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Mossoul: La France doit agir pour la reconstruction de l'Irak et sa démocratisation

Malgré les alertes du Haut Commissariat aux Réfugiés, le sort de la population de Mossoul et de ses environs n’a pas été priorisé. L’organisation de l’aide aux civils pris dans ou fuyant les zones de combats doit maintenant mobiliser de toute urgence tous les pays engagés militairement en Irak.
L’offensive sur Mossoul a été lancée le 17 octobre après plusieurs semaines de préparatifs mais ce n’est que ce mardi que François Hollande a appelé à «anticiper les conséquences de la chute de Mossoul».

Les déclarations du chef de l’Etat à l’ouverture de la réunion des ministres de la Défense des 13 pays (Etats-Unis, France, Royaume-Uni, Canada et Australie) coalisés dans l’offensive de Mossoul confirment les préoccupations légitimes au moment du lancement de l’opération militaire quant au degré d’impréparation et au manque de visions politiques des membres de la coalition militaire censées venir en appui des forces militaires irakiennes et kurdes.
La Turquie entend maintenant se saisir de l’occasion pour engager des troupes en Irak afin d’"éliminer toute menace contre ses intérêts" — ce qui ne signifie pas autre chose que poursuivre ses bombardements contre les bases du PKK qui ont pourtant été parmi les principaux remparts à l’Organisation de l’Etat islamique. Cela vient confirmer l’existence d’intérêts divergents si ce n’est antagonistes des membres de cette coalition militaire.
C’est donc à nouveau la voix militaire, et donc tactique, qui a pris le dessus sur la voix politique et diplomatique alors que la question de la garantie de l’intégrité du territoire irakien et celle du respect du caractère multiculturel et confessionnel de l’Irak sont essentielles et impliquent des engagements politiques de tous les acteurs et puissances concernées.

La France doit agir pour la mise en place d’un cadre multilatéral sous égide de l’ONU visant la reconstruction économique du pays et sa démocratisation, et garantissant aux Irakiens dans la diversité des composantes de leur nation la pleine maîtrise des choix et décisions.
La lutte contre l'EI et les djihadistes passe également par la nécessité d'en finir avec le soutien direct ou indirect financier, matériel et politique apporté par des pays qui, par ailleurs, participent à cette coalition militaire. Les engagements dans ce sens des Etats devant leurs propres opinions publiques doivent être clairs et nets, et l'ONU le garant de leur respect.
Il s’agit de conditions incontournables pour affaiblir réellement et durablement l’EI et les djihadistes qui lui ont fait allégeance et qui ne peuvent que tirer avantage comme ils ont su le faire jusqu'ici des interventions étrangères au Proche-Orient.

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