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Venezuela : C’est le peuple qui a eu le dernier mot

Ce dimanche 15 octobre 2017, a eu lieu le 22e scrutin - gouverneurs de régions - depuis que le Chavisme est arrivé au pouvoir, et le deuxième de l’année après celui de juillet pour l’Assemblée nationale constituante qui a mis fin à plusieurs mois de violences de rue organisées par l’opposition de droite et d’ultra droite. Cette élection des gouverneurs sera suivie par celle des municipales puis, en 2018, par l’élection présidentielle.

C’est dans le cadre d’un vote sans violence que le PSUV, coalition du chavisme gagne 18 des 23 gouverneurs avec 54 % des voix au niveau national, dont des régions très importantes, comme celle de Miranda, un des principaux pôles économiques touchant Caracas qui était dirigé par Henrique Capriles, leader de l’opposition.

Depuis, c’est quasiment le silence radio de la part des médias internationaux et une grande partie de certaines institutions politiques mondiales qui ne s’explique probablement pas pourquoi, dans une soi-disant dictature, des élections ont pu être acceptées par l’opposition, qui au bout ne gagnent que 5 gouverneurs (4 pour la MUD, coalition de droite et 1 pour l’extrême-droite instigatrice des violences de ces derniers mois).

Ces résultats sont d’autant plus marquants que ces élections ont eu lieu dans un contexte difficile, marqué il y a deux mois et demi encore par une insurrection armée dirigée par l’extrême droite qui cherchait à renverser le gouvernement.

Une tentative de déstabilisation qui s’est éteinte fin juillet, lorsque la population jusque-là restée en marge de ces violences s’est mobilisée pour élire une Assemblée constituante. Mise en difficulté, la droite s’est entre-déchirée avec d’un côté une partie radicale soutenant l’objectif de reprise du pouvoir hors des urnes et une autre acceptant de repasser par la voie électorale.

Pour tenter d’infléchir le scrutin en faveur de l’opposition, les manœuvres ont été sans limites.
Depuis des mois, la droite, le secteur privé (80 % de l’économie vénézuélienne) et les Etats-Unis ont sorti l’artillerie de la pression dans la guerre économique, avec l’organisation de la pénurie ayant pour conséquence l’envol des prix de certains de produits de première nécessité afin d’augmenter le mécontentement populaire. De plus, la désinformation, la manipulation et les tentatives d’ingérences par des menaces de sanctions sur le Venezuela aura été le lot commun des semaines précédant le scrutin.
Et comme à son habitude, soucieuse de capter l’attention internationale, la droite a contesté les résultats, évoquant une « fraude » à laquelle le président Maduro a répondu en demandant un recomptage de 100 % des votes.

Un vote sous contrôle tout le long du processus.
Il est à noter que parmi les observateurs internationaux dont 50 experts électoraux, le colombien Guillermo Reyes, porte-parole du respecté Collège d’experts électoraux d’Amérique latine a rappelé que le système électronique du Venezuela est le plus moderne du continent. Plusieurs jours avant l’élection et le jour du scrutin, l’ensemble des partis de droite et de gauche ainsi que 70 accompagnants électoraux internationaux dont un élu du PCF(1) ont participé aux essais techniques et au suivi du vote, signant le rapport concluant à sa fiabilité. En 2012 déjà, le système électoral automatisé du Venezuela a été qualifié par le Centre Carter (2).

Un message fort sorti des urnes.
Contrairement à l’idée véhiculée par certains médias du monde entier, la droite vénézuélienne dispose de tous les moyens pour s’exprimer : majorité des médias privés, et des réseaux sociaux lui sont largement favorable sur les plans local, régional, national et international. On comprend le silence des médias internationaux sur ce scrutin qui contredit, une fois de plus, « la dictature au Venezuela ». Les urnes ont répondu à ces « journalistes » qu’il ne faut jamais oublier l’existence d’un peuple, et encore moins sous-estimer sa conscience.
Le résultat du 15 octobre, avec près de 62 % de participation, envoie à la communauté internationale un message fort et clair : triomphe de la démocratie, de la révolution bolivarienne, tout comme celui de l’aspiration du peuple vénézuélien à la paix contre la guerre civile, à la souveraineté nationale contre l’ingérence extérieure et à la poursuite du processus de construction politique par les citoyens pour répondre aux nouveaux défis sociaux, économiques, environnementaux qui sont posés au pays et à cette région continentale.

Laurent Péréa
Responsable-adjoint des Relations internationales
article paru dans Communistes du 25 octobre 2017

1. Laurent Péréa, maire PCF, était accompagnateur électoral.
2. La Fondation Carter est une fondation créée en 1982 par le président des États-Unis et prix Nobel de la paix Jimmy Carter, dont le but proclamé est la résolution pacifique des conflits, l'observation des élections, la défense et l'avancée des Droits de l'homme, la protection de l'environnement, l'aide au développement, ainsi que la réduction des souffrances humaines.

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