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60e anniversaire du Parti communiste réunionnais - Intervention de Denis Rondepierre pour le PCF

 

 

 

Lundi 28 octobre 2019

 

Denis Rondepierre
Membre du comité exécutif du PCF

 

 

Cher Elie, Cher Yvan, chers camarades de la direction du PCR, chers amis et camarades de Cuba, d'Inde, d'Afrique du sud, de Madagascar, des Iles Seychelles, de Chagosse, des Comores, chers camarades et amis réunionnais,

Quel bonheur d’être parmi vous aujourd’hui à l’occasion de votre «conférence idéologique internationale» organisée à l’occasion du 60e anniversaire du PCR fondé en 1959 par Paul Vergès. Je vous transmets, à vous et à l’ensemble du peuple réunionnais, les sentiments fraternels et la solidarité active des communistes français, de la direction nationale du PCF, de Fabien Roussel, secrétaire national et de Pierre Laurent, président de notre Conseil national.

Cette solidarité fait partie du patrimoine politique qui unit nos deux organisations depuis la création du Parti communiste réunionnais.

Les communistes réunionnais ont, en 1959, pris la décision de se doter de leur propre organisation communiste comme un acte d’affirmation de ce qu’Elie Hoarau nomme «la conscience réunionnaise». Ce fut un acte de liberté qui, comme le décrit l’écrivain martiniquais Patrick Chamoiseau, est la seule charge «qui redresse le dos».

Ce choix qui fut le vôtre fut un choix partagé et qui s’est fait en plein accord avec la direction du PCF, et dont aujourd’hui encore nous sommes fiers. A aucun moment ce choix n’a été vécu comme des chemins qui divergent, mais, bien au contraire, comme une chance pour tisser des liens profonds, un socle commun qui n’a jamais été remis en cause, et dont je tiens à réaffirmer aujourd’hui qu’il ne le sera jamais car il est un bien précieux, pour vous comme pour nous, et que surtout il correspond à notre conception de peuples libres de choisir et d’affirmer leur destin. Le PCF est fier d’être le seul parti politique français à avoir accompagné, à travers la création du PCR, et soutenu le peuple réunionnais dans sa volonté d’affirmation et d’émancipation. Soutien qui s’est manifesté, notamment en permettant à Paul Vergès d’être élu député européen en occupant la quatrième place sur la liste nationale que nous avons présentée dès la première élection nationale au parlement européen en 1979. Et nous continuerons à vous accompagner sur ce chemin-là. C'est ce qui nous a conduit à présenter sur notre liste des élections européennes en 6e position Julie Pontalba.

Il y eut certes, à certains moments de la vie politique, des différences d’appréciation, des choix différents, mais cela n’a jamais constitué de rupture avec ce que nous avions réussi à construire ensemble, en terme de solidarité et de coopération.

Cette coopération nous a permis de mener ensemble des combats emblématiques, qui ont marqué l’histoire progressiste et l’histoire tout court.

Je pense évidemment à la bataille pour la libération de Nelson Mandela, et  pour la libération du peuple sud-africain, que nous avons menée main dans la main, dans une période où ce qui est une évidence aujourd’hui se heurtait alors à bien des obstacles, et ce grâce à la lucidité et la capacité visionnaire de nos deux dirigeants, Paul Vergès et Georges Marchais.

Je pense à nos groupes parlementaires communs et au travail accompli, au combat contre le réchauffement climatique que nous partageons aujourd’hui mais dont il faut rappeler que Paul Vergès fut à l’avant garde, dès 2001, avec notamment, la proposition de loi «portant création d’un observatoire national sur les effets du réchauffement climatique en France métropolitaine et dans les territoires d’outre-mer». Je le dis sans ambages: le Parti communiste français a une dette envers le Parti communiste réunionnais dans ce domaine. En effet la prise en compte de cet enjeu crucial pour l’humanité fut antérieure à la nôtre,  et l’action, sur l’île même, a prouvé qu’il ne s’agissait pas de belles paroles, mais déjà d’actions concrètes au service de la population réunionnaise, notamment dans le secteur de l’énergie, comme en témoigne, plus récemment, en 2014, la résolution du Sénat appelant à de nouvelles politiques de co-développement au sein de l’Océan Indien.

Vous nous avez beaucoup appris, et nous avons toujours beaucoup à apprendre de vous en la matière. La visite à Sainte-Suzanne, à l'invitation de notre camarade maire Maurice Gironcel et de la section du Parti communiste, m'a donné à voir la concrétisation audacieuse dans ce domaine.

