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Cuba : En finir avec le blocus par des batailles concrètes

Faisant suite au séminaire conjoint organisé entre le PCF et le PC cubain fin 2016 en France, une délégation du PCF* s’est rendue à La Havane du 3 au 8 décembre 2017.

Un programme soutenu d’échanges, de réflexions et de confrontations constructives a eu lieu au travers de nombreuses rencontres(1). Rencontres qui ont démontré, une fois de plus, que le blocus économique, commercial et financier en vigueur ne se cantonne pas à une simple question bilatérale entre les États-Unis et Cuba. Malgré le rétablissement de relations diplomatiques visant à entamer un processus de normalisation des liens sous l’administration Obama, aucun changement notoire n’est apparu dans l’application du blocus, bien au contraire, il a tendance à s’amplifier avec l’arrivée de Trump au pouvoir.

La mondialisation néolibérale affecte doublement Cuba par une imposition du néolibéralisme dans les relations économiques internationales, et une accentuation de l’exclusion de Cuba des mécanismes globaux de caractère économico-financier frappant directement le peuple cubain, alors que l’économie cubaine aurait l’opportunité de s’ouvrir au vu de ses productions, de sa consommation interne et du développement de son secteur « Recherche et innovation ».

Plus que jamais, le constat est fait que la mondialisation actuelle tente de nier l’individu cubain, ses différences, son identité, tout en ignorant la richesse et l’originalité culturelle, ainsi que les traditions de ce peuple en voulant imposer un rythme de vie différent issu de sa propre révolution pour se dégager des griffes de l’impérialisme et du colonialisme. Le quotidien vécu met en avant un blocus empêchant Cuba d’accéder aux mécanismes d’investissement, de production et de commerce mondialisé, tout en cherchant à introduire dans son système socio-économique les modèles politiques, économiques et financiers mondialisés qui le conduiraient au sous-développement et à l’asservissement. A cela s’ajoute une autre méthode d’agression, celle de la subversion politico-idéologique.

En fait, le blocus se décompose sous deux axes subversifs : soit des amendes de la part des autorités financières des États-Unis, soit ces amendes ne sont pas payées ; et la deuxième arme est celle d’interdire tout investissement ou commerce sur le sol des États-Unis, de quoi faire réfléchir les éventuels investisseurs qui aujourd’hui regardent vers Cuba. Pour autant, suite à la condamnation internationale, des brèches s’ouvrent en dehors des sillons des traités de libre-échange avec des accords de coopération, comme viennent de les signer l’Union européenne ou la France avec Cuba.

C’est dans cette volonté de développement que le 7e congrès du PCC a ouvert une expérimentation vers l’entreprenariat privé, posant certes des contradictions à surmonter, pour ne pas remettre en cause son modèle socio-économique, culturel et patrimonial qui se veut rester dans la visée d’un socialisme émancipateur pour un monde de paix. Ces échanges ont permis d’acter la volonté commune du PCF et du PCC à poursuivre, cibler les thématiques nécessaires afin d’établir des coopérations utiles et efficaces qui permettent de développer la solidarité nécessaire contre le blocus par des batailles concrètes à partir des besoins.

C’est sur ces bases que seront décidés de nouveaux échanges bilatéraux, avec ce souci permanent d’œuvrer au rassemblement, à la mise en commun et la construction commune avec les diverses forces de transformation sociale à l’échelle internationale.

Laurent Péréa
membre du Conseil national du PCF
responsable-adjoint des Relations internationales
article paru dans Communistes du 20 décembre 2017

* La délégation du PCF était composée de Pierre Laurent, Patrick Le Hyaric et Laurent Péréa.
(1) Union des jeunes communistes cubains, Institut cubain d’amitié avec les peuples, Administration et Services du Comité central du PCC, Journal Granma, Relations internationales de l’Assemblée nationale du pouvoir populaire, Centrale des travailleurs de Cuba, ministère des Relations extérieures, Fédération des femmes de Cuba, Chef du département des Relations internationales du PCC, Alliance française et l’Ambassade de France à Cuba, Hôpital Pando Ferrer et Centre d’ingénierie génétique et biotechnologique de La Havane.

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