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Europe

La question européenne pèsera lourd dans le débat des élections présidentielle et législatives de 2017.

D’abord parce que 25 ans après Maastricht, l’intégration économique et politique européenne a été considérablement renforcée – malgré le «non» des Français en 2005 au traité constitutionnel TCE – et aucun candidat sérieux ne peut prétendre gouverner la France sans proposer une démarche pour notre pays à l’échelle européenne, fut-elle, comme c’est le cas au PCF, une offensive politique en rupture avec la construction actuelle. Ensuite, la question européenne sera au coeur des débats parce que l’Union européenne est elle-même entrée dans une crise économique, sociale et politique très profonde, dont les retentissements vont parsemer l’agenda électoral français, à commencer par le démarrage de la procédure de sortie du Royaume-Uni, qui doit avoir lieu avant la fin du mois de mars. Ce contexte de crise est déjà l’objet de beaucoup de débats en France, auxquels vient s’ajouter une instrumentalisation xénophobe par la droite et le FN de la situation d’urgence connue par des milliers de réfugiés qui cherchent l’hospitalité sur notre continent, et une incertitude géopolitique nouvelle du fait de l’élection de Donald Trump aux États-Unis.

Un piège idéologique et politique entre deux choix est tendu aux Français.
D’ores et déjà, François Fillon, Emmanuel Macron et le programme actuel du PS convergent sur une idée, celle qu’il faut sauver ou relancer l’Union européenne, et sur deux «réformes» concrètes, le renforcement de la «gouvernance» de la zone euro et la construction d’une Europe de la défense. Cela sous-entend un renforcement des mécanismes de soumissions aux critères de stabilité et une escalade guerrière dans la plus grande confusion entre immigration, sécurité, lutte contre le terrorisme et militarisation des relations internationales. Le FN, lui, se sert du Brexit comme modèle de démarche gouvernementale en direction de l’UE. Marine Le Pen a lissé son discours mais sa logique est la suivante: aller à Bruxelles récupérer «des souverainetés», et en premier lieu la souveraineté monétaire. En cas de refus, ce serait le référendum sur le Frexit. Or, avec la mise en oeuvre du Brexit le Royaume-Uni se dirige vers plus de concurrence fiscale et sociale… un «protectionnisme» qui ressemble plutôt à une guerre économique accrue.

L’enjeu pour les communistes est de faire la démonstration qu’une voie progressiste existe, tant sur le projet que sur une démarche de combat pour la France à l’échelle européenne.

C’est la logique qui a présidé à la construction de notre initiative nationale «Europe» du 17 mars prochain à Villerupt en Meurthe-et-Moselle. Le thème: «La France à l’offensive pour une Europe de progrès» renvoie aux deux dimensions. Des axes thématiques et des invités «grands témoins» ont été identifiés pour traiter «ce qui doit changer»:

• Lutter efficacement contre l’évasion fiscale;
• Changer le système économique et monétaire européen;
• Concurrence des travailleurs : une réponse solidaire;
• Construire une Europe de la paix et de la sécurité collective;
• Une Europe démocratique;
• Accueillir les réfugiés;
• Pour une politique féministe européenne.

Des vidéos de responsables politiques européens qui répondront à la question «Qu’attendez-vous de la France en Europe?» seront diffusées. Après un échange avec la salle, Pierre Laurent montrera l’originalité de notre vision et la démarche que devrait avoir un gouvernement de gauche. Lors de cette initiative nationale, la parole sera également donnée à deux candidats aux législatives: le candidat local – le département est transfrontalier et a connu une forte désindustrialisation, mais c’est aussi une région où les forces politiques et syndicales transfrontalières sont en coopération étroite – et la candidate des Français de l’étranger pour le Benelux. Ce sera enfin une première occasion de présenter l’initiative du Forum européen progressiste qui aura lieu en novembre 2017 à Marseille.

Anne Sabourin
responsable Europe du PCF et
membre du Secrétariat politique du PGE

 

À L’OFFENSIVE POUR CHANGER L’EUROPE…QUELQUES PROPOSITIONS D’ACTIONS DU PCF

1- Investir dans le développement commun
• organiser une conférence européenne pour la restructuration des dettes des États : annulation partielle et révision des conditions de remboursement.
• organiser une « Cop fiscale » pour lutter contre l’évasion et la fraude fiscales.
2- L’humain au coeur des politiques européennes
• organiser un sommet social européen pour faire abroger la directive sur les travailleurs détachés, faire converger les salaires, temps et conditions de travail vers le haut.
• faire converger une harmonisation sociale vers le haut.
3- Une Europe de peuples et de nations, libres, souverains et associés
• faire respecter les choix souverains des peuples européens exprimés dans les élections, les parlements, les référendums.
• lancer une consultation nationale en vue de la rédaction d’un nouveau traité européen qui sera soumis par référendum aux Français.
4- L’Europe, moteur du changement mondial
• abandonner les négociations sur les traités de libre-échange Tafta, Ceta et Tisa, et travailler à de nouveaux traités internationaux de maîtrise des échanges pour le développement de biens communs partagés.
• organiser une conférence européenne pour la paix et le désarmement : sortir de l’OTAN, abolir les armes nucléaires et de destruction massive.

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MOTION ADOPTÉE LORS DU VE CONGRÈS DU PARTI DE LA GAUCHE EUROPÉENNE SUR PROPOSITION DU PCF (AVEC PCE, IU, GAUCHE BULGARE ET PST)

Une grande campagne pour en finir avec la traite des femmes.

La traite des êtres humains concerne 2,5 millions d’êtres humains à travers le monde, principalement des femmes. Si sa forme la plus répandue est l’exploitation sexuelle, il s’agit également de travail ou de mendicité forcés, de servitude pour dettes et de prélèvement illégal d’organes. En Europe, ce sont 120000 femmes et jeunes filles qui, principalement pour des raisons économiques, sont dans les filets des trafiquants, et les deux tiers d’entre elles sont originaires de pays de l’Union européenne.

L’abolition de la traite est un objectif prioritaire du combat progressiste en Europe. Ces trafics brisent les vies de celles qui en sont victimes et constituent une menace pour toutes les autres. Ces trafics sont d’importantes ressources financières pour les réseaux criminels organisés. Elles installent, au coeur de nos sociétés, la négation de tous les principes de justice, d’égalité et d’espoir. Elles tendent à y normaliser la violence, l’abus, la marchandisation des êtres humains et de leurs corps sur le grand marché mondial.

C’est pourquoi le PGE lance une grande campagne pour en finir avec la traite des femmes. Il s’agit de faire gagner, dans chaque pays et à l’échelle de l’Europe, la reconnaissance et l’accompagnement des victimes, mais également la mise en œuvre de moyens financiers et législatifs nouveaux, ainsi qu’une coopération européenne pour démanteler les réseaux. Cette campagne prendra pour point de départ les législations nationales les plus favorables contre la traite, les plus fermes contre les réseaux, et qui donnent les meilleures garanties aux victimes.

Le PGE se dote d’une équipe chargée de la préparation et l’animation de cette campagne, en coopération avec EL FEM. Ce groupe de travail assurera l’élaboration de la campagne, au plan de l’état des lieux de la situation comme au plan programmatique. Il sera également en contact permanent avec les différents partis qui composent le PGE. Le «réseau de villes libres du trafic», initié en Espagne, mérite d’essaimer partout.

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