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Pour un accueil digne et solidaire, les communistes parisien.ne.s mobilisé.e.s !

Depuis maintenant plusieurs années, des campements de migrant.e.s se forment régulièrement dans le nord-est parisien. Plus de trente évacuations ont déjà eu lieu depuis l’été 2015. Suite à une demande des élu.e.s et militant.e.s PCF de Paris, la mairie de Paris a ouvert en 2016 un centre de premier accueil porte de La Chapelle. Un autre centre a ouvert à Ivry-sur-Seine, accueillant les familles. Le 31 mars dernier, le centre de la porte de La Chapelle a fermé, suite à une décision du ministre de l’Intérieur, Gérard Collomb.

 

A partir de là, de nouveaux campements ont ressurgi à Paris, essentiellement sur le quai du Lot, dans le 19e arrondissement, et sur le canal Saint-Martin, dans le 10e arrondissement. Plus de deux mille cinq cents  migrant.e.s ont vécu dans ces campements dans des conditions contraires à la dignité. Deux sont morts, plusieurs ont été gravement blessés.

L’inaction de l’État

Alors que le gouvernement s’évertue à faire adopter la loi Asile et immigration, une loi extrêmement répressive qui repose sur une idée fausse – la France serait face à une crise migratoire importante (en réalité, le solde migratoire de la France est stable depuis les années 1980, seuls 12 % des migrations se font d’un pays du Sud vers un pays du Nord…) –, ces campements nous montrent que si crise il y a, c’est une crise de l’accueil générée par des années et des années de politique d’austérité.

Face à la situation, élu.e.s, intellectuel.le.s, associations, militant.e.s, riverain.e.s, se sont mobilisé.e.s pour demander à l’État d’agir et de mettre à l’abri les migrant.e.s. Pendant plusieurs mois, il n’en fut rien. Le gouvernement a alors navigué entre mensonges, cynisme et mise en danger de la vie d’autrui. Mensonges, par exemple, quand le secrétaire national de la République en marche a expliqué que si les migrant.e.s étaient dans les campements, c’était parce qu’ils et elles refusaient d’être hébergé.e.s alors qu’il suffisait d’aller leur parler pour qu’ils et elles nous disent « on veut bien tout plutôt que de rester ici ». Cynisme quand la rapporteure du projet de loi Asile et immigration présente le texte sur le canal Saint-Martin, sans même évoquer la situation des campements. Cynisme quand le porte-parole du gouvernement, Benjamin Griveaux, dit qu’il ferait mieux que la maire de Paris mais n’agit pas au gouvernement pour régler la situation, préférant jouer le pourrissement de la situation dans l’espoir de rafler la mise aux élections municipales. Non-assistance à personnes en danger quand l’inaction de l’État a conduit à des morts, des blessés.

L’action des communistes parisien.ne.s

Les communistes parisien.ne.s, au contraire, se sont mobilisé.e.s. Dès le 2 mars, ils et elles ont organisé un rassemblement canal Saint-Martin pour demander la réquisition des immeubles vides et y loger les migrant.e.s. Ils et elles n’ont eu de cesse ensuite d’interpeller l’État, l’appelant à respecter les conventions internationales et à mettre à l’abri les demandeurs et demandeuses d’asile. Igor Zamichiei, secrétaire fédéral de Paris, a envoyé une lettre au préfet de Paris lui demandant d’agir. Le 28 avril, une chaîne humaine a été constituée autour du quai du Lot où le message « Pour une France hospitalière et fraternelle » (nom du manifeste que le PCF a publié) a été déployé.

Les élu.e.s PCF de Paris se sont aussi mobilisé.e.s. De Ian Brossat à Nicolas Bonnet-Oulaldj en passant par Didier Le Reste, ils et elles ont interpellé le gouvernement. Ils et elles ont fait voter un vœu au conseil de Paris demandant l’ouverture d’un nouveau centre de premier accueil dans le Bois de Boulogne.

L’évacuation : et maintenant ?

Finalement, face à la pression, le gouvernement a fini par évacuer début juin les deux campements et par mettre à l’abri les migrant-e-s. C’est une avancée mais de nombreuses questions se posent : après la mise à l’abri, forcément temporaire, que vont devenir les migrant.e.s ? Y a-t-il une volonté de les expulser, de les remettre à la rue. Les communistes parisien.ne.s demandent la transparence la plus totale sur le traitement des migrant.e.s.

La simple évacuation ne réglera rien et n’empêchera pas de nouveaux campements de se former. Ce sont des solutions durables qui sont utiles telles que l’ouverture d’un centre de premier accueil, la réquisition des immeubles vides ou la création de cinquante mille places en hébergement d’urgence. Pour cela, les communistes parisien.ne.s ont décidé de lancer une pétition qui sera remise au ministre de l’Intérieur portant ces demandes. Plusieurs centaines de personnes l’ont déjà signée.

Élie Joussellin
secrétaire de section du 10e arrondissement de Paris
article publié dans la Lettre des relations internationales de juillet 2018

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