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Pour une autre politique des questions migratoires

La politique migratoire de la France mais aussi de l’Europe devient un sujet d’actualité, voire actuellement un sujet de honte nationale.

 

En effet, comment qualifier les attitudes des gouvernements italien, maltais et français vis-à-vis de l’Aquarius, bateau de SOS Méditerranée. Lors de cet épisode, l’Espagne a montré la voie à une Europe solidaire alors qu’aucun dirigeant de grandes villes portuaires françaises de la Méditerranée n’a ouvert la bouche. Devons-nous rappeler à Emmanuel Macron, qui souhaite toujours plus d’Europe, que le débat sur les questions migratoires et de la solidarité européenne est confisquée par des États faisant seulement preuve de cynisme, d’égocentrisme, de délire sécuritaire et de volonté de réduire les libertés individuelles ?

En mai 2018, des eurodéputés dénonçaient le blocage entre les pays européens sur la réforme du règlement de Dublin. Certains qualifiaient même de honteux l’attitude des capitales européennes sur cette réforme. Depuis novembre dernier, le parlement européen, qui a soutenu une révision du règlement de Dublin, attend toujours que les gouvernements les rejoignent à la table des négociations. C’est pourquoi les leçons de morale venant de l’Italie ou de la France sont hypocrites et doivent être dénoncées !

Nécessité de débattre et de rappeler les vérités

« Raconter un autre récit », ce sont les termes tenus par une militante écologiste dans un débat public qui s’est tenu à Chalon-sur-Saône et auquel j’étais invitée. C’est bien de cela qu’il s’agit et c’est l’objet de la présentation de notre livret « Pour une France hospitalière et fraternelle, une Europe solidaire ».

Les débats se multiplient dans les sections du PCF avec des associations pour faire connaître notre contribution sur les questions migratoires. Nous devons poursuivre cet effort de pédagogie, d’information, de narration. Nous constatons que mettre l’humain et le droit à la circulation pour toutes et tous au cœur des débats attire de plus en plus l’attention.

Au-delà des propositions que nous pouvons faire, c’est aussi l’occasion de rétablir quelques vérités. Par exemple, de rappeler que le nombre de primo-demandeurs d’asile en Europe en 2017 est d’environ 650 000, soit 0,1% de la population de l’Union européenne et deux fois moins que durant l’année 2016. Démontons l’idée d’invasion qui est totalement fausse, remettons la réalité à sa place.

Personne ne dit que l’accueil est simple mais nous n’acceptons pas que la France ne respecte pas le droit international. Nous devons nous engager pleinement dans la bataille de l’opinion publique pour retrouver le sens de la fraternité, de l’accueil et de la liberté de circulation et d’installation des personnes.

Au cours des déplacements que j'effectue pour présenter notre livret, je rencontre des travailleurs sociaux de la protection de l’enfance qui expliquent à quel point ils n’en peuvent plus du refus des départements d’accueillir dignement les mineurs. Ces éducateurs quittent souvent leur mission pour ne pas rompre avec leur éthique et par respect de la convention des droits de l’enfant. La lecture de notre livret est pour eux un premier soulagement, il brise leur solitude. Continuons à le faire connaître.

Ceci se passe en France, la « Patrie des Droits de l’Homme » !

Cécile Dumas
secrétaire départementale du PCF 06
article publié dans la Lettre des relations internationales de juillet 2018

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