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Note - Amérique latine : Actualités et nouvelles réalités politiques – mouvements sociaux existants – les actions du PCF

Nouvelles réalités politiques

Dix ans après le cycle électoral en Amérique latine de 2005-2006 qui avait marqué un tournant à gauche, avec un essor économique important et des politiques sociales permettant de réduire la grande pauvreté, la situation a bien changé.

Le nouveau cycle électoral de 2017-2019 a vu beaucoup de pays changer de président. Le virage conservateur amorcé avec les élections de 2013 au Paraguay et 2015 en Argentine semble se confirmer. Le cycle des élections va se poursuivre cette année 2019 par des élections présidentielles ou générales an Panama, au Guatemala et au Salvador au premier semestre pour se terminer en Argentine, en Bolivie et en Uruguay.

Ces élections seront à observer de près et auront lieu dans un contexte de « dégagisme » puissant qui touche les gouvernements sortants et dans des pays où les conséquences de la crise économique marquent un coup d’arrêt aux réductions de pauvreté et à l’ascension des « classes moyennes » de nouveau menacées de déclassement.

Dans ce contexte politique d’installation de gouvernements de droite, libéraux parfois autoritaires, il faudra suivre l’évolution des relations qui vont se développer entre le Brésil (Jair Bolsonaro jusqu’en 2022) et le Mexique (Andres Manuel Lopez Obrador appelé AMLO jusqu’en 2024), les 2 principales puissances latino-américaines. Ces 2 pays représentent environ les 2/3 du PIB de l’Amérique latine et des poids déterminants et primordiaux tant au niveau politique, économique et géopolitique.

En terme de politique étrangère, le Brésil semble vouloir s’aligner sur les Etats-Unis et le Mexique voudrait restaurer une souveraineté nationale plus marquée et réaffirmer une volonté de non-ingérence dans les pays tiers.

AMLO a d’ailleurs fait entendre une musique un peu différente dès janvier 2019 où il a refusé de signer la déclaration du groupe de Lima contre le gouvernement Maduro et pour le soutien de Juan Guaido.

Cette attitude du Mexique au côté de l’Uruguay pourrait d’ailleurs jouer un rôle important dans la promotion d’une stratégie de dialogue pour tenter de trouver des solutions politiques à la crise du Venezuela, stratégie de dialogue qui est pour l’instant la seule alternative aux volontés de coups de force de Trump, du groupe de Lima et de l’Union européenne.

Ce virage à droite est aussi marqué en Equateur où le successeur de Correa, Lenin Moreno veut rompre totalement avec celui qui était son mentor alors qu’il était son vice-président. Il renie maintenant la politique de son prédécesseur, le socialisme du 21e siècle. Cependant, le peuple équatorien ne lui fait pas confiance et il faudra dans les jours à venir prendre le temps d’analyser les résultats des élections locales qui semblent ne pas renier les candidats soutenus par Correa.

Pendant ce temps, Cuba a calmement et avec beaucoup de débats fait un référendum sur sa nouvelle constitution avec une participation de 84% et un avis favorable de 86% des votants.

Contexte économique

La conjoncture économique est orientée à la baisse, en particulier en Amérique du Sud. Inflation, emploi, forte dégradation de la situation sociale, certains pays comme l’Argentine ont renoué avec les travers d’un passé difficile. On peut y ajouter le Venezuela qui est annoncé en chute considérable d’activités économiques (-8% en 2019 après -18% en 2018 d’après la Banque mondiale).

Et jamais la concertation économique entre latino-méricains n’a été aussi amoindrie : le Mercosur est contesté par ses membres, l’UNASUR est fragilisé par le départ de l’Equateur et la volonté d’autres pays de le remplacer par le PROSUR en évinçant certains pays, la CELAC est aussi sur une voie de garage.

Les recherches d’espaces diplomatiques autonomes et la priorité au multilatéralisme semblent oubliées par les nouveaux gouvernants avec la volonté de diaboliser le Venezuela et à un moindre niveau la Bolivie.

