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21 septembre: Promouvoir la culture de paix, c'est vouloir en finir avec le «chaos mondial»

 Le 21 septembre est chaque année, à l'initiative de l'ONU, la Journée internationale de la paix. Sans l'engagement de millions de femmes et d'hommes à travers le monde, cette journée de large rassemblement et mobilisation pour un monde d'égalité, de justice, de progrès et de solidarité passerait totalement inaperçue. Le Parti communiste français qui, au quotidien, participe des luttes et mouvements de solidarité internationale pour faire reculer les logiques de guerre, de domination, d'exploitation et de mise en concurrence des peuples, appelle à participer largement, samedi 24 septembre, aux marches pour la paix qui se dérouleront dans une vingtaine de villes en France, à l'initiative du Mouvement de la Paix et du collectif En marche pour la paix soutenu par près d'une centaine d'organisations.

Non, les guerres n'ont rien d'inéluctable en Syrie, au Yémen, en Irak ; pas plus que la violence des organisations djihadistes qui sèment la terreur et la mort en Irak, Syrie, Turquie, Afghanistan, Pakistan, Nigeria, en Europe, en Afrique ou en Amérique du Nord. Le « chaos du monde » appelle des réponses politiques et économiques globales, coopératives, avec pour objectif de s'en prendre aux causes du développement et de la diffusion des conflits, guerres et violences politiques. Il s'agit d'abord de ne pas se tromper de diagnostic. Du président Hollande à l'extrême droite de Marine Le Pen, en passant par Nicolas Sakorzy, on nous affirme en permanence que « la France est en guerre », qu'il s'agirait d'une « guerre mondiale », et qu'il faut accepter que cela « dure » longtemps, et que ce serait « une guerre à l'extérieur » autant que « à l'intérieur » du pays. Certains, avec les attentats, vont jusqu'à évoquer des risques de « guerres civiles » dans notre pays.

En réalité, ces discours et les politiques qu'ils entraînent alimentent conflits, méfiance, haine et violence plutôt que de chercher à les faire reculer. Car c'est bien près de trente ans de « guerre internationale au terrorisme » qui ont permis de multiplier par 14 le nombre de foyers « djihadistes ». Près d'un siècle de violences politiques, de guerres, d'interventions étrangères, d'occupation militaire, d'humiliation au Proche-Orient mais aussi de dictatures et de théocraties ont spolié les peuples de la région de leurs ressources et richesses et porté atteinte à leur dignité. Lorsqu'en 2010-2011, des mouvements populaires pour des réformes économiques, sociales et démocratiques ont émergé, ils furent réprimés dans le sang.

La France a, au cours de cette période, sous la présidence de Nicolas Sarkozy et François Hollande, repris place dans le commandement intégré de l'OTAN, enchaîné les interventions militaires en Libye, au Mali, en Centrafrique, en Irak, en Syrie. Et chacune de ces interventions fut un aveu d'échec ou une absence de détermination pour des solutions politiques. Les dirigeants français ont dans le même temps accru leurs ventes d'armes au Proche-Orient, à des Etats comme à des groupes djihadistes tel qu'Al-Nosra dont une partie maintenant a rejoint les rangs de Daesh. Les réponses militaires ont toutes été incapables à elles seules d'empêcher le développement de ces groupes. Et le rejet des réfugiés et migrants traités comme des criminels par de trop nombreux pays européens n'en est que plus révoltant et inacceptable.

Le PCF appelle le chef de l’État et le gouvernement de notre pays à prendre en compte l’aspiration à la sécurité globale, à la paix qu'expriment nos concitoyen-ne-s comme des millions de femmes et d'hommes dans le monde. Pour cela, il faut changer de logique et rompre avec les politiques de la peur et la logique de guerre, promouvoir la culture de la paix, c’est-à-dire élaborer démocratiquement des solutions politiques, économiques, sociales, culturelles, éducatives qui s'attaquent aux inégalités sociales et contribuent à construire un monde de justice, de solidarité, de fraternité et de paix répondant aux besoins et droits humains...

Nous proposons que la France s'engage pour que, sous l'égide de l'ONU, soit organisée une Conférence régionale pour la paix et le développement du Proche et Moyen-Orient, conférence inclusive et multilatérale qui mette aussi à son ordre du jour la question de l'évolution de l'exploitation des ressources pétrolifères et gazières.

Nous proposons que la France, plutôt que de promouvoir la relance du projet de « défense commune » au plan européen, prenne une initiative pour faire de l'Europe un espace exempt d’armes nucléaires et agisse pour l’élimination des armes nucléaires et de destruction massive et un traité d’interdiction et d’élimination des armes nucléaires, pour diminuer et contrôler la vente d'armes, et pour engager des projets de sécurité et coopération communes, de développement économiques mutuellement bénéfiques entre États membres de l'UE et entre l'UE et son voisinage est-européen ainsi qu'avec les pays d'Afrique, du Maghreb et du Proche-Orient. Plutôt que de créer un nouveau fonds pour l'industrie de la défense, l'UE devrait investir massivement dans le développement humain, social et écologique.

Les politiques d'austérité sont non seulement incompatibles avec une politique de paix et de sécurité globale mais elles en sont les obstacles majeurs : appauvrir les économies nationales et les peuples, affaiblir les puissances publiques et mettre en concurrence les individus mène à l'instabilité de longue durée. Le secrétaire général des Nations unies à l’occasion de la journée internationale de la paix l'a souligné avec responsabilité en appelant à mettre en œuvre les Objectifs de développement dont la réalisation est indispensable à la paix car indissociables d'elle : « Lorsque les gens se sentent capables de subvenir aux besoins de leur famille, lorsqu’ils ont accès aux ressources dont ils ont besoin pour vivre en bonne santé et lorsqu’ils se sentent intégrés dans leur société, les conflits sont moins susceptibles de surgir. » Il est donc grand temps, monsieur Hollande, puisque d'aucuns vous ont attribué un prix d' « homme d’État mondial »... d'en faire la véritable démonstration, et de faire le choix du développement humain, social et écologique, de la coopération, de la solidarité internationale, et donc de la culture de paix.

Parti communiste français
Paris, le 21 septembre 2016.

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