Ces exemples disent au fond, à nous tous qui sommes réunis aujourd’hui à Saint-Denis, que si tout anniversaire est l’occasion, bien évidemment, de mesurer le chemin parcouru, il permet surtout de se projeter vers l’avenir. L’aspiration et la détermination à bâtir un monde de justice et de paix, débarrassé des logiques de domination, d’oppressions coloniales ou néo coloniales que le capitalisme prédateur des hommes et de la planète entend continuer d’imposer au genre humain, rendent la visée communiste plus actuelle que jamais.

Une nouvelle civilisation doit émerger. C’est à ce «destin commun dans la nouvelle ère» et pour l’avenir du genre humain que cette initiative d’aujourd’hui nous invite à réfléchir.

Je ne pourrai, dans l’espace de cette intervention, évoquer l’ensemble des chantiers que nous avons à travailler ou à réinventer dans cette perspective. Je me concentrerai sur quelques marqueurs: l’action et la solidarité internationale, la question de l’environnement et du climat, la lutte contre les inégalités sociales, toutes constitutives d’un monde de paix; et les injustices  comme celles dont sont victimes les femmes, toujours confrontées à des logiques patriarcales, qui les oppressent, et trop souvent encore les tuent.

«Tout va très mal, soyez optimistes!» lançait le philosophe Lucien Sève dans un «SMS à la jeunesse» lors d’un Forum consacré à Karl Marx à Paris. Car si tout va très mal, expliquait-il, alors cela met à l’ordre du jour les transformations sociales et civilisationnelles nécessaires. Celles que le communisme se propose d’engager.

Mais nous le savons, rien n’est linéaire ni spontané: nous sommes confrontés à l’urgence, dans ce temps historique où de nombreux repères ont volé en éclat en quelques années à peine, d’en construire de nouveaux, de défricher de nouveaux chemins, de construire un nouveau récit pour l’ambition de transformation sociale, dans lequel les citoyen-ne-s ne seront pas ou plus dessaisis de leur pouvoir de décision et d’intervention.

Nous vivons une période marquée par un puissant doute quant au caractère positif du capitalisme, et à la capacité de ce système à répondre au défi environnemental notamment. Les manifestations de la jeunesse pour sauver le climat et la planète, partout dans le monde, l’attestent. Dans un baromètre IFOP pour le journal l’Humanité, on note 32% d’appréciations positives pour le capitalisme parmi les sondés et 22% parmi ceux se réclamant de la gauche. C’est fort peu. Dans le même temps, la question de l’alternative au capitalisme n’est pas réglée pour une immense majorité des individus. En particulier le communisme qui continue de pâtir d’un déficit d’image et de crédibilité comme perspective souhaitable et souhaitée, crédible et active de dépassement du capitalisme.

Cette réalité contradictoire se mesure à l’échelle de la planète.

«Prolétaires de tous les pays, unissez-vous!». Tout le monde connaît la formule du «Manifeste du Parti communiste» de Karl Marx et de Friedrich Engels. Elle constitue pour les communistes, aujourd'hui comme hier, une référence essentielle. Elle explicite, en effet, le contenu de classe de notre conception de la solidarité internationale. Elle signifie que les travailleurs français, de métropole et des outre mers, les travailleurs allemands, nord-américains, japonais, de pays riches ou pauvres partagent beaucoup plus d'intérêts entre eux qu'avec leurs exploiteurs nationaux respectifs et que c'est de la convergence de lutte contre leurs adversaires communs que dépendent leurs succès.

L’interdépendance dans laquelle vivent désormais nos sociétés, comme le dit si justement la présentation de cette initiative, ne rend-elle pas désormais possible, nécessaire, cette vision anticipatrice de Marx?

Ne rend-elle pas possible et urgent le dépassement de la manière dont s’est construite cette interdépendance au détriment des peuples?

Depuis quelques décennies, l'ère du «capitalisme triomphant» s'est  traduite par la libération des mouvements de capitaux, la libre circulation des marchandises et des services, des transferts massifs d'activités; l'accentuation sans précédent de la mise en concurrence des peuples et, fatalement, un basculement des rapports de force.

On en connaît les conséquences: explosion des profits au détriment des salaires, privatisations au détriment des services publics, chômage de masse et précarisation au détriment de la promotion des capacités humaines et des droits sociaux, déréglementation de l'économie, de la finance et du commerce au détriment de leur régulation et de leur maîtrise démocratique et puis l’explosion des inégalités dans chaque société et entre les pays, multiplication des foyers de tensions et des guerres avec le retour de la menace nucléaire (favorisé par le retrait des Etats-Unis et de la Russie du traité sur les forces nucléaires intermédiaires) ou encore le renforcement des implantations de nouvelles bases militaires dans l'Océan indien.

