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Die Linke en congrès pour une Europe solidaire, contre l’Union européenne des millionnaires

Die Linke est un parti qui compte en Allemagne et en Europe et son congrès du 22 au 24 février 2019 à Bonn en vue des élections européennes a fait l’objet d’une importante couverture médiatique et a été très suivi par les délégations étrangères invitées, pour la France le PCF. Le congrès avait pour tâche d’adopter le programme électoral de Die Linke et de choisir la liste de ses candidat.e.s pour le Parlement européen.

En novembre et décembre 2018, trois conférences régionales avaient précédé le congrès pour discuter les grandes lignes du projet de programme intitulé : « Pour une Europe solidaire pour les millions de gens, contre l’Union européenne des millionnaires ». Au sein de Die Linke, la question de la construction européenne a toujours fait l’objet de vifs débats internes entre les différents courants qui existent dans le parti. Aujourd’hui, personne ne plaide pour une sortie de l’Union européenne, les débats portent principalement sur les possibilités ou non de réformer le fonctionnement de l’Union européenne et de la Banque centrale européenne. Mais même s’il existe des divergences dans le parti, on a pu noter que les débats ont été plus sereins et moins polémiques qu’il y a cinq ans où s’affrontaient partisans et adversaires de l’euro. Cette année, les débats ont porté sur la meilleure manière de combattre les traités existants et sur l’action nécessaire pour promouvoir une autre Europe, plus solidaire, plus pacifique, plus démocratique.

La question de la transition écologique a également été très présente dans les débats qui ont souligné l’urgence de mettre fin aux énergies carbonées et d’accélérer au niveau européen les mutations nécessaires. Un autre sujet important a été la question des réfugiés et des migrants dont on sait comment elle est exploitée par les populistes d’extrême droite du parti AfD qui a progressé depuis quelques années en en faisant son fond de commerce. Die Linke se prononce sans ambigüité en faveur d’une Europe ouverte qui organise l’accueil des réfugiés et qui combat non pas les migrants mais les causes profondes des migrations.

“Transformer l’UE actuelle et modifier les traités pour renverser les priorités”

La tonalité générale du programme électoral adopté par le congrès est de transformer l’UE actuelle et de modifier les traités pour renverser les priorités et mettre au premier plan la satisfaction des besoins de la majorité des gens et non pas la liberté du marché. Le programme met l’accent sur le pouvoir d’achat et sur l’emploi en proposant des mesures fortes comme un smic européen et des programmes publics européens contre le chômage, en particulier des jeunes, également des programmes européens de construction de logements sociaux. Die Linke propose une fiscalité juste et harmonisée entre les pays de l’UE permettant notamment de combattre le dumping fiscal et de taxer les grandes entreprises là où elles exercent leur activité. Elle développe en détail la politique nécessaire pour lutter contre le réchauffement climatique et préserver notre avenir. Elle se prononce pour une action résolue contre la militarisation de l’UE, pour le désarmement et le refus de l’OTAN, pour l’arrêt des exportations militaires.

Die Linke a la volonté de mener une campagne positive qui dessine des perspectives de lutte et de construction d’une nouvelle Union européenne. La liste des candidats rassemble les diverses sensibilités qui se sont exprimées ; le congrès a su dépasser les clivages pour faire de Die Linke à la fois une force de combat et de proposition et les deux têtes de liste, Martin Schirdewan, 43 ans, de Berlin, et Özlem Demirel, 34 ans de Rhénanie Westphalie, marquent une volonté de rajeunissement et de renouvellement qui illustre les ambitions de Die Linke pour l’UE du futur.

Die Linke et le PCF travaillant ensemble au sein du Parti de la gauche européenne, il n’est pas surprenant de retrouver de nombreux éléments communs dans les propositions que les deux partis soumettent aux électeurs. Cette étroite convergence « pour l’Europe des gens, contre l’Europe de l’argent » est le gage d’une coopération pérenne qui s’approfondira encore dans les années à venir.

Alain Rouy
Commission des Relations internationales du PCF
article publié dans CommunisteS du 20 mars 2019

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