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Libre-échange...dîtes-vous? [Le billet de Pierre Marcie]

L’élection de Donald Trump et le discours du président chinois au récent Forum économique mondial de Davos ont lancé d’intenses débats sur la mise en œuvre des échanges internationaux et les finalités auxquels cette mise en oeuvre répond dans la genèse des inégalités propres aux différents modèles du développement social. Sous ce terme le libre-échange des marchandises et des capitaux s’expriment des réalités fort différentes.

Pour reprendre ce symbole des échanges internationaux en des temps où le parcours des seules marchandises légères à haute valeur ajoutée se faisait en de longues caravanes qui avaient à s’acquitter de droits divers et variables le long de voies incertaines, Xi Jinping a prononcé un appel convaincu à préserver, maintenir et amplifier le libreéchange pour contribuer à une mondialisation, sinon heureuse immédiatement et dans toutes ses dimensions, assurément porteuse d’un développement plus harmonieux de l’ensemble des peuples de notre planète, dans ce projet, déjà lancé, de constitution des Routes de la Soie, terrestres et maritimes.

Les commentaires qui ont accompagné l’exposé de Xi Jinping ont révélé l’ampleur des divergences, plutôt les oppositions et des probables affrontements à venir, tels qu’annoncés par le nouveau président américain. Deux lignes, ou deux approches s’expriment ainsi ; dans un monde où les effets des interactions de plus en plus généralisées se répandent presque instantanément: celle traditionnelle, au cours des siècles derniers, du capitalisme qui vise essentiellement le profit maximum le plus immédiat; celle soutenue et mise en oeuvre aujourd’hui par la Chine visant à un développement coordonné des diverses parties du monde en en construisant les infrastructures matérielles et juridiques dans une perspective de coopération sur le long terme.

De 1839 à 1842, le Royaume-Uni lançait la 1re Guerre de l’Opium pour faire accepter à la Chine l’importation de l’opium et la soie indienne, et constituait la banque HSBC pour en gérer le volet financier… avant de s’associer avec la France, les États-Unis et la Russie dans une 2e Guerre de l’Opium (1856-60) et renforcer l’ouverture de la Chine au libre-échange, en équilibrant la balance commerciale au bénéfice des puissances intervenantes.

On est loin de ce temps quand il «fallait aider» les Chinois à «ouvrir leur esprit à un libre-échange porteur d’avenir».

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