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Un autre monde est (toujours) possible, et il est même nécessaire

« Le monde dans lequel nous vivons se trouve dans une situation dangereuse. Nous sommes pris dans un projet d'austérité qui est conduit par des idées que nous appelons néo-libérales qui risquent de nous amener à la catastrophe.

Ces pratiques néo-libérales ont entraîné dans la misère des millions de personnes, de la Grèce au Portugal, avec une petite minorité qui s’enrichit de manière honteuse. Nous approchons d'une période de désespoir et avec le désespoir c'est l'extrême droite qui en profite.

Certains d'entre nous nous rappelons ce que cette extrême droite a pu faire. Il faut, dans cette période de désespoir, apporter de l'espoir, et dire qu'un autre monde est possible et même nécessaire »

C'est par ces mots, qu'au soir du 22 mai, au moment même où les Autrichiens et les peuples européens attendaient de savoir si, pour la première depuis 1993 en Allemagne, l'extrême droite allait, par les urnes, conquérir le pouvoir dans un pays européen, le réalisation Ken Loach remercia le jury du Festival de Cannes de récompenser d'une Palme d'Or son film « Moi, Daniel Blake ».

Ce film raconte l'histoire d'un homme d'une cinquantaine d'années, chômeur, piétiné par une organisation sociale qui méprise les êtres et élève le profit et la concurrence au rang de divinités immanentes.

Cet homme, ce peut être vous, votre frère, votre mère, votre ancien copain d'école, cette collègue perdue de vue après un plan social, ce voisin qui quitte l'immeuble parce qu'il ne peut plus payer le loyer, ou la femme de ménage de votre bureau qui doit aligner les heures de nettoyage chez les particuliers pour compléter un salaire mensuel qui n'atteint pas le Smic, c'est auss cette jeune femme tant de promesses avec son diplôme et qui enchaînera les contrats précaires et petits boulots au noir jusqu'à ce que la maladie la rattrape.

Cet homme, c'est nous, les 99 %.

Comme Daniel Blake, nombre de femmes et d'hommes relèvent pourtant la tête.

En Tunisie, ces femmes et ces hommes ont écrit ensemble une nouvelle page de l'histoire en renversant en quelques années un dictateur, puis les forces obscurantistes qui cherchaient à leur voler leur révolution. Au Burkina Faso, ces femmes et ces hommes ont chassé un autocrate, déjoué un coup d'État aux soutiens régionaux.

Au Mexique, dans des villages reculés, ces femmes et ces hommes se battent pour le droit à l'eau potable contre les mafias, la police criminelle, des politiciens véreux et des entreprises pollueuses. Au Japon, ces femmes et ces hommes luttent contre les va-t-en guerre qui poussent au surarmement et à la participation aux interventions militaires « occidentales ».

En Équateur, depuis plus de 50 ans, des femmes et des hommes se dressent contre l'une des plus grosses multinationales, Texaco-Chevron, qui tué 30 000 personnes et saccagé une partie de la forêt amazonienne par l'extraction forcenée du pétrole.

En Grèce, ces femmes et ces hommes, humiliés et ruinés par une crise dont ils ne sont pas responsables, ils se mobilisent pour sauver de la mort et accueillir des migrant-e-s et réfugié-e-s qui fuient la guerre, la dictature ou la misère et que le gouvernement du sanguinaire Erdogan en Turquie laissent dans le désespoir. En Turquie, précisément, ces femmes et ces hommes résistent à l'une des plus terribles violences d'État, au pilonnage de leurs villes, aux pogroms, et au déchaînement de haine des intégristes qui mettent déjà à feu et à sang l'Irak et la Syrie.

En Palestine, ces femmes et ces hommes, depuis près de 70 ans, refusent la colonisation et l'occupation et cherchent à ouvrir le chemin de la paix et de la justice.

En Irlande, en Espagne, au Portugal, en Grande-Bretagne, en Grèce, ces femmes et ces hommes combattent l'austérité et l'autoritarisme qui l'accompagne. À Paris, en décembre 2015, des centaines de milliers de femmes et d'hommes sont venus proclamer leur détermination à changer un système qui écrase le vivant et dérègle le climat.

Et depuis 3 mois, en France, ces femmes et ces hommes se sont mis en mouvement contre un projet de loi façonné par le grand patronat du CAC40 dont les PDG, pendant ce temps, s'accordent des augmentations de salaires démentielles.

Les 1 % sont d'autant plus violents qu'ils ont peur, d'autant plus arrogants que leur monde vacille.

Les peuples n'ont pas dit leur dernier mot, et solidaires, les femmes et les hommes qui luttent pour l'égalité, la justice, la paix et la démocratie ont plus de vision d'avenir que tout le conseil d'administration de Coca-Cola ou que les actionnaires et dirigeants de Google, Apple, Facebook et Amazon qui cherchent à façonner le monde à leur soif de rentabilité et de contrôle.

L'espoir ne demande qu'à renaître lorsqu'à l'unisson, de Paris à Bamako, de La Paz à Tokyo, de Fergusson à Athènes, nous affirmons, ensemble : « #OnVautMieuxQueÇa »

Lydia Samarbakhsh
Responsable du secteur international du PCF

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