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La solidarité des communistes avec l'Amérique latine

Les victoires de la gauche en Amérique latine ont changé la vie de millions de personnes avec l'affirmation d'une démocratie avancée indissociable du combat contre la pauvreté et des inégalités et l'adoption des droits nouveaux. Les vieux partis partisans du libéralisme qui semblaient assommés et désorganisés perdaient élection après élection. Avec le soutien de Washington, celui de la droite européenne et leurs fondations, les classes dominantes ont pu reconstruire des oppositions. Elles se sont mises à l'offensive cherchant les flancs les plus faibles des expériences progressistes et ont su profiter des conséquences de la crise sur des économies qui restent dépendantes des marchés internationaux.

 

Les coups portés par la droite contre la gauche lors des élections en Argentine et au Venezuela, le coup d’État déguisé qui cherche à imposer la destitution de la présidente Dilma Rousseff au Brésil, l'issue de la bataille juridique que la transnationale Chevron-Texaco livre contre les victimes de la catastrophe qu'elle a causé en Équateur et le sabotage de l’extrême droite contre la paix en Colombie pourraient changer le rapport des forces en Amérique latine avec des reculs importants sur les plan politique, économique, social et aussi pour les projets en faveur d'une intégration régionale de coopération et de paix.

Au Pérou, au Chili et en Amérique centrale les forces de gauche avancent, des mouvements sociaux résistent. En Uruguay et au Chili elles essayent de gagner des droits nouveaux et de pousser plus loin les changements, à Cuba les forces révolutionnaires essayent d'imaginer un socialisme rénové tout en continuant à se battre pour que le blocus soit levé, que le pays retrouve la souveraineté sur le territoire de Guantánamo.

La solidarité qui s'est exprimée avec les processus de transformation tout le long de ces quinze années mettait en avant les progrès accomplis en faveur des peuples et de leur souveraineté face à l’hégémonie étasunienne. Elle permettait de mettre en évidence la possibilité d'une alternative au libéralisme, de la contestation du capitalisme mondialisé et d'amener les peuples et les forces de transformation à converger dans des luttes et initiatives communes. Cette solidarité s'est exprimée dans les deux sens avec la solidarité de la gauche latino-américaine avec les luttes des peuples européens face à la crise.

Avec l'exacerbation de la confrontation entre la gauche et les forces liées aux classes dominantes, cette recherche de convergences et la dénonciation des agissements de la droite qui, alliée aux transnationales et au capital financier qui sont dans l'impossibilité de recourir aux coups d’État militaires, utilisent le pouvoir des médias pour discréditer les gouvernements, créent les conditions pour la déstabilisation des gouvernements pour faire tomber les gouvernements avec ce qu'on peut appeler des coups d’État institutionnels. C'était le cas en Honduras en 2009 et au Paraguay en 2012 et maintenant au Brésil, au Venezuela et en Argentine.

Face à des enjeux qui sont énormes pour cette région qui jusqu'ici a été une exception dans un monde en crise, les forces progressistes essayent de mobiliser les opinions publiques de chaque pays pour que la solidarité des peuples s'exprime. Le PCF est pleinement engagé dans cette solidarité.

Solidarité avec le Venezuela

Le renouvellement en mars dernier par Barak Obama de « l'Ordre exécutif », sorte de décret présidentiel émis en 2015 qui déclare le Venezuela comme une « menace inusuelle et extraordinaire pour la sécurité nationale et la politique extérieure » des États-Unis surprend par son côté excessif et contraste par son arrogance avec le discours de Barak Obama lors de son récent séjour à La Havane.

Le décret présidentiel établit des sanctions et des restrictions financières contre des personnalités et des entreprises et institutions liées de près ou de loin au gouvernement venezuelien. Ces sanctions peuvent par exemple toucher la Banque centrale venezuelienne ou la compagnie pétrolière PDVSA. Déclarer le Venezuela une « menace pour la sécurité » est quasiment lui donner le statut de pays candidat à une intervention directe.

La gauche venezuelienne a lancé une campagne internationale d'information et de dénonciation de la politique interventionniste des États-Unis. Le PCF a répondu à cet appel en participant aux initiatives prises le 19 avril, journée internationale contre « l'ordre exécutive » d'Obama et compte continuer à exprimer sa solidarité avec la révolution bolivarienne. En mai 2013, Pierre Laurent, secrétaire national du PCF, a conduit une délégation en pleine offensive de la droite qui exigeait violemment le départ de Nicolas Maduro à peine élu à la présidence.

Argentine: victime de la politique libérale

En Argentine, 40 000 personnes ont été licenciées pendant les premiers jours du mandat de Mauricio Macri, la monnaie a été dévaluée de plus de 30 %, les prix ont augmenté de manière brutale et la répression des mouvements sociaux revient à l'ordre du jour. La Loi de démocratisation des médias a été démantelée pour la joie des grands groupes de presse et le nouveau gouvernement a cédé devant les Fonds spéculatifs qui n'ont pas accepté la réduction substantielle de la dette négociée entre 2002 et 2005. Ce sera une fois de plus aux salariés argentins de payer cette partie de la dette illégitime qui avait pourtant été déjà négociée avec plus de 90 % de créanciers.

