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Djibouti • Le PCF solidaire des femmes en lutte contre un régime de terreur

Le dictateur djiboutien Omar Guelleh n’a jamais gagné une élection. Au soir du 8 avril, il vient pourtant d’être déclaré «réélu» pour un 4e mandat avec 86% des voix! Ce miracle doit beaucoup au sentiment de toute-puissance et d’impunité dont le régime se prévaut. Situé à l’entrée de la mer Rouge, Djibouti bénéficie d’un positionnement tel que ce pays a le privilège d’accueillir des bases militaires française, américaine, japonaise et, dans quelques mois, chinoise.

Les autorités françaises pourraient dans ce contexte rivaliser d’imagination et de créativité, et s’extirper de décennies marquées par les affres du colonialisme et de la Françafrique. Elles pourraient construire une relation d’égal à égal assurant un avenir au peuple djiboutien. La France aurait tout à y gagner, y compris dans le jeu sous-régional. Mais c’est sûrement trop demander à un gouvernement enfermé dans des vieux réflexes et obnubilé par une diplomatie à seule visée économique et de court terme. Le 22 mars, quelques jours avant le «scrutin», le récent ministre des Affaires étrangères, Jean-Marc Ayrault, prenait soin de déclarer le «soutien de la France au développement de Djibouti». Le message est limpide.

Déjà en 2013, le Parlement français avait autorisé la ratification d’un traité de coopération de défense avec Djibouti, hérité de la période Sarkozy. Ce texte a été expédié selon la procédure simplifiée qui rend impossible tout débat. Sans publicité, loin des caméras, voilà comment au nom du peuple sont votées des décisions qui engagent la France. Les parlementaires communistes ont été les seuls à ne pas voter l’accord de défense et à s’y opposer.

La Françafrique, dont on annonce régulièrement la fin, est toujours vivace. Hasard des calendriers, une salve de «scrutins présidentiels» est organisée dans 4 dictatures du «pré-carré» français, là où se situent les implantations militaires tricolores, comme à Djibouti, au Tchad et au Gabon, ou au Congo Brazzaville, temple des réseaux corrompus. A eux quatre, ils ont le privilège de se compléter pour avoir eu recours à toute la panoplie des crimes et délits: des biens mal acquis, des crimes économiques, des fraudes électorales, jusqu’aux assassinats et à la pratique de la torture.

Djibouti se distingue pour l’organisation de viols en série, notamment de la part des forces armées, contre des femmes de l’ethnie Afar. Face à la rébellion du Front pour la restauration de l’unité et la démocratie (FRUD) qui lutte contre la dictature, le régime se venge sur les populations civiles, et particulièrement les femmes.

C’est dans ce contexte qu’une dizaine de femmes réfugiées du «Comité des djiboutiennes contre les viols et l’impunité» ont fait une grève de la faim pour exiger l’arrêt et la condamnation des violences. Elles ont répertorié près de 250 cas de viols. Par leur lutte, elles ont porté avec courage l’exigence que soient punies comme un crime toutes les atteintes à l’intégrité des femmes.

Le Parti communiste français leur a apporté son soutien. Elles ont aussi reçu la visite des parlementaires communistes-Front de gauche, Marie-Christine Vergiat, Marie-George Buffet et Laurence Cohen.

Il serait temps que gouvernement français (dont une délégation était annoncée pour le 11 avril auprès des grévistes de la faim) et l’Union européenne réorientent leur diplomatie afin de soutenir une résolution du conflit armé larvé entre le FRUD et le régime de Djibouti qui perdure depuis 24 ans, malgré deux accords de paix. Mettre fin aux massacres, arrestations et tortures, et aux viols des femmes Afar par l’armée du régime est une urgence.

Collectif Afrique du secteur International du PCF
article paru dans Communistes du 13 avril 2016

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