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LES REFUGIES ET DEPLACES SYRIENS : UN enjeu HUMANITAIRE POLITIQUE

La guerre en Syrie, qui dure depuis 3 ans, a atteint depuis des mois un tel degré de violence qu’elle a rendu impossible la vie dans une grande partie de ce pays et provoqué des exodes et des déplacements massifs de populations hors et dans la Syrie.
Les chiffres sont glaçants. Dans ce pays qui compte 22 millions d’habitants, la Commission d’aide humanitaire de l’Union européenne estime avec l’ONU que 9,3 millions de personnes sont touchés et nécessitent une aide d’urgence. Dans ce nombre, qui correspond à près d’un Syrien sur deux, il y a 6,5 millions de déplacés à l’intérieur du pays.
Les autres populations ont trouvé refuge pour 820.000 d’entre elles au Liban, 560.000 en Jordanie, 530.000 en Turquie, 208.000 en Irak, 150.000 en Egypte et en Afrique du Nord.
Aux populations syriennes, il faut ajouter la situation des réfugiés vivant déjà en Syrie, comme les Kurdes et les Palestiniens. Ces derniers sont entraînés dans le conflit et beaucoup y ont laissé leur vie. De nombreux Palestiniens sont déplacés au sein du territoire syrien ou ont fui le pays, perdant ainsi leur statut de réfugiés reconnus.
D’après l’UNRAW, l’agence de l’ONU qui a en charge l’aide aux Palestiniens, ils seraient 420.000 dans ce cas, nécessitant une aide d’urgence, et pour les premiers d’entre eux, ceux qui sont encore dans le camp de Yarmouk, assiégés par l’armée du régime.
Dans les pays voisins, la Jordanie, le Liban, la Turquie, l’Irak, le nombre de réfugiés a plus que doublé et n’a cessé d’augmenter. L’afflux permanent pèse sur les communautés hôtes et crée des tensions, notamment dans certaines régions du Liban, déjà frappées par des affrontements entre groupes religieux. Avec d’autres pays, le Liban est au bord de la saturation. Cette situation explosive exige un décuplement de l’aide internationale et des efforts diplomatiques pour faire cesser les combats et travailler à une solution politique.
La Conférence des donateurs, à l’initiative de l’ONU, qui s’est tenue il y a quelques jours à Koweit, a fixé les besoins à 6,5 milliards pour 2014, et enregistre pour 2,4 milliards de promesses de dons, soit moins de la moitié espérée.
Au plan européen, la France est loin derrière, en matière d’efforts financiers, de ses principaux voisins : l’Allemagne, l’Angleterre, les Pays-Bas, la Suède, le Danemark. L’UE, au total, aura versé 2 milliards d’euros pour la période 2011-2013 pour 30 millions pour la France.
Ce même décalage, on le retrouve concernant l’accueil des réfugiés en France qui plafonne autour d’un millier, alors que l’Allemagne et la Suède accueillent les 2/3 des 8000 réfugiés, soit 0,5 %..
D’une manière plus générale, « l’Union européenne a lamentablement échoué à jouer son rôle d’abri pour les réfugiés qui ont tout perdu sauf leur vie » déclarait en décembre le secrétaire général d’Amnesty International.
Le Parti communiste français alerte depuis des mois les autorités françaises sur cette situation.
Encore dernièrement, Michelle Demessine, sénatrice communiste, recevait plusieurs ONG intervenant en faveur de ces réfugiés qui confirmaient la gravité de la situation.
La sénatrice devait ensuite interpeller le ministre Laurent Fabius du besoin d’une plus grande intervention de solidarité de la France.
Cette situation tragique et ses répercussions géopolitiques étaient également mises en évidence lors d’une soirée organisée par la Commission du PCF sur cette région du Proche et Moyen-Orient.
Mais il y a aussi un enjeu démocratique majeur.
Comment imaginer les conditions réunies pour construire une nouvelle Syrie sans donner la possibilité à ces millions de Syriens réfugiés et déplacés de pouvoir y participer.
Leur retour et leur réinstallation dans leur région est un immense chantier qui s’ouvre, et dont la Communauté internationale doit participer activement.
Les Syriens peuvent en effet être exclus d’une transition politique dont ils doivent être les acteurs.
Dans ces conditions, le premier objectif de Genève II est d’assurer un accord d’arrêt des combats qui permettrait aux populations un retour progressif à une vie normale.
C’est une question de démocratie et de souveraineté.
par Patrick Margaté
commission Maghreb / Proche et Moyen orient
international@pcf.fr
 

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