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Venezuela: la droite emporte les législatives, la gauche prépare la résistance

Les élections législatives du 6 décembre ont donné une majorité des trois cinquièmes à l’opposition réunie dans la « Table ronde unie démocratique » MUD. Avec ses 112 sièges contre 55 pour la coalition du Parti socialiste uni - Parti communiste du Venezuela -, la droite aura la possibilité de s’attaquer à tous les acquis de la révolution bolivarienne. Elle pourra organiser un référendum pour réclamer la révocation du président Nicolas Maduro qui reste un obstacle à la restauration néolibérale, ou bien modifier la Constitution de 1999, ce qui demanderait l’élection d’une assemblée constituante. L’opposition pourra aussi adopter ou abroger des décrets et lois : ses premières cibles seront la loi du travail et la loi des « Prix justes ». L’avenir de la compagnie nationalisée pétrolière PDVSA, qui gère les réserves les plus importantes au monde, vient aussi de passer entre les mains des groupes qui avaient fait du pétrole leur butin à l’époque du néolibéralisme.

Cette élection a été préparée de longue date par l’opposition et ses alliés américains avec des manifestations d’une grande violence de la droite qui essayait d’exploiter le malaise créé par les problèmes économiques du pays et demandait le départ du président Nicolas Maduro élu en 2013. Une aide millionnaire a été apportée par les États-Unis et par ses fondations pour les formations anti-chavistes et des campagnes de désinformation. Barack Obama lui-même a contribué à cette offensive de déstabilisation en décrétant le Venezuela comme une « menace inusuelle et extraordinaire ». Son secrétaire d’État John Kerry a exigé la présence d’observateurs internationaux avant même le scrutin pour crédibiliser l’idée d’une menace de fraude, idée reprise par l’Organisation des États américains, sorte de Proconsulat états-unien dans la région. Pour rajouter à la tension, le gouvernement de droite récemment élu dans la Guyana voisine a permis l’exploitation du pétrole présent dans un territoire frontalier que le Venezuela réclame comme le sien.

Tout a été fait pour aggraver la situation économique propre d’un pays qui n’a pas encore pu quitter sa condition rentiste et dépendante de ses exportations de pétrole et des importations de biens de consommation. Les pénuries et l’accaparement se sont accentués avec la contrebande de produits subventionnés et la spéculation avec la monnaie vénézuélienne organisées à la frontière avec la Colombie avec la complicité des groupes paramilitaires, entrepreneurs, autorités colombiennes et fonctionnaires vénézuéliens corrompus. Le trafic d’essence représente 16 millions de litres par jour, une perte pour le Venezuela de 1,9 milliard de dollars. La spéculation a été organisée avec le trafic de billets de 100 bolivars échangés côté colombien contre 140 bolivars qui servent pour l’achat côté vénézuélien.

Les Vénézuéliens ont voté, cherchant une solution durable à leurs problèmes, la fin des pénuries, l’insécurité, la corruption. La droite n’a pas de programme alternatif et ne pourra répondre à ces exigences que par des politiques d’austérité et de remise en cause des droits conquis. Elle essayera de concentrer ses énergies dans une confrontation avec le président Nicolas Maduro en essayant de l’obliger à se démettre et pouvoir régner sans conteste.

La gauche vénézuélienne reste la première force politique du pays avec 40,8 % des voix, face à une opposition composée de dizaines de partis. Loin de se laisser abattre, elle se met en ordre de bataille pour défendre la révolution bolivarienne. La gauche, a déclaré Nicolas Maduro, ne permettra pas que la droite et la bourgeoisie livrent la souveraineté, l’indépendance et la justice construites ces dernières années.

Obey Ament, Relations internationales du PCF
article paru dans Communistes du 16 décembre 2015

 

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