Mais aussi, et indissociablement, destruction accélérée de ressources naturelles; traitement des productions alimentaires comme s'il s'agissait de marchandises ordinaires; transformation des matières premières en actifs financiers; dumping environnemental au nom de l'obsession de la rentabilité maximale et de la compétitivité; mépris des alertes sur le réchauffement climatique comme des menaces pesant sur la biodiversité.

Enfin, cette fuite en avant du capitalisme mondialisé et financiarisé a entraîné et entraîne de graves reculs de la démocratie. On se souvient que la fin de la «guerre froide» était censée ouvrir la voie au triomphe de la démocratie occidentale sur toute la planète, au point de marquer «la fin de l'Histoire»! En vertu de quoi on a connu le mouvement de concentration sans fin du capital, le pouvoir exorbitant conféré aux marchés financiers, la puissance grandissante des lobbies des multinationales et lorsque les peuples au Chili, en Irak, ou en Egypte se lèvent contre la dictature ultralibérale, on leur tire dessus et on tue.

Ces réalités hideuses de l'actuelle mondialisation ne doivent cependant pas nous faire passer à côté de l'autre grande idée: si elle est aujourd'hui dominée et défigurée par le capital, la mondialisation n'est pas condamnée à rester prisonnière de cette logique destructrice. D'une certaine manière, elle sera ce que les peuples en feront.

Face à cet immense défi à relever, nos partis respectifs se doivent, à partir de nos propres réalités, en coopération étroite avec quiconque ressent la même exigence, de nourrir d'idées progressistes l'indispensable débat citoyen sur les références-clés d'une vision alternative, humaniste, de la mondialisation. Si j’avais à résumer le destin commun auquel nous avons à donner vie en ce domaine, je citerais d’abord, la solidarité: les interdépendances sont devenues telles que les problèmes qui touchent des sociétés à l'autre bout du monde nous concernent par ricochet. La question des migrations en est une illustration flagrante. Mais on peut également penser au problème climatique ou bien au caractère inévitablement explosif d'un monde où 1% des humains possèdent durablement autant que les 99 restants. Notre sécurité elle-même appelle la solidarité, entendue au sens le plus fort: non la simple charité, mais la conscience d'une responsabilité commune, celle d’une élaboration collective aux réponses politiques à apporter pour réduire les causes des conflits et guerres. Le chemin qui ouvre la voie de la paix est pavé de conquêtes sociales, démocratiques, de développement économique et industriel soucieux de la préservation des écosystèmes et accessible à tous les peuples.

Ensuite, le multilatéralisme. Ce n'est finalement rien d'autre que cet esprit de «responsabilité commune» concrétisé sur le plan des institutions. En particulier dans le cadre des Nations unies - à réformer profondément dans l'esprit de la Charte de 1945 - afin d'en faire l'institution authentiquement universelle et axée sur les grands enjeux sociaux internationaux, dont le monde a besoin. A bien plus forte raison, les institutions européennes demandent elles à être franchement refondées pour pouvoir prétendre s'inscrire dans le multilatéralisme! Notamment, en s'émancipant de toute tutelle des Etats-Unis, y compris militaire dans l'OTAN, et en traitant d'égal à égal avec tous les partenaires des autres régions du monde.

Autre caractéristique de cette «humanisation» de la mondialisation pour laquelle nous appelons à agir: la promotion des relations entre les sociétés elles-mêmes, et non plus de celles des seuls Etats. Se hisser du rôle passif de spectateur ou de spectatrice des affaires du monde au statut d'acteur ou d'actrice de la vie internationale correspond à une aspiration grandissante. Cette mutation est d'ailleurs bien entamée grâce à la révolution des communications.

Enfin, l'altérité, autrement dit la reconnaissance de l'autre comme son égal, est une composante essentielle de cette mondialisation démocratique. Notre but doit être de dépasser tout ce que la notion «d'étranger» peut charrier de méfiance, voire d’hostilité. «L'eurocentrisme», ou «l'occidentalocentrisme», cette propension à se sentir appartenir à la civilisation-étalon applicable au monde entier, est un vrai problème, un vrai poison. Accepter les différences non du bout des lèvres mais en y voyant le reflet de la richesse de l'humanité, voilà la condition d'une vraie égalité des peuples. Aucun peuple ne devrait plus se voir nier ses droits fondamentaux, ni sa dignité bafouée. Plus aucun peuple ne devrait plus ressentir l’indifférence et l’abandon des institutions internationales lorsqu’il affronte la misère, la guerre, la répression ou les catastrophes naturelles.

