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17 avril 2018 : Journée internationale des priosnniers politiques

Introduction de la soirée par Raphaëlle Primet, responsable du collectif Palestine du PCF.

 

Solidarité avec les prisonniers politiques palestiniens

Soirée politique et culturelle
 

 

Votre Excellence Monsieur l’ambassadeur, Cher Salman El Herfi,

 

Mesdames, Messieurs, Cher.e.s ami.e.s, Cher.e.s camarades,

 

Merci à tous d’être présents pour cette soirée de solidarité avec les prisonniers politiques palestiniens.

 

Pour commencer je tiens à exprimer notre soutien à notre camarade Patrice Leclerc, maire de Gennevilliers, qui a été expulsé lundi par Israël au titre de son engagement pour la Palestine et de son soutien au BDS et ce malgré l’intervention de l’ambassade et du consulat français. Cette décision scandaleuse est significative du durcissement d’Israël consécutif à l’adoption en mars 2017 d’une loi interdisant l’entrée aux personnes soutenant le BDS ainsi qu’à un certain nombre d’ONG dont la liste a été publiée.

 

Nous tenons cette initiative dans un contexte particulièrement difficile et tendu. En effet ,depuis le 30 mars, début de la mobilisation des Palestiniens pour la « Marche du grand retour », qui a débuté lors de la journée de la terre à l’appel d’une vingtaine d’organisations de la société civile et qui doit durer jusqu’au 15 mai, jour de la commémoration des 70 ans de la Nakba, on compte 32 Palestiniens assassinés par des snipers de l’armée israélienne et plus de 3 000 autres blessés. Le massacre était programmé, ils avaient l’ordre de tuer. Ces manifestations pacifiques dans la bande de Gaza sont l’expression de la révolte des Gazaouis qui subissent depuis 2007 un blocus qui constitue une violation du droit international. A terme, ce blocus va conduire à une grave crise humanitaire. Rappelons que le droit au retour est un droit inaliénable garanti aux Palestiniens par la résolution 194 qu’Israël bafoue en toute impunité.

 

Les réactions internationales à ces massacres ne sont malheureusement pas à la hauteur. La France a demandé du bout des lèvres aux autorités concernées de faire preuve de la plus grande retenue en demandant un usage de la force proportionné. Les enquêtes envisagées par l’Union europénne et l’ONU n’auront pas lieu du fait du refus d’Israël et du veto américain. À aucun moment les pays occidentaux n’ont prévu de véritables sanctions contre ces crimes de guerre. Pourtant partout dans le monde la société civile a exprimé son indignation et réclamé des condamnations effectives pour un gouvernement qui en Israël affiche son mépris de la vie.

 

L’impunité d’Israël est totale et le rapport de force actuel bien défavorable avec la montée des extrêmes droites en Europe et l’élection de Trump. Il n’y a plus de discussion ni de processus de paix et peu de perspectives.

 

Depuis octobre les provocations américaines et israéliennes se succèdent : sortis de l’Unesco au prétexte que cette institution était trop favorable à la Palestine. Le 6 décembre dernier l’annonce par Donald Trump de la reconnaissance officielle de Jérusalem, comme capitale d'Israël et sa décision de déplacer l'ambassade américaine de Tel-Aviv à Jérusalem, inaugurée sans doute le 14 mai par Trump, ne peuvent qu’entraîner une très grave crise porteuse de tous les dangers.

 

Ces éléments se rajoutent aux politiques d’accélération de la colonisation et à une situation qui s’aggrave de jour en jour pour le peuple palestinien et pour les Palestiniens en Israël.

 

La situation des prisonniers politiques est d’une haute importance, elle fait partie intégrante de la stratégie d’Israël pour tenter de briser toute résistance et la détention est utilisée comme une arme de guerre.

 

Je vais rappeler quelques chiffres avant de passer la parole à nos intervenants qui reviendront plus en détails sur les conditions de détention, et sur les différentes campagnes de mobilisation.

 

Depuis 1967, 850 000 Palestiniennes et Palestiniens sont passés par les geôles israéliennes. Toutes les familles sont touchées.

 

A cette date il y a 6 050 prisonniers politiques palestiniens dont 62 femmes et 356 enfants (moins de 18 ans). Lana Sadeq nous parlera de la campagne pour la libération des enfants palestiniens.

 

7 membres du Conseil législatif palestinien, 26 journalistes sont emprisonnés.

 

427 sont en détention administrative dont notre compatriote Salah Hamouri dont nous parlera Sahar Francis, directrice d'Addameer et avocate de Salah Hamouri.

 

443 sont des prisonniers venus de Jérusalem-Est, 320 de Gaza et 70 Palestiniens d’Israël - 530 prisonniers purgent des sentences de prison à vie, et 485 des sentences de plus de 20 ans de prison.

 

1 500 prisonniers souffrent de maladies chroniques et sont victimes de négligence médicale selon le Club des prisonniers palestiniens.

 

Ces prisonniers sont tous détenus illégalement au regard du droit international et les conditions dans lesquelles ils sont détenus constituent elles-même des violations du droit international et des conventions de Genève. Leurs droits fondamentaux de prisonniers sont bafoués : interdiction des visites familiales ou simplement recevoir les soins médicaux appropriés quand ils sont malades.

 

Plus que jamais nous devons nous mobiliser. Le mouvement de solidarité pour la Palestine a besoin de se rassembler et de s’élargir en sachant parfois passer outre ses différences. Si l’on veut pouvoir peser sur la politique du gouvernement Macron et sur les politiques européennes, nous n’avons pas le droit de nous affaiblir.

 

Avant de passer la parole à nos orateurs je vous invite à faire connaître et à venir au grand concert de solidarité organisé par l'AFPS le 15 mai, jour de la commémoration de la Nakba, au Cabaret sauvage.

 

Je vous remercie.

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