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Turquie: Résistance et solidarité

Des élections présidentielles et législatives anticipées se sont tenues en Turquie le 24 juin 2018 dans un contexte d’état d’urgence, de violence généralisée, d’arrestation des démocrates turcs et kurdes et d’exacerbation nationaliste galvanisée par les récentes opérations militaires à Afrin (Kurdistan syrien) et en Irak. Le parti au pouvoir a monopolisé les médias et les ressources étatiques si bien que l’on peut considérer, comme le souligne l’OSCE, que ces consultations n’ont été « ni libres, ni équitables » et qu’il s’agit du pire scrutin depuis l’entrée en vigueur du multipartisme en Turquie depuis les années 1950. Après une décennie de croissance, la population turque a cependant exprimé ses craintes devant la dégradation inquiétante de la situation économique marquée par l’inflation, la montée du chômage, le recul des investissements, l’endettement des entreprises et le dévissage de la monnaie. Exprimant une certaine fébrilité, l’AKP a modifié les règles électorales et a polarisé à outrance la société en jouant sur les peurs. Dans la veine nationaliste, elle a promu un bric-à-brac idéologique, qui a eu le don de capter les esprits, sur le rôle civilisationnel que la Turquie nouvelle est appelée à jouer sur la scène mondiale que ni l’Occident, ni les « traîtres » de l’intérieur ne sauraient entraver.

Avec 52 %, R.T. Erdogan est élu au premier tour de scrutin avec un résultat semblable à celui de 2014. Le candidat du CHP (kémaliste), après une campagne dynamique, arrive en seconde position (31 %), tandis que S. Demirtas du HDP (gauche progressiste) avoisine un score très proche de la consultation antérieure (8,3 %), alors qu’emprisonné il n’a pas pu faire campagne.

Les législatives traduisent davantage les évolutions à l’œuvre dans le pays. Avec 42 %, l’AKP est en net recul et ne dispose de la majorité parlementaire qu’avec l’appui du MHP (extrême droite) qui réalise 11 %. Une force dissidente du MHP, le Bon Parti (IYI) rassemble 10 %. Si bien que les 2/3 de l’électorat turc votent pour des formations conservatrices et ultranationalistes et cette tendance ne cesse de prendre de l’ampleur. Le CHP est lui aussi en recul (23 %). Avec 11 %, le HDP que R.T. Erdogan s’était juré de faire disparaître obtient un résultat remarquable et envoie 67 députés au Parlement. Avec les modifications constitutionnelles acquises il y a un an, R.T. Erdogan, à la tête d’un système hyper-présidentiel, va pouvoir accentuer la dictature. Il n’existe plus aucun contre-pouvoir puisque le président gouvernera par décret, décidera du budget et nommera tous les hauts fonctionnaires. Le Parlement devient une simple chambre d’enregistrement. Comme le souligne H. Bozarslan : « L’erdoganisme est un des exemples les plus radicaux des antidémocraties du XXIe siècle » avec à l’intérieur du pays une para-militarisation croissante de l’appareil d’État et à l’extérieur le soutien donné aux djihadistes syriens qui ont entrepris le nettoyage ethnique des zones kurdes. Mais ne nous y trompons pas, ce régime de guerre et de terreur qui place la Turquie au bord du gouffre économique est aux abois. Affaibli politiquement, rejeté par la moitié des Turcs, il va continuer à distiller la haine et à durcir sa politique de répression contre les Kurdes de l’intérieur et d’agression contre ceux de l’extérieur. Pour poursuivre cette besogne, il peut compter sur sa capacité de nuisance et sur la mansuétude des puissances occidentales.

Cependant les démocrates turcs et les Kurdes n’ont pas dit leur dernier mot. Plus que jamais, l’heure est à la solidarité.

Pascal Torre
membre de la commission des Relations internationales
article paru dans Communistes du 4 juillet 2018