Le développement des échanges entre les citoyens, de la connaissance mutuelle des sociétés et des civilisations, de la réalisation de projets communs, sont et seront les meilleurs antidotes à l'intolérance, le racisme, les conflits, le nationalisme, la xénophobie et un puissant facteur de paix. L'histoire singulière du peuple réunionnais en est une parfaite illustration.

L'humanité entière a pris conscience que nous vivons sur une planète fragile. En agissant sur l'écosystème global de la Terre au point de la mettre en danger et avec elle de nous mettre, nous-mêmes, en péril. L’avenir de la civilisation humaine dépendra de notre capacité collective d’inventer de nouveaux modes de vie, de production émancipés des prédations, gâchis et saccages capitalistes.

Rechercher un mode de production et de consommation qui marie la justice et l'égalité dans toutes les sociétés et entre toutes les sociétés, la durabilité des produits, le refus des gaspillages, le respect dans l'utilisation du travail humain comme des ressources naturelles… Tout cela est incompatible avec le court-termisme de la recherche de l'accumulation du profit immédiat inhérent au capitalisme.

Prenons l'exemple de l'énergie. La réponse au réchauffement climatique dépend pour beaucoup de cette question.

La conscience que l'énergie est un droit fondamental et un bien précieux qu'il faut économiser au maximum grandit.

Notre consommation d’énergie devrait être divisée par deux en France et en Europe.

Par contraste, les besoins sont immenses. Des millions de femmes et d'hommes sur la planète sont privés d'accès aux énergies modernes. Pour se chauffer, s'éclairer, se nourrir, ils utilisent souvent des énergies qui produisent des gaz à effets de serre. En France même, la précarité énergétique frappe près de six millions de ménages. Pour l'industrie les besoins sont, là aussi, considérables et le numérique consomme beaucoup d'électricité.

Cette demande énergétique en augmentation ne peut pas être fournie par une source exclusive. C'est pourquoi nous préconisons un mix énergétique évolutif, répondant à des objectifs précis.

L'enjeu environnemental et national de l'énergie doit échapper aux logiques et à la voracité financières. L'énergie doit être considérée comme un bien commun de l'humanité et traitée comme tel.

Au-delà des choix énergétiques, ce que nous appelons l'écommunisme appelle de nouvelles façons de produire et de consommer, de connaître et de satisfaire les besoins humains.

Affirmer un «destin commun dans une nouvelle ère» c’est lutter et affirmer que chaque être humain doit pouvoir vivre décemment sur notre planète. Cela veut dire aujourd'hui -car les besoins sont sans cesse en évolution- pouvoir au moins manger à sa faim, se soigner, se loger, s'éduquer, s'informer, se cultiver et aussi être respecté, pouvoir agir sur sa vie et sa société, vivre à l'abri des violences, et c’est construire une sécurité humaine collective, c’est-à-dire un monde de paix.

N’est ce pas ce qui était au cœur du mouvement des Gilets jaunes, qui a fait irruption en Métropole, et de manière si forte et légitime aussi dans votre île de La Réunion?

Selon ATD-Quart Monde, 2,8 milliards de personnes soit près de la moitié de la population mondiale vivent avec moins de 2 dollars par jour! 448 millions d'enfants souffrent d'insuffisance pondérale liée à leur malnutrition. 876 millions d'adultes sont analphabètes dont deux tiers sont des femmes. Chaque jour, 30000 enfants de moins de cinq ans meurent d'une maladie qui aurait pu être évitée. Plus d'un milliard de personnes n'ont pas accès à de l'eau salubre. Il n’y a aucune fatalité à cela!

En France, un des pays les plus riches du monde, neuf millions de personnes vivent sous le seuil de la pauvreté, soit avec 1000 euros par mois. C'est un million de plus qu'il y a 10 ans. La grande pauvreté, le dénuement grandissent. Selon l'Observatoire des inégalités 2,3 millions de personnes vivent avec moins de 672 euros par mois pour une personne seule. 1,9 million sont bénéficiaires de l'aide alimentaire. Selon la Fondation de l'Abbé Pierre, 900000 personnes n'ont pas de logements personnels, 143000 survivent sans domicile fixe, près de 3 millions habitent dans un logement dégradé ou exigu. Plus de 4 millions sont allocataires de minima sociaux.

