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Yémen : la guerre oubliée

Depuis le début de l'année 2015, le Yémen connaît un nouveau conflit qui s'ajoute aux attentats terroristes que subit la population. Il est urgent de tout faire pour mettre un terme à la guerre qui embrase ce pays.

Un peu moins grande que la France pour 23 millions d'habitants, la République du Yémen, située à la pointe sud-ouest de la péninsule Arabique, est un des pays les plus pauvres de la planète. En mars 2015, la rébellion d'une partie de la population vivant au nord du pays, les Houthis du nom de leur chef, provoque la chute du président Hadi, qui rejoint l'Arabie Saoudite. Les Houthis, adeptes d’une des nombreuses branches du chiisme, s'emparent de la capitale Sanaa et installent leur pouvoir. La guerre s'engage alors entre les forces du régime et les rebelles. Ces derniers sont rejoints par l'ex-président Saleh, chassé du pouvoir en 2011 par une révolution populaire. Ce nouveau conflit s'ajoute aux actions terroristes de Al-Qaïda au Yemen, et plus récemment de l’Etat islamique, qui font cause commune contre leurs ennemis communs, les Houthis et le président Hadi.

Face à ce qu'elle considère comme un danger pour ses intérêts régionaux et obnubilée par l'Iran, l'Arabie Saoudite et le Conseil de coopération du golfe, formé des six pays de la péninsule, interviennent au Yémen contre les rebelles houthis et leurs alliés. La population yéménite est frappée de plein fouet par la guerre.

Dans sa dernière communication fin août, l'ONU fait état de 10 000 morts, 30 000 blessés et 3 millions de déplacés. La crise humanitaire, notamment alimentaire, gagne du terrain. Attentat de Daech commis à Aden, bombardements saoudiens d'hôpitaux… le peuple yéménite, notamment les enfants, n'en finit pas de subir les conséquences de ce conflit.

Les Etats-Unis, pourtant alliés de l'Arabie Saoudite, et présents via des drones dans la lutte contre Al-Qaïda, se retirent peu à peu. L'intervention saoudienne n'obtient pas le résultat escompté. Si les Houthis ont reculé et essuyé des revers, les frappes de la coalition arabe n'ont pas réussi à les éliminer. Pire, les bombardements occasionnent des pertes civiles qui choquent de plus en plus l'opinion internationale.

Si on ne peut parler de guerre par procuration entre l'Arabie Saoudite et l'Iran, le risque est grand de voir, comme en Syrie, cette guerre se prolonger, attisée par les puissances régionales.

Prendre le chemin de la paix

Des pourparlers ont été entamés ces dernières semaines au Koweit mais n'ont pas abouti. « La reprise effective des pourparlers ne sera possible que si toutes les parties prenantes maintiennent leur engagement d'un accord négocié... » affirmait récemment l'émissaire de l'ONU, Ould Cheikh Ahmed.

« Il faut tout faire pour revenir à une situation pacifiée permettant la reprise du dialogue politique », tel est l'objectif commun affirmé par le Parti communiste français et le Parti socialiste yéménite lors de la rencontre entre Pierre Laurent, secrétaire national du PCF, et Dr Mohammed Al Makhlafi, vice-président général du PSY.

Pierre Laurent a insisté sur le rôle de la France pour appuyer cette exigence de dialogue et de recherche de la paix dans la région, et pour mettre un terme à l’engagement de notre pays avec des puissances régionales dans des logiques de guerre, et pour mettre fin au commerce des armes. Le PCF est disponible pour un dialogue avec le PSY et les autres forces progressistes de la région, pour appuyer le processus politique. Le PSY a rappelé que ce conflit n'a rien de religieux, et que le chemin de la paix et du dialogue ne peut progresser que si les rebelles rendent leurs armes.

Patrick Margaté
membre de la commission des relations internationales du PCF

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