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L'Algérie : A la croisée des chemins

En deux mois, des millions d'Algérien.ne.s ont balayé l'arrogance d'un régime qui portait le visage figé d'un vieillard malade et qui les écartait du pouvoir au profit d'oligarches et de cercles mafieux profitant de la situation.

Cette économie, qui redistribuait la rente de manière clientéliste afin d'acheter la paix sociale, est confrontée à une crise qui génère des politiques d'austérité appauvrissant la population. La jeunesse est acculée au chômage, aux emplois précaires ou au départ alors qu'elle est de plus en plus qualifiée.

Les mobilisations exceptionnelles ont conduit le président Abdelaziz Bouteflika à la démission et ont fait explosé l'immobilisme politique et institutionnel.

Une nouvelle séquence s'est ouverte le 2 avril aiguisant les contradictions. Les mobilisations se poursuivent pour dénoncer la nomination à la présidence d'Abdelkader Bensalah et la rue demeure en ébullition pour rejeter le système, exiger le démentèlement du régime et l'application de réformes économiques et sociales ambitieuses.

Si la transition a bien débuté, le pouvoir entend la gérer ou la dévoyer pour que rien ne change. La hiérarchie militaire, incarnée par le chef d'état-major, le général Salah, veille à ce que rien ne se produise sans elle.

L'atmosphère est donc au questionnement car la crainte est grande de voir le système en place revenir en force. Rien ne peut être exclu, même le pire. Désormais la structuration et la représentation de l'opposition se posent  de manière inévitable.

Pour la première fois, le pouvoir a fait les 10 et 11 avril le choix de la répression contre les lycéens, les étudiants et les syndicalistes. Des arrestations ont eu lieu.

En organisant des rassemblements pacifiques et dignes, le peuple algérien se distingue de la brutalité du pouvoir. Il n'y a pas d'autres chemins pour construire un avenir de paix, de justice et de progrès.

Pascal Torre
responsable-adjoint du secteur international
chargé du Maghreb et du Moyen-Orient

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