Accueil
 
 
 
 

38e Congrès du PCF: introduction de la partie « Un nouvel internationalisme pour relever le défi de la mondialisation capitaliste »

Seul le prononcé fait foi

 

Introduction 4e partie de la résolution du Congrès

 

Cher-es camarades,

Je veux d'abord remercier les camarades du groupe de travail de la commission du texte qui étaient chargés de l'examen des amendements à la partie 4 : « Un nouvel internationalisme pour relever le défi de la mondialisation capitaliste » : Frédéric Boccara et Patrick Le Hyaric qui sont là à mes cotés à cette tribune mais aussi Fred Genevée, et surtout Cécile Dumas et Hülliya Turan.

Nous avons examiné plus de 400 amendements adoptés ou rejetés par les Conférences départementales, retravaillé le texte qui vous est proposé au cours de 4 réunions plénières de la Commission.

Avant de vous présenter dans les grandes lignes ce travail, j'aimerais souligner à quels points l'engagement internationaliste et la solidarité internationale y compris dans leur dimension européenne constituent ensemble l'un des principaux biens communs constants des adhérent-e-s du PCF : il ne s'agit pas d'un héritage mais tout à la fois d'un patrimoine et d'une histoire dont nous avons de quoi être fiers et un moteur permanent de notre action à chacun-e et à tou-te-s. Cela s'est reflété dans la rédaction des amendements proposés mais aussi dans le nombre conséquent de ces amendements.

Ensuite, le deuxième bien commun est la conception même de cet engagement internationaliste. Les communistes considèrent que les luttes des peuples pour leurs droits fondamentaux, pour la justice sociale, pour leur émancipation de toutes les formes de domination et d'exploitation contribuent aux intérêts de tous les peuples, de l'humanité tout entière pour son émancipation, et que la solidarité internationale leur est indispensable, comme nous elle est indispensable, pour remporter la victoire contre les forces de l'argent, les pouvoirs autoritaires, les poussées néo-fascistes ou obscurantistes.

Les communistes considèrent que le combat pour la paix et la culture de la paix fondent leur projet politique ; et que ce combat se mène et cette culture se développe en agissant simultanément dans les mobilisations contre l'arme nucléaire, le surarmement, le commerce des armes, les interventions militaires françaises en Afrique et au Proche-Orient, contre la présence de la France dans l'OTAN et dans le commandement intégré dans l'OTAN mais aussi dans les batailles contre les ALEs et pour dépasser les logiques de mise en concurrence des peuples et des travailleurs par l'émergence de cadres ou d'espace communs multilatéraux de coopération et de sécurité collective.

Beaucoup plus d'amendements encore ont porté sur les enjeux européens, notre projet, nos objectifs politiques, nos actions et le travail engagé depuis plusieurs décennies dans la construction de batailles politiques et idéologiques, de mobilisations populaires larges et d'appui aux mouvements et luttes sociales sur le plan européen.

Les communistes, massivement, considèrent l'Europe, entendu comme espace politique qui ne se réduit pas, loin s'en faut aux limites de l'actuelle UE néo- et ultralibérale, comme un terrain d'affrontement de classe et de levier de transformation et de dépassement de l'ordre existant, de dépassement et de transformation d'une mondialisation aujourd'hui dominée par les règles et logiques capitalistes. Souveraineté populaire, souveraineté nationale, égalité des droits, démocratie, progrès et justice sociale, solidarité des peuples européens, solidarité des travailleurs et coopération avec les peuples du monde sont les éléments substantiels de cette idée européenne que portent les communistes, une idée européenne qui ne peut être que sociale, au services des travailleurs et des peuples, démocratique, féministe et internationaliste : une « Union de peuples et de nations souveraines, libres et associées » sans contrainte d'aucune sorte imposée aux nations, aux peuples ou aux citoyen-ne-s dans le développement, les politiques, projets ni même l'organisation de cette union.

La conviction commune des membres du PCF est que notre parti a un rôle déterminant à jouer pour contribuer à un mouvement populaire large qui vise des ruptures fondamentales avec les traités qui fondent l'UE actuelle qui en ayant privé les peuples de leur souveraineté démocratique et de leur souveraineté nationale, organise avec autoritarisme une véritable guerre sociale qui précipite peuples et travailleurs dans une compétition insupportable et la régression sociale et démocratique généralisée.

Enfin, tous les communistes attachent une grande importance à tous nos gestes, toutes nos initiatives de dialogue, de rassemblement, de luttes et de recherche de convergence avec tous les partis communistes et toutes les forces de transformation sociale et économique engagées comme nous dans la perspective d'un dépassement du capitalisme.

 

Amendements retenus et soumis aujourd'hui

Une proposition de reformulation du chapeau de cette partie donne définition précise au sens que nous donnons à l'internationalisme et au combat pour la paix qui structurent de bout en bout les positions et luttes internationales et européennes dans lesquelles nous sommes déjà pleinement ou que nous voulons encore nous engager.

La partie 4.1 « De profonds changements du monde » présente notre vision de l'état du monde et de notre continent, notre vision du terrain de combats que représente la mondialisation aujourd'hui dominée par le capital et toutes les contradictions à l'oeuvre.

Elle propose aussi maintenant une nouvelle rédaction d'un paragraphe (initialement le dernier) sur la réémergence d'aspirations, trente ans après la chute du mur de Berlin, qui appellent des propositions et des actions de notre part en termes de perspective et d'alternative au capitalisme dominant, et sur les processus à bâtir pour y parvenir en partant des réalités auxquelles nous sommes confrontés et qu'il convient de transformer, et à partir de regards, d'analyses critiques neuves et poussées sur les expériences historiques des anciens « pays de l'Est ».