Les gouvernements progressistes de Nestor Kirchner et de Cristina Fernandez ont toujours revendiqué leur proximité avec ceux qui ont résisté à la dictature. Ils se sont attaqués à l'impunité dont bénéficiaient les tortionnaires de la dictature et ont créé des institutions pour la transmission de la Mémoire et la Vérité. Le gouvernement Macri s'est très vite attaqué à ces institutions en licenciant une partie de son personnel et en recevant les représentants des militaires accusés de crimes contre l'humanité. Sur le terrain international, Mauricio Macri se montre bien plus conciliant avec l'attitude néo-colonialiste de la Grande-Bretagne qui occupe les Îles Malouines et qui se refuse à respecter la résolution de l'ONU qui appelle au dialogue pour une solution.

Non à l'impunité de Chevron-Texaco

Le Parti communiste français a exprimé sa solidarité avec le peuple argentin à travers la participation du sénateur Michel Billout, aux côtés de Daniel Filmus, le Secrétaire d’État chargé des Malouines sous le mandat de Cristina Kirchner, à la rencontre « Malouines, 50 ans d'efforts pour la paix ». Plus récemment, le PCF a exprimé sa solidarité avec Milagro Sala, député du Front pour la Victoire, incarcéré sur ordre du gouverneur de Jujuy à peine quelques jours après l'investiture de Mauricio Macri en représailles pour son action militante.

En Equateur, les victimes de la catastrophe environnementale causée par la transnationale Chevron-Texaco continuent à se battre pour obtenir un dédommagement et exigent la décontamination de la région affectée par l'activité de la transnationale entre 1964 et 1990. Les dégâts sont d'une magnitude cinq fois supérieure à ceux causés par British Petroleum dans le Golfe du Mexique et 30 fois plus importants que ceux du Exxon-Valdez en Alaska. C'est-à-dire que 80 000 tonnes de déchets toxiques ont été déversés sur deux millions d’hectares de la région amazonique de ce pays. Chevron-Texaco se refuse à reconnaître la décision de la justice équatorienne qui l'a condamné en 2011 à payer 19 milliards de dollars d'indemnisation et a réussi à faire que le Tribunal de la Haye ramène ce chiffre à neuf milliards que de toutes façons la transnationale refuse de payer. Une victoire a été obtenue l'année dernière avec la décision de la Cour suprême de justice du Canada qui a décidé que les victimes peuvent demander à Chevron-Texaco réparation sur le territoire canadien confirmant ainsi la validité de la décision prise par la justice équatorienne.

Le PCF participe activement à la campagne menée par les organisations des victimes de Chevron-Texaco. La sénatrice Michèle Demessine a accueilli en juin 2014 au Sénat une conférence, en direction de la presse, de l'avocat des victimes Pablo Fajardo et Pierre Laurent a pu se rendre en décembre 2014 en Equateur dans la région de Sucumbios pour témoigner de cette catastrophe. Le sénateur communiste s'est aussi adressé à la Ministre des affaires sociales pour dénoncer les investissements du Fonds de réserve pour les retraites (FRR) dans les actions de Chevron-Texaco.

Comme chaque année, le 21 mai participe à l'organisation de la « Journée internationale anti-Chevron » pour réclamer justice et réparation pour les victimes et pour l'environnement.

Pour la paix en Colombie

En Colombie, la signature d'un accord de paix semble possible après quatre années de dialogues entre les Forces armées révolutionnaires de Colombie et le gouvernement de Juan Manuel Santos. Des accords ont été réalisés sur des questions essentielles : politiques agraires, participation politique, alternatives à la production des drogues et droits des victimes. Les mécanismes nécessaires et modalités pour l'abandon des armes et la question de savoir si les accords devaient être seulement signés ou soumis à un référendum ou bien signés avant le début d'un processus de révision de la constitution sont encore en débat.

La possibilité de la paix reste menacée par les groupes paramilitaires qui continuent à semer la mort et par la droite la plus extrême qui reste mobilisée contre toute négociation. Pour que la paix devienne une réalité, les militants des organisations de la gauche politique et sociale colombiennes se mobilisent malgré les menaces, les assassinats et les persécutions.

Le PCF fait partie des forces qui soutiennent ces efforts sur le plan international en participant aux différentes initiatives organisées en France, avec des interventions parlementaires ou l'envoi des délégations comme ce fut le cas avec la participation de Laurent Péréa, membre du Conseil national, au congrès du Parti communiste colombien, à celui de la Marche patriotique et encore au prochain Forum de Sao Paulo. Cette présence est une forme de témoignage et un message de solidarité des communistes avec les forces progressistes et les défenseurs des droits de l'Homme de Colombie.

Obey Ament
Membre de la commission des relations internationales du PCF – Amérique latine

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