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politique exterieure de la france : la fin d’une vision universelle ?

« Enfin, la France, et vous le savez, est une nation indépendante et souveraine, tout en étant fidèle à ses alliances. C’est cette disponibilité de la France pour le monde qui est finalement mon vœu le plus cher pour cette nouvelle année ».
Ces deux phrases concluant l’allocution présidentielle résument avec solennité toutes les pensées et arrière-pensées de François Hollande dans ses rapports au monde.
Tout à la fois son attachement indélébile à l’alliance atlantique, un pilier, et ce qu’elle implique pour l’Union Européenne, et un relent de fierté nationale, et une justification triomphante de tout l’interventionnisme extérieur, amplifié de quelle manière depuis son arrivée à la tête de l’Etat.
François Hollande fait reposer l’action extérieure de la France sur trois « principes » :
LE PRINCIPE DE PAIX qui justifie la politique interventionniste et les options militaires successives, réalisées ou souhaitées en Afrique subsaharienne et au Proche-Orient, et même un conseil sur une tonalité d’un autre âge.
 « Cet exemple (celui de la Tunisie) peut inspirer d’autres pays, je pense à l’Egypte où se sont produits des événements violents, mais où les objectifs doivent être les mêmes : la recherche d’une voie démocratique où les droits de chacun puissent être respectés. Il y a des autorités de transition. Elles doivent en faire la démonstration ... ».
L’évocation des relations avec l’Iran sur la question du nucléaire est effectuée dans le même esprit et, avec une pointe, peut-être, de regret : « J’adresse un message de responsabilité aux dirigeants iraniens pour qu’ils puissent mettre en œuvre pleinement, dans la lettre et dans l’esprit, l’accord intérimaire … La France, en tout cas, maintiendra à la fois sa disponibilité, ses engagements, mais aussi sa vigilance ».
LE PRINCIPE DE CONSTRUCTION D’UN NOUVEL ORDRE INTERNATIONAL fondé sur la libéralisation des échanges comme solution majeure pour la sortie de crise (« Ma conviction c’est que la reprise de l’économie mondiale qui est aujourd’hui évidente sera d’autant plus forte que les échanges seront favorisés ») et le développement de la croissance.
L’accord de Bali, récemment entériné par l’Organisation Mondiale du Commerce « bénéficiera à tous les pays » et ce quel que soit leur niveau de développement.
Les accords de partenariat conclus avec le Canada, ou à conclure avec les Etats-Unis et le Japon, « La France n’y fait pas obstacle, mais elle a toujours revendiqué que les principes de la politique agricole et l’exception culturelle … soient préservés.
Jusqu’au bout nous serons extrêmement attentifs là-dessus ».
Cette restriction même s’inscrit finalement dans une fuite en avant pour l’ensemble des autres secteurs de la vie économique et sociale abandonnés à la main invisible du marché.
LE PRINCIPE DU RAYONNEMENT DE LA FRANCE permet à François Hollande des envolées teintées d’une pointe de nationalisme, et il s’agit là aussi d’une exception: « Nous n’avons jamais conçu notre influence sur la question culturelle, linguistique, et même économique, pour s’en prendre à d’autres, mais au contraire pour développer un modèle universel ».
La citation se suffit bien largement à elle-même. Et la phrase suivante s’inscrit dans la même veine : « De la même manière, lorsque nous défendons des valeurs universelles – la démocratie, les droits de l’homme – ce n’est pas parce que nous voulons imposer un système. C’est parce que nous pensons que ce sont des principes qui valent pour le monde entier ».
Et la conclusion coule de source dans une tradition qu’on aurait souhaitée bien dépassée : « La France, sa mission, c’est d’être un pont entre les civilisations, entre les sociétés, entre les cultures, de parler à tous. La France est un facteur d’équilibre du monde. La France est une grande nation européenne qui travaille pour elle et pour le monde ». Rien de moins.
Notre vision d’une universalité à construire s’inscrit dans une tout autre perspective d’une fraternité effective entre les peuples et les êtres humains intégrant la diversité de leur histoire respective dans la définition et la mise en œuvre de rapports de coopération qui conduisent au partage en commun des connaissances et des compétences de tous.
par Pierre Marcie
international@pcf.fr
 

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