Aux richesses et aux pouvoirs colossaux d’un côté, s’oppose un affaissement général des salaires pour vivre et assurer le quotidien. Cet affaissement social, cette dévalorisation générale du travail, nourrit un affaissement des repères politiques, car il induit une perte de confiance dans la société, avec le sentiment que le travail ne contribue plus au développement de la société. Ce sentiment est d’autant plus prégnant que les gouvernements successifs, quand cette question fait irruption dans la vie publique, s’efforcent, avec quelque succès, de la détourner. Il suffit d'écouter les discours prononcés cette semaine par Macron à La Réunion.

Le relèvement des salaires est toujours refusé, soit au profit de la défiscalisation des heures supplémentaires avec Sarkozy, soit au profit des exonérations des cotisations sociales avec Macron, comme on l’a vu à l’occasion du mouvement des gilets jaunes. Cette situation d’affaissement social et politique laisse des brèches béantes dans lesquelles prospèrent les logiques de division. Avec plus de 2 millions de salariés que l’on appelle «travailleurs pauvres» (- de 1 000 € de revenu mensuel), l’opposition entre ces salariés et ceux qui vivent avec des minimas sociaux, les immigrés, est entretenue avec succès par l’ensemble des forces politiques qui défendent les intérêts du capital. Notamment le Rassemblement national.

Il est donc urgent de remettre sur pied, en France comme à l’échelle européenne et dans le monde, une bataille politique sur le sujet mettant en avant la conception même du ou des salaires et pas seulement la question du SMIC et de son augmentation. C’est un relèvement général des salaires dont nous devons affirmer l’urgence.

Enfin, je le dis avec gravité et solennité, il n’y aura pas d'«ère nouvelle», de «destin commun» sans gagner le combat de l’égalité Femmes-Hommes et le combat contre les violences faites aux femmes.

A l’heure où le compte tragique des féminicides ne fait que croître, l’éradication des violences faites aux femmes constitue un enjeu de société. Ce qui est à l’ordre du jour est la construction d’une société non violente pour les femmes, les enfants et bien sûr les hommes; il n’est désormais au pouvoir de personne de tourner le dos ou reléguer cette exigence. Cela implique un véritable changement d’échelle dans la nature des mesures qui doivent être décidées. Soyons précis, cela signifie, entre autres: une véritable prise en compte de cette problématique de manière obligatoire, de la maternelle à l’Université; de véritables campagnes de sensibilisation dans l’ensemble de l’espace public, dans les médias, par l’affichage; le développement de la formation des professionnels, femmes et hommes; des moyens nouveaux affectés aux associations et aux services publics (police et gendarmerie, justice, santé). A cet effet, l’exigence que nous relayons qu’un milliard d’euros soit dédié à cette grande cause nationale en France, alors que le secrétariat d’État ne dispose que d’un budget de 30 millions, devient aujourd’hui une grande cause citoyenne!

Comme le dit Françoise Héritier dans son livre: «Nous ne vivons pas la guerre des sexes mais le fait que les deux sexes sont victimes d’un système de représentations vieux de plusieurs millénaires. Il est donc important que les deux sexes travaillent ensemble à changer ce système, l’oppression et la dévalorisation du féminin n’étant pas nécessairement à long terme un gain pour le masculin et pour l’humanité.»

Cette volonté de regarder toujours vers l'horizon, de se projeter est ce qui fait le propre des êtres humains, leur dignité.

Nous ne proposons pas le rêve qui permet de s’évader d’une réalité insupportable. Ce que nous proposons c’est bâtir un avenir qui écarte sans appel les horizons de cauchemar auquel le capitalisme conduit; un avenir qui invente un monde de femmes et d’hommes libres et égaux; un avenir où se gagne le pouvoir de décider de sa propre vie, «l’épanouissement de chacun-e et l’émancipation de tou-te-s» disait Karl Marx. C’est cet objectif qui dessine «l’ère nouvelle» au cœur de nos réflexions en ce 60e anniversaire du Parti communiste réunionnais, et à l’orée d’une année 2020 qui va marquer le 100e anniversaire du PCF!  «100 ans d’avenir» sera l’intitulé de cette année 2020 pour nous, 100 ans d’avenir car comme le disait Saint Just "le bonheur est une idée neuve"!!

Bon anniversaire, camarades réunionnais!

Merci pour l’organisation de cette rencontre.

Merci de votre accueil chaleureux et fraternel.

Merci à vous toutes et tous pour vos analyses et réflexions. Je repars enrichi pour mon Parti, notre combat.

Vive le Parti communiste réunionnais.

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