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Les droites partent en guerre

La profonde déception que laisse le quinquennat de François Hollande donne des ailes aux droites françaises. Les programmes concernant la politique étrangère n’ont pas échappé à cette volonté d’incarner «la France Forte». Inspirées par Poutine et Trump, les droites mettent en avant un même objectif : la puissance.

Cependant, il ne s’agit pas de la puissance diplomatique et culturelle d’une France qui promouvrait les droits humains, en commençant chez elle. Au contraire, c’est bien d’une puissance de confrontation dont il est question. Pour Fillon et la droite dite républicaine, il s’agira d’une confrontation économique. Pour Le Pen, elle sera «civilisationnelle».

Tout d’abord, les droites s’accordent sur un point: un «déclin» de la France. Si celle-ci apparaît moins influente sur le plan diplomatique, ne s’agit-il pas d’une conséquence de la politique d’austérité? Que la France brade ses bâtiments diplomatiques de par le monde, rétrécisse, voire ferme, des consulats ne serait-il pas la conséquence des politiques budgétaires réclamées par Les Républicains? D’une part, la France est passée du deuxième au troisième réseau diplomatique au monde après avoir été dépassée par la Chine. L’offensive de la diplomatie économique chinoise est indéniable mais n’a pu se réaliser que grâce à l’investissement du gouvernement. Les gouvernements d’austérité successifs français se sont surtout employés à tailler dans tous les budgets, et la représentation diplomatique en a souffert. D’autre part, ne s’agit-il pas d’un juste retour des choses? Après avoir été mises au ban des négociations internationales par les «grandes puissances», ne serait-il pas légitime que les autres nations du monde puissent également donner de la voix? Plutôt que de chercher à toujours être la première par pur nationalisme, comme le voudrait le Front National, la France pourrait choisir de défendre une «communauté internationale» plus inclusive pour permettre la paix.

Ensuite, les droites ont trouvé de parfaits coupables: les travailleurs immigrés et l’Europe. Même Les Républicains, qui reprennent pourtant dans leur programme toutes les recommandations européennes d’austérité et de privatisation du service public, sont devenus critiques de l’Union européenne. Mais, vouloir «changer» l’UE pour la rendre plus néolibérale, ou bien la «quitter» en organisant la traque aux immigrés ne résoudront pas la crise multidimensionnelle et existentielle qui déchire l’UE puisque cela ne remettrait nullement en cause la logique fondamentale de sa construction actuelle. «Sortir» de l’UE ramènerait à l’échelle nationale, sans pour autant les affaiblir, les politiques ultralibérales aujourd’hui imposées par la Commission européenne.

Enfin, les droites sont toutes les deux prêtes à augmenter un budget de l’État, et pas n’importe lequel: celui de l’armée. Il s’agit sans doute de leur solution illusoire pour créer de l’emploi puisqu’elles ne s’en prendront pas au capitalisme. Malgré sa critique de l’OTAN, le Front National s’est, lui aussi, converti à l’objectif d’un budget de défense à 2% du PIB impulsé par l’Alliance. Or, étant donné que l’objectif économique des droites est la recherche de la croissance, donc de la hausse du PIB, et la baisse des dépenses de l’État, un budget annexé au PIB se fera au détriment des autres budgets, notamment sociaux.

Alors que la course aux armements est relancée aux quatre coins du monde, les propositions de politiques étrangères de Fillon et Le Pen ne sont donc en rien des promesses de paix mais bien l’attisement des comportements agressifs qui nous promettent les conflits de demain.

Henry X.

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