Nous pointons aussi de manière plus forte que ces bouleversements et la violence des politiques imposées aux peuples ajoutées à la brutalité des répressions contre les forces démocratiques, de gauche et syndicales et citoyennes, ont ouvert la voie aux extrêmes droites dans plusieurs pays et même à l'accession au pouvoir de néofascistes. Mais nous avons aussi souligné l'existence de luttes et de mobilisations populaires et citoyennes (droits des femmes, climat, FSM...)

A partir d'un énoncé assez précis (page 36 lignes 39 et page 37 ligne 34) sur la question critique de l'alternative au capitalisme et des conflits, insécurités, guerres et tensions que génère l'orthodoxie libérale, un impérialisme américain encore dominant mais en perte de vitesse et le regain des logiques de puissance qu'il entraîne parmi ses alliés, la partie 4.2 « Affrontement généralisé ou Coopération et paix » prend nettement position sur ce que nous considérons comme devant être la politique internationale et européenne de la France au regard des enjeux de notre siècle :

  • une politique de désarmement multilatéral, de dénucléarisation et d'arrêt de vente ou matériel d'armes à tout pays ou régime dictatorial, engagé ou soutenant, officiellement ou non, un conflit ou des mercenaires, à tout pays expansionniste, interventionniste ou colonisateur ou, encore, situé dans une région à très haute tension militaire (et TIAN) ;
     
  • une politique de coopération et de soutien au développement humain, social, écologique, économique et démocratique dans le cadre de projets de coopération mutuellement avantageux en lieu et place des ALE ;
     
  • une politique de solidarité au service des peuples et des défis que l'humanité doit affronter (lutte contre le réchauffement climatique...) ;
     
  • un politique de défense indépendance et au service de la culture de la paix par une sortie de l'OTAN et une action pour l'émergence de cadres communs de coopération et de sécurité humaine collective rendant incontournable la dissolution de l'Alliance atlantiste ;
     
  • une politique au service de la démocratisation et du renforcement des institutions et organisations multilatérales où chaque peuple compte pour un.

Au cours des débats départementaux, il est apparu qu'il était nécessaire de redire dans ces pages notre rejet du « chaos mondial » orchestré d'une main par les tenants de la « guerre internationale contre le terrorisme » depuis près de 40 ans et de l'autre par des groupes armés obscurantistes et manipulateurs qui tuent tous les jours au Proche et Moyen-Orient et qui ont ensanglanté notre peuple en 2015 et 2017. Les faits nous ont malheureusement donné raison, il n'y a pas de solution militaire face à la violence terroriste sur notre territoire, et dans des pays déjà ravagés par la guerre depuis des décennies cette réponse militaire est limitée si elle n'est sous-tendue par aucune stratégie politique et diplomatique.

Enfin, dans cette partie, pour développer encore notre action, nous réaffirmons notre solidarité active avec les luttes des peuples pour leurs droits fondamentaux et leur pleine souveraineté (Palestinien, Kurde, Sahraoui et Cubain-- il faudrait y ajouter une mention particulière de soutien au mouvement populaire et démocratique du #RIF) de même qu'avec les peuples et organisations démocratiques, de gauche et syndicats mobilisés contre les pouvoirs d'extrêmes droites ou les néo-conservateurs et ultralibéraux dans leur pays. Nous appuyons aussi la proposition énoncée par notre camarade Samir Amin de travailler à l'appui de toutes les initiatives déjà existantes à faire émerger un nouvel internationalisme, des peuples et des travailleurs, des exploités, pour donner plus de forces à nos combats respectifs et à nos combats communs avec toutes les organisaitons et partis communistes et de transformation sociale avec lesquels nous partageons l'objectif d'un dépassement du capitalisme.

Nous proposons dans cette nouvelle mouture l'ajout d'un chapitre 4.3 : Pour une France de l'hospitalité et une Europe de la solidarité qui donne une idée résumée à l'essentiel de notre vision et de nos propositions rassemblées dans le Manifeste d'Avril sous la coordination du GT animé par Cécile Dumas (Alpes-Maritimes) et Patrick Margaté (Hauts-de-Seine), initiative qui a permis de donner de la visibilité aux luttes militantes et un début de coordination de notre action.

Cette partie du texte s'achève sur la proposition d'organiser, à l'image de la Rencontre internationale Pour une Conférence Mondiale pour la Paix et le Progrès que nous avions organisée le 1er juin 2016 avec près de 500 participant-e-s du monde entier, une initiative internationale sur les migrations et le droit universel et fondamental de circulation.

Le 4e chapitre, 4.4, consacré à la nécessité d'une autre construction européenne revient d'abord sur le niveau et l'ampleur du rejet et sur les raisons de ce rejet populaire massif de l'UE actuelle, et énonce les éléments de notre projet et de nos orientations pour des ruptures avec les traités existants et la construction d'une Europe des travailleurs, des peuples et de la solidarité par et pour les citoyen-ne-s eux-mêmes.

Ce qui ressort le plus nettement et que nous avons mis en exergue c'est la volonté des communistes de mener ces batailles en actualisant et en s'appropriant plus largement les propositions énumérées dans la Convention de 2013, en travaillant sur les obstacles et problèmes au fur et à mesure de l''évolution de la crise européenne et des avancées ou difficultés chez nos partenaires ou camarades de la GUE et du PGE.

Je laisse la parole à Frederic qui souhaitait compléter mon propos sur les enjeux et la bataille européenne.

Il y a actuellement 0 réactions

Vous devez vous identifier ou créer un compte pour écrire des commentaires.