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Appel de Dakar contre la servitude monétaire et pour la monnaie panafricaine

Plus de 250 participants ont participé à la conférence internationale « contre la servitude monétaire et pour la monnaie panafricaine », organisée par l'association ARCADE, le 16 décembre à Dakar, en partenariat avec les fondations Gabriel Péri et Rosa Luxemburg.
Demba Moussa Dembélé, Martial Ze Belinga, Ndongo Samba Sylla, trois des co-directeurs de l’ouvrage, « Sortir l’Afrique de la servitude monétaire. A qui profite le franc CFA ? » (La Dispute, 2016), qui a relancé le débat sur la monnaie postcoloniale, et Mamadou Koulibaly, économiste, ancien président de l’Assemblée nationale de Côte d’Ivoire, y sont intervenus. A l’issue de l’événement, ils ont lancé un appel à déconstruire le discours actuel et à rompre avec les politiques héritées de la colonisation, dont le franc CFA est l’un des symboles les plus tenaces. Extraits.

« (…) nous, participantes et participants à la Conférence internationale de Dakar contre la servitude monétaire et pour la monnaie panafricaine, lançons cet Appel solennel et pressant:

A) Aux dirigeants africains

  • Leur demandons de prendre la pleine mesure de leurs responsabilités vis-à-vis de leurs peuples et d’aller dans le sens de l’histoire
  • Invitons les dirigeants de l’UEMOA à relever le défi lancé par le président français, Emmanuel Macron, en adoptant une feuille de route claire sur leur divorce d’avec le Trésor français devant aboutir à une rupture définitive d’avec le franc CFA
  • Leur conseillons de suggérer à ce dernier de leur « faciliter » la tâche en  :
  • Décidant unilatéralement de mettre fin immédiatement à la présence des représentants de la France dans les Conseils d’Administration et les Comités de politique monétaire des Banques centrales africaines
  • Ramenant le montant des réserves déposées au Trésor français à leur niveau statutaire de 20%, comme étape vers la fin des Conventions des Comptes d’Opérations
  • Demandons aux dirigeants de la CEDEAO de s’engager résolument pour l’adoption de la monnaie unique, étape vers l’abolition du franc CFA sur l’ensemble du continent.
  • Les invitons à procéder dans les meilleurs délais à la rédaction et à l’adoption du document de stratégie sur la sortie du franc CFA et des autres monnaies actuellement en cours dans l'espace régional et la transition vers un autre système monétaire
  • Exigeons qu’ils adoptent le Traité de création de l'Union monétaire de la CEDEAO, qui précisera le nom de la nouvelle monnaie, les institutions qui auront sa gestion, les modalités de transition entre la situation actuelle et celle de la monnaie commune, la gestion des parités et des réserves, les relations avec les États et entre les États et les modalités de son adoption et de sa ratification par les pays membres.
    (…)
  • Appelons les élus, à quelque niveau qu’ils se situent, à prendre part à la lutte et à la porter au sein de leurs institutions respectives
  • Les invitons à initier ou soutenir des processus démocratiques de reprise en main des Banques centrales africaines par les Africains, en travaillant aux modes démocratiques de désignation des hauts dirigeants, avec un contrôle effectif par les Assemblées nationales, appuyées par des expertises africaines
    (…)

B) Aux forces vives

  • Exhortons tous les Africains –femmes, hommes, jeunes, artistes, politiques, intellectuels - à prendre part au combat
  • Demandons aux organisations de femmes et de jeunes ainsi qu’aux organisations syndicales de prendre en charge cette lutte et de l’intégrer dans leurs plateformes
  • Appelons les mouvements sociaux à intensifier le combat contre la servitude monétaire (…)
  • Les invitons à exiger l’organisation à moyen terme d’un Audit citoyen et panafricain sur la politique monétaire liée au franc CFA: politique de crédit, de change, de fabrication des billets et pièces, etc.
  • Demandons aux chercheurs et intellectuels de s’engager résolument dans la lutte et de contribuer à la réflexion sur les alternatives démocratiques et panafricaines
  • Exhortons les médias africains à faire leur ce combat et à contribuer à sa popularisation au sein de l’opinion africaine et internationale

C) Conclusion

  • Ce combat pour l’indépendance économique et la souveraineté des pays africains est juste, légitime et va dans le sens de l’histoire
  • C’est un combat rationnel, basé sur des arguments scientifiques et l’expérience de plus d’un demi-siècle
    (…)
  • Nous ne pouvons pas nous dérober à notre devoir
  • Alors, intensifions la lutte contre la servitude; la dépendance et la domination!

Dakar, le 16 décembre 2017
La Conférence
Intégralité de l'Appel de Dakar

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