Accueil
 
 
 
 

L'eau: bien commun de l'humanité

La rencontre internationale organisée à la veille du 37e congrès du PCF répond à la nécessaire poursuite du dialogue avec les forces progressistes pour changer le monde. Il est utile de vérifier, avec toutes les forces disponibles, le niveau de convergences alternatives possibles face aux choix courtermistes des forces capitalistes mondialisées.

 

En effet, le capitalisme, dont le but final est le profit immédiat, produit par ses actes productivistes des dégâts humains et environnementaux toujours plus dévastateurs pour l'humanité et la planète. Une vision commune pour un monde de coopération, solidaire et émancipatrice pour les peuples est à l'ordre du jour. Nous la nommons : développement humain durable.

Pour le Parti communiste français, ces deux dernières années, l'enjeu climatique a structuré le contenu de nos combats écologiques au plan international. Après l'accord de Paris et les premières ratifications à l'ONU, ce thème conserve sa pleine actualité. Comme nous l'avons dit « tout est inscrit mais tout reste à faire». C'est vrai ici, en France et en Europe, comme partout à l'échelle du monde. L'urgence est de réduire progressivement et massivement l'utilisation des énergies carbonées pour limiter le réchauffement climatique en dessous de 2°C. Les mobilisations politiques communes doivent prendre de l'ampleur pour que les pays riches et industrialisés, principaux pollueurs et responsables des émissions de gaz à effet de serre, respectent leurs engagements financiers et facilitent le transfert de technologies avec les brevets associés à l'égard des pays en développement.

Les effets du réchauffement climatique peuvent s'avérer dramatiques pour des régions entières soit sous la forme de sécheresses ou bien de phénomènes pluvieux extrêmes. Dans ces deux situations l'accès à l'eau est problématique et peut conduire à l'insécurité alimentaire.

Sans eau pas de vie

L’eau est indispensable à la production alimentaire. L’agriculture est actuellement, et de loin, la première utilisatrice, absorbant 70 % de la consommation totale. Cet enjeu est crucial mais le problème réside surtout dans certains modes de production intensive de l’agriculture par l’utilisation importante d’engrais de synthèse et de produits phytosanitaires.

Agir pour une répartition équitable de l'accès à l'eau est une nécessité. Aujourd'hui dans le monde, 1,4 milliard de personnes sont privées d’eau potable, tandis que plus de 5 milliards n’auront sans doute pas accès à un système d’assainissement décent, d’ici 2030. Seulement 3 % d’eau non salée sont disponibles et consommables sur la planète dans les conditions technologiques et économiques actuelles. Cela demande donc d’être économe dans son utilisation et d’agir à toutes les étapes – de son prélèvement à son retour dans le milieu naturel – pour la protéger des agressions polluantes. La pollution de l'eau par le pétrole de l'entreprise américaine Texaco-Chevron en Equateur est à ce sujet édifiante.

L'eau est aussi au cœur de conflit de territoires comme pour la Palestine sous occupation de l’Etat d'Israël ou bien dans le cas de la construction de barrages pour l'irrigation et la production d'électricité pour les dix pays africains traversés par le Nil. Nous sommes solidaires de tous les peuples qui luttent pour le respect du présents dans le monde droit à l'eau.

Le capitalisme vert

Le capitalisme est à l'offensive sur le terrain des profits environnementaux. La France, avec ses multinationales (Suez-Lyonnaise des eaux, Veolia-Générale des eaux) et le groupe Saur, est très présente dans le monde, au moins là où les populations sont solvables. Nous sommes bien loin de l'idée de service public comme l'a montré l'Argentine dans le conflit qui l'opposait à Suez.

Puisque l’eau est vitale au développement humain alors elle ne peut et ne doit pas être considérée comme une marchandise. C’est un bien commun de l’humanité et elle doit donc être soustraite des griffes des marchés. Alors développons ensemble des luttes convergentes pour une appropriation publique et citoyenne de l'eau à l'échelle du monde.

Hervé Bramy
Responsable du pôle Ecologie du PCF

Il y a actuellement 0 réactions

Vous devez vous identifier ou créer un compte pour écrire des commentaires.