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Gaza: Macron doit refuser le chantage de Trump à la famine

«Si nous ne pouvons collecter au moins 60 millions de dollars pour ce mois de juin, notre capacité à fournir de la nourriture à plus d’un million de réfugiés palestiniens à Gaza, dont près de 390 000 en pauvreté absolue (avec 3,5 dollars par jour) et 620 000 en situation de pauvreté abjecte qui tentent de survivre avec 1,6 dollar par jour est profondément remis en cause». Cet appel de l’Office des Nations unies d’aide aux réfugiés palestiniens (UNRWA) signifie que la famine va sévir dès maintenant à Gaza, un effondrement prévisible de cette prison à ciel ouvert pour près de 2 millions de personnes.

Ceci n’est pas un hasard: en supprimant la quote-part des États-Unis, Donald Trump a signifié le chantage à la mort aux Palestiniens: soit ils acceptent l’abandon définitif de leur droit internationalement reconnu à un État dans les frontières d’avant l’occupation israélienne de 1967, soit ils mourront de faim et de misère. Ceci fait partie du grand marchandage «the Deal of the century» que le président de États-Unis tente de vendre aux pays arabes: un plan qui prévoit qu’en échange de centaines de millions de dollars, fournis par ces mêmes pays, le peuple palestinien soit définitivement dispersé - privé de toute existence juridique en tant que telle tant en Cisjordanie et à Gaza - notamment en Jordanie, en Égypte et au Liban.

La France a la possibilité d’arrêter ce processus destructeur en ne prêtant pas la main aux manœuvres conduites par Jared Kushner pour le compte de son beau-père, président des États-Unis. Ce jeudi à l’occasion de la commémoration du 75e anniversaire du Débarquement allié, Emmanuel Macron doit rencontrer Donald Trump. Il est essentiel que le Président français exige de son interlocuteur qu’il impose à Netanyahu l’arrêt immédiat du blocus criminel de Gaza, ainsi que l’arrêt de la colonisation de la Cisjordanie. Plus largement, il est urgent que le gouvernement français reconnaisse l’État de Palestine comme l’ont demandé dès décembre 2014 les deux chambres du Parlement français. Afin de faire de la parole des actes, notre pays doit cesser toute coopération militaire avec le gouvernement israélien et demander à l’Union européenne de suspendre enfin l’accord d’association avec Tel Aviv.

Parti communiste français
Paris, le 5 juin 2019

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