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L'accès à la santé en débat au Sénégal

Une initiative originale a été organisée à Dakar à l’initiative du Parti de l’indépendance et du travail (PIT-Sénégal) et du collectif Afrique du PCF. Un atelier sur les enjeux de santé au Sénégal et les perspectives de la couverture maladie universelle (CMU) s’est tenu le 26 novembre 2016 avec le soutien des fondations Gabriel-Péri et Rosa-Luxemburg. Cette rencontre a été ouverte par Samba Sy, Secrétaire général du PIT, et Dominique Josse, pour le collectif Afrique. Elle a réuni des médecins et professionnels de santé, des représentants des forces de progrès, des militants des droits de l’homme, des syndicalistes ainsi que des autorités telles que le Directeur général de l’Agence de couverture maladie universelle du Sénégal et le Conseiller régional français de la coopération en santé pour le Sénégal, la Mauritanie et la Guinée.

Cet atelier s’est tenu dans un contexte particulier. En effet, les questions de protections sociales et notamment celles relatives à la protection contre le risque maladie sont revenues depuis quelques années dans les agendas internationaux. Ainsi, la résolution 58.33 de l’Assemblée mondiale de la santé de 2005 déclare que tout individu doit pouvoir accéder aux services de santé sans être confronté à des difficultés financières. Une intention louable mais qui est loin d’être mise en oeuvre, tant les inégalités se développent, dans un contexte de faiblesse persistante de systèmes de santé construits dans une logique libérale.

Le 6 décembre 2012, la 67e session de l’Assemblée générale des Nations unies a adopté une résolution appelant chaque Étatmembre à éviter de recourir au paiement direct des soins par les usagers et à financer son système de santé par le biais de mécanismes plus équitables et solidaires.

Au Sénégal, le gouvernement s’est inscrit dans cette perspective et a lancé en septembre 2013, le programme national de couverture maladie universelle avec pour objectif intermédiaire une couverture de 75% de la population à l’horizon 2017.

Le 7 janvier 2015, l’Agence de couverture maladie universelle (CMU) a été instaurée par le décret n°2015-21. Elle a pour mission d’assurer la mise en oeuvre de la stratégie nationale de développement de la couverture maladie universelle. Selon le directeur, la CMU assure la tutelle des régimes de couverture, à l’exclusion de ceux relevant de l’assurance maladie obligatoire des travailleurs salariés. La CMU a en charge l’encadrement technique des organismes de prévoyance qui la constituent.

La stratégie de développement de la couverture maladie universelle telle qu’envisagée par le plan d’action 2013-2017 est basée sur le développement et l’extension du mouvement mutualiste. L’objectif général de ce plan est d’étendre la couverture maladie de base à 100% des populations du secteur informel et du monde rural à travers les mutuelles de santé dans les années à venir.

Cet atelier a permis de dresser de premiers constats et d’étudier en quoi les objectifs affichés sont ambitieux, ce qui pose la question de leur réalisation. Il a permis un échange vif mais fructueux entre le Directeur général de l’Agence de la CMU et les représentants du monde du travail et de la société civile.

Les participants de l’atelier ont enrichi le débat sur la question de la couverture maladie universelle au Sénégal en insistant sur la nécessité de la considérer comme un «bien commun», c’est-à-dire un patrimoine que partage le corps social.

La question du rôle et de la place de l’État social au Sénégal a été mise en avant, avec la couverture maladie universelle comme élément constitutif. Elle doit être davantage basée sur le principe de citoyenneté, d’égalité de droits et de solidarité organique, financée par des cotisations ou de la fiscalité. L’objectif de la construction d’un système de santé au Sénégal est la mise en place d’un système solidaire, adapté aux réalités africaines, répondant à une visée de progrès selon la célèbre formule: «de chacun selon ses moyens, à chacun selon ses besoins».

Il est revenu à Lydia Samarbakhsh, membre du comité exécutif national du PCF, chargée des relations internationales, ainsi qu’à Samba Sy, Secrétaire général du PIT/Sénégal de tirer les leçons de la journée et de faire la synthèse des interventions. Les actes de cet atelier, premier du genre organisé par des forces politiques dans le pays, seront prochainement publiés.

Collectif Afrique du PCF

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