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Palestine : stopper le soutien complice à la colonisation et l'occupation

Dès son entrée en fonction de ministre des Affaires étrangères et du développement international, Jean-Marc Ayrault a cru bon de «rassurer» Benjamin Netanyahou sur la énième initiative française de paix, initiée par Laurent Fabius avant son départ pour le Conseil constitutionnel. Revenant sur les principes démocratiques fondamentaux des votes du Sénat et de l'Assemblée nationale, en décembre 2014, reconnaissant l'État palestinien – et laissés lettres mortes depuis, par le président Hollande – l'ancien premier ministre s'empressait d'affirmer que, même en cas d'échec de cette nouvelle tentative, la France «ne reconnaîtrait pas automatiquement l'État de Palestine». C'était, avant même d'engager tout effort, jeter le gant. Il n'y a donc rien d'étonnant à ce que le chef de l'Exécutif israélien se soit permis, le jour même où la France annonçait officiellement la tenue d'une conférence à Paris le 30 mai prochain, de dire «non» à la démarche française.

Le message de Netanyahou ne souffre aucune ambiguïté: avec son gouvernement d'extrême droite, il poursuit sans relâche, et à un rythme soutenu, la colonisation des territoires palestiniens, l'encerclement des villes et villages palestiniens pour morceler le territoire de Cisjordanie: après l'avoir coupée de Gaza, il s'agit d'accélérer un plan prévu de longue date, celui de mettre le monde devant le fait accompli d'une colonisation totale et de rendre «impraticable» la seule solution viable pour une paix juste et durable, la solution «deux peuples – deux États». Pour appuyer ce processus destructeur, le premier ministre israélien fait régulièrement bombarder Gaza dont les habitants n'en peuvent plus – du fait du blocus et des interdictions de sortie du territoire même lorsqu'ils sont porteurs de visas et d'invitations officielles à se rendre à l'étranger. Il multiplie les humiliations des populations de Cisjordanie: la révolte d'une jeunesse désespérée qui se sent, à juste titre, trahie et abandonnée de tous, se traduit en quelques mois par plus de 240 morts côté palestinien dont des exécutions sommaires au nom de la «lutte contre le terrorisme», des centaines d'arrestations – pour beaucoup d'enfants – et de harcèlement permanent des populations de Cisjordanie et Gaza.

Les colons et le pouvoir israélien ont choisi depuis longtemps la carte du pourrissement et de la violence permanente. En en rabaissant sans cesse face au pouvoir colonial israélien, jusqu'à se contredire eux-mêmes quant à leurs prétendus grands principes de défense des droits humains et du droit international, la France, les États-Unis, l'Union européenne ont perdu tout poids aux yeux des colons israéliens et du gouvernement à leur service. Et pendant ce temps, les peuples palestinien et israélien (l'occupé et l'occupant) demeurent privés de toute perspective d'avenir.

Le gouvernement israélien a trouvé dans ses complices par lâcheté et cynisme, d'ardents militants dans les gouvernements européens. En France, au plus haut niveau de l'État, des encouragements répétés à la ligne Netanyahou ont pris la forme d'une campagne systématique de criminalisation (grâce aux circulaires Alliot-Marie et Mercier) des pacifistes et acteurs de la solidarité internationale en maniant les amalgames, les insultes et une féroce répression. Pendant ce temps, de nombreux jeunes Français-es, binationaux, incorporent l'armée israélienne pour «servir dans les territoires», c'est-à-dire sécuriser l'avancée coloniale et mener une des pires guerres coloniales, longue de plus de 60 ans, de notre histoire.

Le Parti communiste français dont les membres sont résolument engagés pour la paix, la solidarité, la justice et le développement partagé engage, à l'occasion de son 37e Congrès, une campagne vidéo pour accroître la mobilisation populaire en faveur de sanctions immédiates – par la suspension sine die des Accords d'association UE-Israël – et la reconnaissance de l'État palestinien. Une délégation de haut niveau, conduite par son porte-parole Olivier Dartigolles, se rendra cet été sur place pour exprimer son soutien et développer son action avec les pacifistes et progressistes palestiniens et israéliens.

Collectif PCF-Palestine
article paru dans Communistes du 11 mai 2016
 

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