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Calais : en finir avec la stratégie de la tension

Deux affrontements majeurs en huit jours de temps : le premier opposant policiers et migrants s’est traduit par de graves blessures sur un jeune Érythréen de 16 ans - il a perdu un œil, et sa boite crânienne est défoncée -, le second entre migrants afghans et érythréens a fait six blessés par balle, dont quatre sont entre la vie et la mort. Il faut tirer d’urgence les enseignements des événements tragiques de Calais.

La stratégie de la tension, pour décourager les migrants de s’installer, produit déjà ses funestes effets.

La visite à Calais du président Macron et le sommet de Londres ont servi d’accélérateur à la dégradation de la situation.

D’un côté, un immense espoir chez les jeunes réfugiés, souvent mineurs, que leur passage en Grande Bretagne était imminent. De l’autre, une déception et une grande colère : pas de passage légal au Royaume Uni, et une pression policière accrue, sur une population migrante dont les effectifs se sont rapidement accrus.

La solution passe par une vraie renégociation des accords du Touquet mais aussi par une organisation des voies de passage légales, pour les migrants qui ont droit à l’asile ou au rapprochement familial en Grande Bretagne. A l’occasion de la fermeture du camp de Sangatte, 1 200 migrants avaient été admis en Grande Bretagne ; lors de la fermeture de la « jungle », il y a un peu plus d’un an, 700 exilés avaient pu passer de l’autre côté de la Manche ; à l’occasion du dernier sommet de Londres, zéro.

Poser de nouveaux grillages, poser des caméras supplémentaires, payer des maîtres chiens, renforcer les effectifs de police…cette logique ne sert à rien, sauf à faire de Calais une enclave qui serait totalement isolée, comme celles, espagnoles de Melilla ou de Ceuta au nord du Maroc, ou pire, un hot spot. Et donc à rendre le passage de la Manche encore plus dangereux et plus coûteux, au grand profit des réseaux de passeurs.

Il faut prendre le contre-pied de cette politique, avant que des drames plus terribles ne se produisent.

Parti communiste français,
le 2 février 2018

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