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Syrie: Tous les mineurs enfermés dans les camps doivent être rapatriés d'urgence en France

Un rapport récent de la Commission nationale consultative des droits de l'homme (CNCDH) accuse le gouvernement  de négliger les intérêts des enfants français détenus dans des camps syriens. Les autorités contreviendraient ainsi à l'exigence de protection de ses ressortissants et à la Convention internationale des droits de l'enfant.

Entre 400 et 450 Français se trouveraient en Syrie dont 200 à 300 dans des camps, sous contrôle kurde, une centaine dans la province d'Idlib tandis que les autres ne sont pas localisés. Un peu plus d'un tiers serait des enfants dont la plupart ont moins de six ans.

Le ministère des Affaires étrangères applique la politique du cas par cas. Sous prétexte d'une crainte des réactions de l'opinion publique, il s'agit d'un véritable choix d'abandon. Seul neuf enfants orphelins ont été rapatriés à ce jour. On estime par ailleurs que 87 autres enfants sont rentrés avec leur mère par l'intermédiaire de passeurs. La plupart d'entre-eux ont été placés dans des familles d'accueil alors que les mères demeurent sous contrôle judiciaire.

Ces enfants, innocents du crime de leurs parents, sont aujourd'hui en danger de mort, victimes de déshydratation, de carences alimentaires, d'absence de soins médicaux, de violences, privés d'éducation... Ces traitements inhumains imposent un rapatriement immédiat.

Les arguments évoqués d'une exigence de sécurité pour les français ne tiennent pas. Dans les camps de réfugiés deux groupes se distinguent. Des femmes radicalisées veulent garder leurs enfants et proclament leur intention de s'en servir pour nuire à notre pays dans l'avenir. D'autres femmes veulent revenir en France pour sortir de la radicalité et sauver leurs enfants. Ces dernières subissent de fortes pressions de la part du premier groupe. Ces mères et ces enfants rentreront un jour en France et on peut mesurer leur ressentiment et douter de leur déradicalisation dans les prisons irakiennes ou les camps. Le meilleur moyen de trouver des issues constitue la réinsertion. Si ces mères ou bien certains de ces enfants ont commis des crimes avérés, une procédure judiciaire devra être conduite conformément aux lois de notre pays.

La France est-elle devenue si peu forte, si peu consciente de ses valeurs pour refuser de mettre en sûreté ses propres enfants? La Russie, les Etats-Unis ou le Maroc ont déjà ramené leurs ressortissants.

Conformément aux engagements de la France et aux exigences du droit humanitaire, le Parti communiste français (PCF), en appelle au président de la République pour permettre à tous les mineurs présents dans les camps de revenir immédiatement en France.

Pascal Torre
responsable-adjoint du secteur international du PCF
en charge du Maghreb et du Moyen-Orient

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