffres montrent que la répression est toujours aussi féroce. Elle vise principalement les acteurs de la résistance populaire et les enfants. Il s’agit d’un système dont le but est de briser toute velléité face à l’occupation israélienne et de détruire tout espoir d’une construction d’un État palestinien.

Au cours des quatre dernières années, en violation totale de la Convention internationale des droits de l’enfant, ce sont plus de 3 800 enfants dont le plus jeune avait 8 ans qui sont passés devant la justice israélienne, emprisonnés et soumis à la violence, voire à la torture pour beaucoup, leur « crime » ayant été souvent d’avoir jeté des pierres.

Notre compatriote, Salah Hamouri, est lui aussi encore une fois victime de l’arbitraire de la justice israélienne. Il est maintenu en détention sans aucune forme de procès depuis plus de trois cents jours, sans que le président de la République française ait daigné recevoir sa famille, alors même que le groupe de travail du conseil des droits de l’homme des Nations-Unies vient de publier un rapport dénonçant l’emprisonnement illégal de Salah. Les autorités israéliennes n’ont pas non plus daigné répondre à ce rapport qui dénonce les difficultés auxquelles est confronté Salah pour se défendre, pour rencontrer les autorités consulaires françaises et même sa famille.

Salah, comme d’autres détenus, participe d’ailleurs à un large mouvement de boycott des tribunaux : « Je ne veux ni avocat ni représentation légale pour le simple fait que la détention administrative est une pratique illégale qui me prive de liberté, a-t-il déclaré à la cour. Il n’y a aucune charge contre moi et mon incarcération repose sur un dossier secret qui est contrôlé uniquement par les services de renseignements. Je ne veux pas participer à cette procédure dans ce lieu où la justice est la grande absente. »

Sans oublier Ahed Tamimi, Marwan Barghouti, Ahmad Saadat et tous les autres, le PCF soutient le combat de tous ces prisonniers politiques et réclame leur libération immédiate, condition préalable à tout accord de paix.

Mathilde Caroly
membre du collectif Palestine du PCF
membre de la commission des relations internationales
article publié dans la Lettre des relations internationales de juillet 2018

*Informations de fin juin 2018

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