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Le risque est sérieux d'une fuite en avant vers une nouvelle phase de l'internationalisation du conflit syrien

Le chef de l’État confirme aujourd'hui son intention d'engager la France dans des opérations militaires aériennes en Syrie. Pourtant l'expérience de l'engagement de la coalition dirigée par les États-Unis en Irak et en Syrie n'a pas fait la preuve de son efficacité et les près de 3 000 frappes aériennes n'ont pas empêché Daesh d'avancer jusqu'à Ramadi (Irak) ou Palmyre (Syrie). Les seuls reculs véritables infligés par Daesh l'ont été au sol par les forces combattantes d'Irak et de Syrie, forces kurdes en particulier – dont celles que la Turquie bombarde depuis la fin du mois de juillet.

Certaines sources lient le revirement stratégique de François Hollande en Syrie à l'inquiétude américaine de voir la Russie s'engager directement dans le conflit syrien. Cette nouvelle décision d'engagement d'opérations extérieures de la France ne peut être prises sans que les véritables buts de guerre ne soient explicites ; s'agit-il de stopper l’État islamique et de travailler à la concrétisation du processus de négociations retenu à l'unanimité mi-août par le Conseil de sécurité pour instaurer la paix en Syrie, ou s'agit-il à la faveur du combat contre l’État islamique de faire pression sur l'un des protagonistes du conflit, le dictateur Bachar Al-Assad ?

Le risque est sérieux d'une fuite en avant vers une nouvelle phase de l'internationalisation du conflit syrien alors que le moment et le drame vécu par les Syriens exigent de mettre toute l'énergie de toutes les forces en présence pour stopper Daesh et créer les conditions de la paix et de la transition politique en Syrie

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