Ces situations économiques et ce retour de la grande pauvreté ont provoqué de nouveaux mouvements de population. Des milliers de Centraméricains ont marché vers le nord. Haïtiens et Dominicains cherchent une vie meilleure au sud. Les Nicaraguayens ont quitté par milliers le pays vers le Costa-Rica. Des centaines de milliers de Vénézuéliens partent vers les pays limitrophes. Boliviens et Péruviens sont aussi de ceux qui partent vers le Chili, l’Argentine et au Brésil. L’Amérique du Sud a toujours été un continent de mouvements de population, avec des politiques d’accueil souvent favorables comme en Argentine et au Brésil par exemple. Les questions migratoires sont maintenant, comme en Europe, utilisées, manipulées politiquement et provoquent des réactions xénophobes et des querelles entre pays.

Les difficultés économiques et les faiblesses diplomatiques font en sorte que l’Amérique latine est actuellement le terrain des confrontations Chine/Etats-Unis. L’Amérique latine est une région stratégique pour les Etats-Unis et la Chine, elle représente un gisement de ressources naturelles, de matières premières et de ressources énergétiques qui favorise l’expression des rapports de force entre les Etats-Unis et la Chine pour leur hégémonie mondiale.

Multiplication des mouvements sociaux

Dans ce contexte politique, économique et diplomatique difficile, le peuple latino-américain lutte et les nouveaux gouvernements ont du mal à asseoir notoriété et confiance. C’est le cas en Argentine, au Brésil, en Colombie, au Chili, au Pérou, au Nicaragua.

En Argentine, les femmes sont au cœur de mouvements très importants. Au Brésil les peuples autochtones sont en lutte depuis l’arrivée de Bolsonaro et maintenant des mouvements de jeunes et d’étudiants tentent de s’organiser.

En Colombie, un bras de fer a eu lieu début mars avec près de 15 000 Indiens qui ont bloqué la route panaméricaine (route essentielle aux échanges Sud/Nord) pendant 3 semaines pour des droits à exploiter leur terre.

Au Pérou, une paysanne devient un symbole des luttes pour le droit à vivre sur ses terres. Elle s’oppose aux intimidations d’expropriation de compagnies minières domiciliées au Delaware, petit Etat américain connu comme paradis fiscal. Elle est aidée en cela par des avocats américains qui défendent la cause de ces paysans.

C’est le cas aussi au sud du Chili où des indigènes luttent pour leur terre contre des grands groupes qui exploitent leurs ressources forestières et hydrauliques.

Ces luttes multiples montrent bien que les peuples latino-américains ne se résoudront jamais aux inégalités, au gouvernement autoritaire et à l’exploitation des ressources naturelles par les grands groupes. La résignation n’est pas d’actualité malgré les répressions et les intimidations qui ont lieu dans beaucoup de pays.

Les actions et positions du PCF

La France de Macron a l’air de bien peu se soucier de créer des liens avec l’Amérique latine mis à part sa déclaration scandaleuse appelant à reconnaître le Président autoproclamé Guaido au Venezuela.

Pour nous, militants communistes, nous réaffirmons notre position claire de soutien, de solidarité au peuple vénézuélien, aux forces démocratiques et d’émancipation humaine et sociale qui souhaitent trouver des solutions à la crise sociale, économique et politique aigüe que traverse le Venezuela. Il est évident que le PCF se positionne clairement contre toute idée d’intervention extérieure ou guerre civile et se prononce pour une solution nationale politique où toutes les parties de la société vénézuélienne doivent pouvoir participer et cela placé sous l’égide d’un cadre multilatéral légal (« groupe Mexique/Uruguay » et/ou ONU) garantissant une solution pacifique et sa mise en œuvre.

Il serait souhaitable de construire une initiative en ce sens avec d’autres organisations importantes qui ne cherchent pas des positions de principe mais construire des espaces de dialogue politique, de solidarité et défendre la paix.

Le PCF pourrait aussi prendre en main une grande campagne pour la libération de Lula et l’idée de sa nomination pour le prix nobel de la paix.

Pour donner suite à cette note, nous allons éditer en numérique certainement un 4 pages spécial Amérique latine avec la volonté de décrire comme ici le nouveau contexte.

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