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«Grand oral» à l'initiative de «Coordination Sud» et du «mouvement associatif»

«Coordination Sud» (Solidarité, urgence, développement) regroupe quelque 160 ONG actives dans les domaines de l’aide au développement, la protection de l’environnement, la défense des droits humains ou de solidarité internationale. Quant au «Mouvement associatif», dont la devise est «Choisir l’intérêt général», il sert de lien à des centaines de milliers d’associations. Très attachés à la dimension européenne de leur engagement, les animateurs et animatrices de ces deux structures avaient invité neuf têtes de liste pour les élections européennes (ou leurs représentantes et représentants) à la «Maison de l’Europe» de Paris, ce mardi 14 mai (1).

Devant un public nombreux composé d’actrices et d’acteurs du monde associatif et de partenaires des deux réseaux organisateurs de l’initiative, deux journalistes du magazine participatif européen «Café Babel», Léa Marchal et Matthieu Amaré, avaient préparé une avalanche de questions s’articulant autour de trois thématiques: «l’Europe durable» (développement durable, climat, économie sociale et solidaire...); «l’Europe solidaire» (en particulier la question des migrations, mais également la lutte contre les inégalités internes à l’Union européenne); «l’Europe démocratique» (citoyenneté, implication de la société civile...). Un vaste programme qui a «tenu» dans les trois heures prévues, au prix d’une discipline rigoureuse des interventions: à questions précises réponses concrètes d’une minute -méthode qui a l’avantage de pouvoir brasser un grand nombre de sujets mais aussi l’inconvénient d’empêcher d’en approfondir aucun...

Rapidement, un clivage gauche-droite est apparu, avec, d’un côté, des réponses assez consensuelles et proches des aspirations des militants et militantes associatives, et, de l’autre, un embarras certain de la part des porte-parole des listes LREM et «Debout la France». Difficile, en effet, en pareilles circonstances, de tenir le discours ultra-nationaliste d’un Dupont-Aignan ou de défendre le plaidoyer d’Emmanuel Macron pour «une Europe qui tient ses frontières» comme le double langage présidentiel sur la revalorisation ambitieuse de l’aide publique au développement, démentie par les mesures budgétaires du gouvernement!

Il n’est pas simple de résumer les questions abordées tant elles furent nombreuses. Retenons notamment:

  • l’attachement aux 17 «Objectifs de développement durable» fixés par l’ONU, à atteindre d’ici 2030 (concernant la pauvreté, la faim, la santé, l’éducation, l’égalité, l’eau propre, l’énergie propre, le travail décent, les infrastructures, les discriminations, les villes durables, la consommation et la production durables, le changement climatique, la propreté des océans, la déforestation et la désertification, la promotion de la paix et le partenariat mondial pour le développement); l’urgence d’une augmentation de l’aide publique au développement pour atteindre le fameux «0,7% du PIB» par pays développé; la critique des politiques européennes incompatibles avec le développement durable et les Accords de Paris sur le climat...
     
  • l’action pour la reconnaissance, dans toute l’UE, de l’économie sociale comme modèle alternatif au néolibéralisme; la défense des services publics, l’égalité des genres et la clause de «l’Européenne la plus favorisée»...
     
  • un accueil digne des personnes migrantes; l’abrogation du règlement de Dublin (qui limite l’examen d’une demande d’asile au premier État où sont conservées les empreintes digitales d’un ou d’une réfugié.e), l’ouverture de canaux légaux pour les migrants, l’organisation du sauvetage en mer par l’UE, l’interdiction du «délit de solidarité»...
     
  • l’implication des citoyens, de la «société civile», des associations dans l’élaboration et l’évaluation des politiques européennes; l’aide aux associations pour l’accès aux financements européens; la lutte contre les violences sexuelles et sexistes et contre l’homophobie...

En conclusion: on retiendra des questions posées comme des interventions des organisateurs (notamment le président des deux mouvements, Philippe Jahshan, ainsi que Marie-Claire Martel , administratrice du Mouvement associatif, et Bruno Rivalan, administrateur de Coordination Sud) la satisfaction de mesurer la proximité -par delà les nuances- des aspirations et des valeurs de ces nombreux acteurs et actrices du mouvement associatif avec celles des communistes.

Francis Wurtz
député honoraire du Parlement européen
membre du collectif de campagne de la liste
"Pour l'Europe des gens contre l'Europe de l'argent", conduite par Ian Brossat

 

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(1) Étaient présents: Pascal Canfin (représentant Nathalie Loiseau ); Alexis Villepelet (Nicolas Dupont-Aignan); Pierre Larrouturou (Raphaël Glucksmann); Manuel Bompard (Manon Aubry); Alain Lipietz (Yannick Jadot); Dominique Mariette (Nathalie Arthaud); Guillaume Balas (Benoît Hamon) et Francis Wurtz (Ian Brossat). La liste «Les Républicains» s’était excusée.

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