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Sauvegarder, renforcer, réformer l’ONU

Face aux défis et aux crises auxquels est confronté notre monde au XXIe siècle, face au désordre planétaire engendré par les politiques du néolibéralisme globalisé, il n’est d’autre chemin que la construction d’un nouvel équilibre mondial fondé sur les principes contenus dans la Charte des Nations unies dont nous venons de célébrer le 70e anniversaire. L’humanité ne peut se passer de l’ONU qui elle est la seule institution internationale légitime de par sa composition universelle.

 

Quelle évaluation peut-on faire de l’ONU aujourd’hui ?

Depuis 70 ans, des acquis importants sont à mettre à son actif : l'adhésion de la quasi-totalité des Etats du monde à l'organisation, son rôle dans le combat des peuples colonisés pour leur émancipation, l'action auprès des réfugiés, l’élaboration d'un droit international, la négociation de traités multilatéraux sur les droits de l’homme, le désarmement, les questions pénales ou l’environnement (l’ONU est actuellement dépositaire d’environ un millier de traités et conventions multilatéraux), la réunion de grandes conférences fixant des normes et impliquant des engagements dans tous les domaines, les opérations de maintien ou de consolidation de la paix. Il faudrait aussi détailler les succès considérables dans leurs domaines respectifs des agences de l’ONU, telles que l’organisation mondiale de la santé (OMS), l’Unesco, l’Unicef, l’organisation internationale du travail (OIT), etc.

Pourtant, en dépit de ces acquis, force est de constater que dans le domaine de la paix et de la sécurité internationale, l’ONU n’a pas atteint les objectifs évoqués dans le préambule de la Charte : « maintenir la paix et la sécurité internationale, accepter des principes et instituer des méthodes garantissant qu’il ne sera pas fait usage de la force des armes sauf dans l’intérêt commun, recourir aux institutions internationales pour favoriser le progrès économique et social de tous les peuples ».

Au lieu de fustiger l’incapacité de l’organisation, il convient d’analyser les causes de cet échec. Si l’on prend les phases historiques successives des 70 dernières années – la guerre froide, la décolonisation, puis l’unilatéralisme de l’hyperpuissance US et de nos jours la catastrophique mondialisation néo-libérale –, on peut facilement démontrer que la Charte a été systématiquement violée par les grandes puissances qui ont voulu soit instrumentaliser soit contourner l’ONU au bénéfice de leurs intérêts particuliers. Les échecs de l’ONU sont dus au non-respect de la Charte qui refuse l’emploi des armes, et ce sont les gouvernements, en particulier ceux des Etats les plus puissants, qui en portent la responsabilité. Il ne faut pas non plus oublier de souligner l’abîme existant entre les moyens mis à disposition de l’ONU et les sommes consacrées aux dépenses d’armement.

Quelles évolutions de l'ONU ?

Pour sauvegarder l’ONU et lui permettre de remplir ses missions, il faut que les peuples s’en mêlent et obligent leurs gouvernements à respecter les principes de la Charte et les engagements pris en commun. Afin d’assurer la pérennité et l’efficacité de l’ONU, il faut aussi agir pour la renforcer et la réformer.

Il s’agit d’abord d’élargir les moyens et les champs d’intervention de l’organisation : dans le domaine économique, il faut intégrer dans le système institutionnel de l’ONU les organisations financières et commerciales telles que FMI, Banque mondiale et OMC : ainsi pourrait-on les mettre au service du développement de tous. Dans le domaine de la prévention des conflits et du maintien de la paix, il faut refuser que l’ONU délègue cette mission et donc réfléchir à accroître les moyens propres, matériels et politiques, de l’organisation.

Il s’agit ensuite d’améliorer le fonctionnement de l’ONU par des réformes institutionnelles corrigeant la prédominance des pays développés dans les mécanismes de prise de décision. Cela concerne entre autres la composition du Conseil de sécurité, l’usage du droit de veto, le renforcement des pouvoirs de l’Assemblée générale et du Conseil économique et social, le rôle du Secrétaire général.

Il s’agit enfin d’ouvrir davantage l’organisation sur ce qu’on appelle parfois la « société civile », toutes ces ONG et associations engagées dans la défense de la paix, des droits de la personne humaine ou du développement durable, qui pourraient remplir des missions d’alerte, de prévention, de médiation ou de contrôle.

L’ONU est un bien commun des peuples ; défendons-là pour qu’elle puisse jouer tout son rôle à leur service !

Alain Rouy
Membre de la commission des relations internationales du PCF

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