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Mettre fin aux logiques de domination pour changer le monde

Rompre avec les politiques d’austérité, renégocier les accords économiques entre les pays, mettre fin aux guerres et aux ventes d’armes en faisant prévaloir l’idée de sécurité humaine collective, l’intérêt du plus grand nombre et la prévention, faire évoluer les institutions et les focaliser sur leurs missions premières de luttes contre les inégalités économiques et sociales, la perspective de nouveaux modes de développement et de production liés à la transition écologique, la promotion des droits humains et la lutte contre les changements climatiques… de telles politiques dessineraient un monde de paix et de développement humain, social et écologique que tout rend possible au XXIe siècle.

«Il n’y a pas d’alternative», c’est ce qu’on nous rabâche à longueur de temps. Il faudrait que nous acceptions les violences, les guerres, les inégalités, la pauvreté, la précarité, la concurrence acharnée entre les individus et entre les peuples. Or l’état du monde est le résultat de politiques libérales menées sciemment par des dirigeants acoquinés avec les grandes fortunes, le patronat du CAC40, les puissances de la finance.

Il n’y a pas de fatalité, la situation n’est pas inéluctable. Le monde peut être un monde de paix, de solidarité, de partenariats avantageux pour tous. Il est grand temps de changer de logique, de rompre avec les stratégies de domination. L’intervention populaire et la solidarité internationale sont déterminantes pour y parvenir, elles ont déjà pesé sur le cours des événements, qu’il s’agisse de la COP21 ou même des conditions du débat du Parlement européen sur le CETA.

Prendre le pouvoir sur la finance

Lutter contre la fraude, l’optimisation et l’évasion fiscale est prioritaire. À ce jour, 60 à 80 milliards d’euros sont volés au budget de la France. Au niveau européen, la somme atteint plus de 1 000 milliards, soit cinq fois le budget de l’Union européenne. Cet argent doit être récupéré, c’est la bataille portée par nos parlementaires à travers la demande d’organiser une Cop fiscale, dont Alain et Eric Bocquet sont à l’origine, et qui a été adoptée à l’Assemblée nationale et au Sénat. À présent les peuples doivent s’en saisir afin que cet argent soit investi dans les salaires et dans le développement des services publics.

Plus largement, le système économique doit Il est urgent de sortir des logiques de domination actuelles. Refonder l’UE dans une perspective progressiste pose la question d’une nouvelle sélectivité de la politique monétaire de la BCE pour orienter les crédits bancaires en faveur de l’emploi et de l’économie réelle, et de la création d’un Fonds de développement économique, social et environnemental européen pour financer le développement des services publics, à partir de projets concrets, avec l’argent créé par la Banque centrale européenne.

Les traités économiques – tels le Ceta, le Tafta – sont conçus en catimini dans l’intérêt de quelques-uns et pillent les richesses des pays. La renégociation de l’ensemble de ces traités est un préalable au combat contre les inégalités économiques. Il est temps d’inventer de nouveaux types de partenariats, d’instaurer entre les pays des accords aux avantages réciproques, démarchandisant les ressources et richesses naturelles en en faisant des biens communs universels, et fondés sur la solidarité et la complémentarité des besoins de chacun afin de respecter les intérêts légitimes de tous. À travers la coopération et le co-développement, et à condition qu’elle ne soit pas assujettie aux logiques de domination capitaliste, l’interdépendance peut être positive et bénéfique à tous. Elle peut être fondée sur la solidarité, notamment par la création d’une monnaie commune mondiale, qui serait développée à partir des droits de tirage spéciaux du FMI, qui servirait à financer des projets de développement des capacités humaines dans tous les pays du monde sous forme de prêts sélectifs à long terme et à très bas taux d’intérêt.

Mettre fin aux logiques de guerre

Sortir des rapports de domination et d’exploitation participe à modifier les relations internationales. En s’attaquant aux sources des inégalités, des injustices sociales et économiques, nous combattons les causes de nombreux conflits. Croire que la guerre est un moyen de les résoudre est un leurre. Seul un traitement social et politique de ceux-ci apporte des solutions durables. La France doit prendre en compte l’aspiration de millions de femmes et d’hommes à vivre dans des sociétés sûres et en paix. Elle doit changer sa politique étrangère pour promouvoir la paix et le progrès: en tout premier lieu, cesser d’alimenter les guerres en vendant des armes et en participant à des opérations militaires à l’étranger; respecter la non-utilisation d’armes de destruction massive, et travailler à la dénucléarisation de l’Europe; et, sans attendre, signer le traité sur la non-prolifération des armes nucléaires.

En tant que membre permanent de l’ONU, la France doit oeuvrer à redonner à cette institution les moyens de sa mission initiale affirmée dans sa Charte: «Maintenir la paix et la sécurité internationale, accepter des principes et instituer des méthodes garantissant qu’il ne sera pas fait usage de la force des armes sauf dans l’intérêt commun, recourir aux institutions internationales pour favoriser le progrès économique et social de tous les peuples.» Aucune intervention ne peut se faire en dehors d’un cadre multilatéral sous mandat des Nations unies. En parallèle, il faut que notre pays sorte du commandement intégré de l’OTAN, organisation politico-militaire agressive, qui agit au nom de la défense de la «démocratie» et d’un hypothétique «camp occidental». La France doit retrouver une voix indépendante, se libérer des liens de l’Alliance atlantique et agir pour la dissolution de l’OTAN. De la même façon, dans le mouvement de la refondation progressiste de l’UE, l’Europe doit se libérer de la tutelle de l’OTAN et définir un nouveau cadre régional inclusif, bien plus vaste que les limites de l’UE actuelle, de coopération et de sécurité collective.

Méline Le Gourriérec
membre de la commission des relations internationales

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