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L’Ombrie tombe entre les mains de l’ultra-droite

L’élection avait pour but de renouveler le conseil régional de l’Ombrie permettant à la fois d’élire le Président de la Région à la proportionnelle avec une dose de majoritaire et un vote au sein de chaque coalition pour les différents partis qui en sont membres.

L’alliance de gouvernement passée en août dernier entre le Parti démocrate (PD) et le Mouvement Cinq Etoiles (M5S) a été reproduite en Ombrie. Celle-ci subit un très lourd échec: 37,48% des suffrages pour son candidat à la gouvernance Vincenzo Bianconi (PD). Au sein de cette coalition le PD obtient 22,3% (35,8% en 2015) et le M5S 7,41% (14,6% en 2015). Cela permet à l’alliance de la droite, très largement dominée par l’ultra-droite de l’emporter très nettement et de faire ainsi élire Donatella Tesei (Ligue) qui obtient 57,55% des suffrages. dans l'alliance de le doite, la Ligue de Salvini atteint 36,9% (22,9% en 2015), les post fascistes de Fratelli d’Italia 10,4% (6,2% en 2015) et Forza Italia 5,5% (8,5% en 2015).

La gauche d’alternative fragmentée, dont les communistes (le PRC ne se présentait pas), obtient un résultat insignifiant.

Ainsi, le premier de ce qui reste des anciens «bastions rouges» de la gauche italienne de progrès dans le centre du pays bascule entre les mains d’une droite extrême de plus en plus radicalisée et autoritaire. Celle-ci aspire à gouverner seule le pays comme en témoigne la tentative de «coup de force» institutionnel tenté par Salvini, cherchant après avoir rompu son alliance avec le M5S, de provoquer des élections anticipées.
Cette déroute du centre gauche italien était prévisible tant le bilan de gestion de l’exécutif régional dirigé par le PD -notamment quand celui–ci était dirigé nationalement par Matteo Renzi qui vient d’ailleurs de faire scission pour créer son propre parti «Nouvelle Italie»– a été marqué par des scandales (corruption, conflits d’intérêt). Depuis 2015, les principales villes de la région sont progressivement tombées dans l’escarcelle de l’ultra-droite. L’abstention, même si elle a sensiblement reculé, a notablement pénalisé cet attelage insolite que constitue aujourd’hui la coalition PD-M5S transposée au plan local.

Mais c’est surtout, sur la longue durée, la désaffection des couches populaires durement touchées par la crise économique (chômage à 11%, désindustrialisation) et le recul des valeurs progressistes, qui anéantit cette «gauche» et lui interdit toute velléité de rebond et de reconquête tant qu’elle n’aura pas repris le chemin, du local jusqu’au plan européen, d’une alternative de transformation sociale et de progrès. Ce n’est qu’en prenant cette question à bras-le-corps qu’elle pourra arrêter le déferlement de l’extrême droite à travers le pays. Des élections sont prévues en 2020 en Emilie-Romagne, Calabre, Campanie, Ligurie et Pouilles.

José CORDON
Commission internationale-Europe du PCF

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